dimanche 11 avril 2021

Warlock / Warhammer - Le Cercle de la Chair Immaculée

Rebonjour ami lecteur fidèle et de bon goût pour la suite de mes fantastiques aventures.
Nous nous étions quittés à l'épisode précédent alors que j'avais été engagé, avec trois autres personnes, par Dame Emmanuelle Nacht, Héraut Impérial, pour résoudre le meurtre du très aimé Brigadier Chef Tylo Vielfrass.

Les circonstances du meurtre étaient surprenantes, mais sa résolution me permettait, potentiellement, d'obtenir une accréditation officielle en tant que magicien.

Au fil de notre enquête, nous avions fini par nous retrouver au luxueux Hôtel du Pont afin de fouiller la chambre du mort.

 ---

Nous grimpâmes dans l'auberge, chaque étage plus richement décoré que le précédent. Au deuxième, Gunther Aben, le propriétaire nous amena à une chambre au mobilier assez simple. Un lit, un bureau, une chaise et une armoire.

Hademar
(noblesse déchue)

Le bureau étant couvert de papiers, je m'en occupai, étant peu confiant quand au degré de lecture de mes trois compères. Hademar demanda à la Hallebarde d'aller fouiller l'armoire pendant que lui-même et Machin, son serviteur récalcitrant s'occupait du reste de la pièce.

Je trouvais une pile poussiéreuse de lettres, toutes envoyées par des dames et non décachetées. Cependant certaines étaient rédigées par des "personnalités" de l'aristocratie impériale voire, pour l'une d'entre-elles, très haut placée et mariée ! J'empochai les missives sensibles et me tournai vers le reste du courrier dispersé. Il s'agissait d'écrits obscurs, couverts de chiffres, de fausses citations et invariablement signées d'initiales : C.I. ; A. ; U. ; M.

Notre leader accepté et son larbin prépubère trouvèrent un petit coffret sous le lit contenant des parchemins couverts de listes ainsi qu'une bourse.

Dans l'armoire, des tenues invariablement tachetées de sang s'alignaient avec des bandelettes, ayant servi à emmailloter des poings, dans le même état. Hademar, surpris, évoqua le club de "la Chair Immaculée", spécialisé semble-t-il par le combat clandestin, qui avait tenté de le recruter précédemment.

Ayant fini, alors que nous sortions, un factotum quelconque agitait une lettre sous le nez de l'aubergiste dans le couloir. Le Soldat du Guet l'intercepta comme il faisait mine de s'en aller et récupèra la lettre provenant d'Altdorf. Mais je ne pus m'empêcher de remarquer que le postier semblait gêné aux entournures. Je le questionnai et il proposa nerveusement à Hademar de se poser pour boire un coup. Relativement confiant qu'en à la capacité du représentant de l'ordre de mener à bien un interrogatoire correct, je dirigeai mes pas, accompagné de la Hallebarde, vers la demeure de l'ancien noble pour me plonger dans la lecture passionnante des lettres codées.

Machin dit Wilhem
(ou inversement)

Malheureusement, je n'arrivai à rien de concret avant le retour du duo. L'ancien noble nous conta l'entrevue avec l'employé de la malle-poste. Après quelques hésitations et deux verres du "moins bon vin" que proposait de l'auberge de luxe, ce dernier révéla alors avoir été initié par un grand maître postier à l'ouverture discrète des lettres des autres et au décryptage des codes pouvant s'y trouver ! L'univers postal semble receler bien des curiosités ! Tout cela rythmé par le son des bruits de bouche émis par Wilhem qui engloutissait dans son coin une ragougnasse de peu de prix. Pour ce qu'il en comprit, ces échanges épistolaires et hebdomadaires concernaient l'achat de médicaments, de services de nettoyage de vêtements et d'armes, et cela à hauteur de plusieurs 100ène de pistoles d'or par mois ! Un fonctionnaire postal casseur de code, je fus quelque peu vexé.

Néanmoins, la secte, les dépenses pour armes et soins, pouvaient laisser penser à l'organisation d'une force paramilitaire dans les murs d'Ubersreik. Un prochain coup de force des Young Freud, tentant de reprendre la ville ?

Hademar me demanda de lire une des lettres d'amour. Machin affirma qu'il était expert dans l'ouverture des plis cachetés mais finalement ne devait son expertise qu'à lui même et fit fondre le sceau de cire comme un idiot. Le contenu était une déclaration enflammé en langage mondain, mais non équivoque, d'une femme importante dans le royaume.

À 19h, notre Soldat du Guet nous fit rejoindre le Bastion où la lettre d'introduction auprès du Capitaine Erwin Blütcher, en charge de la Tour Magnus, rédigée par la Capitaine Andréa Pfeiffer, l'attendait. Lors de cette balade, il demanda à son jeune larbin d'ouvrir l’œil quand à de possibles espions. Ça tombe bien, Machin se qualifiait lui-même de très observateur ! Mais il semblerait, une nouvelle fois, que la réalité ne soit pas de son avis. Cet enfant s'inventait les compétences qui lui faisait défaut à me sure des besoins. Toujours est-il qu'il exprima "la sensation" que nous étions suivi.

Capitaine Frisouille
Munis du sauf-conduit, nous retournâmes à la Tour Magnus où nous fûmes accueillis, par le plus grand des hasards, par Capitaine Frisouille, de son vrai nom Orban Geldreich. À l'annonce de nos intentions, il nous bourra le mou avec des "Pourquoi déranger les gens...", des "lui et ses hommes sont là pour nous aider...". Bref, l'ascenseur descendit et il tint à nous accompagner. Hademar remarqua que ses phalanges étaient fraîchement abîmées. Ça se confirmait, il faisait parti du Fight Club local. Il allait nous falloir être attentif aux mains des soldats que nous croiserions...

L'ascenseur monta à 5 mètres de hauteur jusqu'à une porte s'ouvrant directement sur la façade du bâtiment carré, sans marche ni garde-fou. Stabilisant la cabine d'une main, Frisouille nous ouvra l'huis qui donnait sur un couloir flanqué de deux gardes Altdorfer. Nous pénétrâmes et nous retrouvâmes rapidement devant Erwin Blütcher qui, après avoir parcouru rapidement notre lettre d'introduction, nous accueillit chaleureusement. Ses phalanges étaient cleans.

Capitaine
Erwin Blütcher


Il prit la direction du lieu du crime tout en nous expliquant que le brave Tylo venait le visiter une fois par semaine. Il apportait de bons produits frais, buvait le coup avec le Capitaine, dormait sur place et repartait le lendemain. Toujours à œuvrer pour la réunification Altdorfers et Ubershreiker ce bon Tylo. Après une bonne grimpette dans la tour carré, nous voilà devant une chambre gardée par un soldat impérial, dispositif réglementaire envers le défunt Brigadier Chef.

Dans la pièce, rien n'avait été touché. La discipline rigide et crétine des forces armées peu avoir du bon parfois. L'endroit était meublé d'un lit, d'une table, deux chaises et un bureau. Sur la table, 5 verres étaient posés tandis que le 6ème gisait au sol, ébréché. La chambre était éclairé par un vitrail de Sigmar comportant à présent un trou régulier en son centre.

Le meurtre de Tylo Vielfrass - reconstitution avec l'aide de Machin

Je demandai à Erwin de m'indiquer la position précise du corps lorsqu'il l'avait trouvé et exigeait d'un Machin peu attentif et retors de prendre la place approximative du mort avant son décès. Après une intervention d'Hademar pour se faire obéir et que le jeune indigent comprenne un tant soit peu ce que nous voulions de lui, je traçai mentalement une ligne entre le trou dans le vitrail et la poitrine supposée de feu Tylo. Cela me conduisit à observer le secrétaire sur lequel je pus voir que la carafe de vin placée dessus avait vu son contenu entièrement vaporisé sans pour autant que le verre ne soit fondu. D'autre part des marques de brûlures et de cloques ornaient la marqueterie juste derrière. Par contre, rien sur le mur, prouvant que le rayon calorifique était bien venu de l'extérieur du bâtiment. Siegfrieg mis en joue de sa hallebarde la poitrine de Wilhem, traçant une ligne imaginaire entre le secrétaire, la carafe, et le trou dans le vitrail. L'enquête balistique était terminée. Nous avions 4 points pour tracer une droite assez fiable pour viser le départ du projectile qui devait se situer.... à plusieurs kilomètres de là, entre les deux pics des Montagnes Grises !! Ce qui me plongea ainsi que mes collègues dans l'expectative, car aucune de mes connaissances, celles de mes compères étant inexistantes ou presque, n'étaient en accord avec les observations.

La Hallebarde
et son Siegfried

Je vérifiai que la fenêtre ne comportait aucune trace d'escalade. J'envisageais même un dispositif qui aurait pu être monté sur un toit plus proches. Mais les 30 mètres de hauteur de notre position actuelle tendait à invalider cette hypothèse. L'énigme restait pour l'instant entière. Il nous fallait orienter nos recherches sur le mobile et les auteurs du crime.

Soudain, nous entendîmes des bruits de bagarre dans le couloir. Hademar et son turbulent domestique allèrent voir ce qu'il se passait. Des soldats portant des brassards noirs étaient en train de mettre une dérouillée avec leurs collègues qui n'en portaient pas. Alors que le Capitaine ordonnait le retour au calme, un casque vola en plein dans la face de Machin alors qu'Erwin recevait un crochet à la mâchoire qui le mit à terre. Je poussais la Hallebarde en soutien. Son arrivée et l'autorité du Commandant de la tour, à nouveau sur pieds, finirent par stopper la rixe. Il nous apparut clairement que les brassards noirs appartenaient à la secte des colleurs de gnons à tout va.

Nous quittâmes la Tour Magnus pour tomber une nouvelle fois sur Frisouille et ses Frisettes qui, étonnamment, nous attendaient. Ils complimentèrent Hademar et Machin pour leur capacité à mettre des bourre-pifs, cette activité vulgaire et bourrine semblant être pour eux le pinacle de l'activité humaine. Ils les invitèrent à boire un coup dans leur entrepôt. Je suivis méfiant avec la Hallebarde. Arrivée à leur base pour ados attardés, Frisouille et ses Frisettes se firent moins exubérants, baissèrent le ton. Alors que nous pénétrions dans leur repère, Machin entraperçut une femme qui les observait mais se replia immédiatement dans les ombres. Dans l'entrepôt, un bar improvisé était posé sur des tonneaux d'alcool mis en perce, quelques chaises dépareillées et au delà un grand cercle tracé à même le sol faisait penser à l'antre d'une bande de gamins traîne-misères à l'éducation défaillante.

La tournée des chopines à la mémoire de Tylo commença et Frisouille sembla très ému. Je bus avec grande modération, l'ambiance n'étant pas à ma convenance et me rendant suspicieux. Les adeptes de la "Chair Immaculée" accueillirent ainsi à grand bruit Hademar et son estafette, Orban leurs faisant l'article à propos du Cercle et de la fierté des Unberogen (?). Puis il s'enquit de l'avancée de l'enquête, nous apprit que le Cercle avait été fondé par Tylo lui-même ce qui fit demander à notre Soldat du Guet s'il ne s'était pas fait rouler dans la farine par feu le Brigadier Chef. Il nous confia également que le mort avait une pièce secrète dans l'entrepôt que personne n'avait pénétrée pour cause de tradition virile et absurde. Hademar demanda à la visiter et, bien sûr, le Sergent lui proposa, à demi-mots, de faire ses preuves lors l'épreuve du cercle en contre-partie. Les règles étaient assez simple. Les deux opposants se mettaient en calbut et le premier éjecté du Cercle avait perdu. La philosophie qui l'accompagnait tout autant, il fallait prouver sa valeur, pas forcément gagner mais se dépasser. Le truc pour gogo adulescent qui croient au pouvoir des fleurs autre qu'en tisane ou décoration. Cela confirmait ma première analyse, le Tylo il servait de figure paternelle à une horde de pucelles décérébrés. Et il semblait clair que le Orban il avait joué - ou aurait voulu - avec d'autres cercles avec papa. Bon, Hademar se fit plier en 2:2. Mais, après quelques congratulations générales voilà t'y pas que les sectateurs se mirent à entonner un chant dans un langage étrange.

Je reconnus plus tard une forme ancienne du premier langage de la région, le vieux Reiklander, mais là, dans une sorte de cantique qui nous mis très mal à l'aise. Sauf Machin, protégé de toute corruption mystique ou plus généralement intellectuelle dû fait de son manque d'encéphale.

Ensuite Frisouille nous conduisit au fond de l'entrepôt vers une pièce qui en occupait toute la largeur. Notre guide ne voulut pas entrer et nous passâmes la porte pour déboucher sur une sorte de vestibule clos par un grand dais violet. Derrière, une pièce puant l'encens, une table sur laquelle reposaient des papiers, un écritoire, des coussins et dans un coin, un objet circulaire qui accrochait la lumière.

Cercle de la
Chair Immaculée
(d'après description)

Je me dirigeai vers les papiers et le pupitre pendant que mes trois autres compères étaient attirés par ce qui brillait. Ils découvrirent un disque de 1m50 de diamètre, composé d'un patchwork de morceaux de chair qui semblait fraîche et dont l'agencement donnait l'illusion de multiples visages vivants au grès des ombres tremblotantes de leur torche. La vue du Cercle de la Chair Immaculée  fut un choc et il me conseillèrent fort intelligemment de ne pas tenter l'expérience.

De mon côté, alors que je m'approchai des écrits, je remarquai un objet caché sous une pièce de tissu. Lorsque je soulevai celui-ci, je découvris une statuette d'une divinité androgyne, une femme à 4 bras portant entre les jambes un braquemart de taille incongrue. Le même malaise provoqué par le cantique des adeptes du Cercle monta en moi et je recouvrai précipitamment cet objet maléfique. Cependant il me sembla reconnaître le Dieu du Chaos Slaanesh, dieu des plaisirs, du BDSM, des désirs et de la luxure. 

Je me détournai vers la table afin d'échapper à l'aura corruptrice de l'objet. J'y trouvai des dessins obscènes, des poèmes et textes à caractère pornographique et des sortes de notes personnelles.


Il était clair pour moi que le garçon était fortement égocentré, avec un culte de la personnalité donnant le vertige, un narcissisme abyssal complété par un charme et une capacité de manipulation d'un haut degré de sociopathie. Un requin parmi les poissons rouges, soldat du guet avec ou sans frisette compris semblait-il.


Cependant, la note pointait du doigt Eske Glazer et mon esprit commença à imaginer un dispositif optique qui permettrait de générer une sorte de rayon par amplification de la lumière et qui serait capable de percer un vitrail et la poitrine d'un homme. La fabricante de cruche en verre devenait un soudainement plus intéressante qu'au premier abord.

Eske Glazer
Fabricante de cruchons
en verre
(suspecte)

Je mis en garde mes collègues à propos de la statue mais Machin désobéit, au grand désarroi de son maître, et alla regarder quand même. Il replaça bien vite le tissu, ressentant immédiatement la malfaisance de la statuette malgré son faible intellect. Cependant, je n'étais pas inquiet pour sa santé grâce justement à cette particularité physiologique.

Tout à coup, nous entendîmes des cris venant de l'entrepôt. "Au bûcher ! Au bûcher !". De l'autre côté de la porte, il est clair que ça flambait ! Des détonations d'armes à feu explosèrent mais sans issue de secours, nous fûmes obligés de sortir et d'affronter la scène de chaos qui se déroulait. Frisouille et ses Frisettes combattaient âprement une populace bigarrée et diversement armée. Mais loin d'être dans l'amateurisme, certains étaient équipés de cocktail Molotov qui ayant atteint les tonneaux d'alcool, les faisaient exploser, embrasant la bâtisse. Les assaillants étaient conduit par une femme chauve à la moitié du visage brûlée et armée d'un pistolet, invectivant et encourageant son équipe de paysans par des "Au bûcher !" ou des "Hérétique !"

Me voilà, avec mes collègues, dans une bien mauvaise situation. Nous nous quittons fébriles sur ce moment empli de suspense, lecteur fidèle et de bon goût, pour nous retrouver au prochain épisode.

mercredi 7 avril 2021

Warlock / Warhamer - Magnus Tower's Mysterious Murder


Bonjour à toi, lecteur fidèle et de bon goût, qui a choisi de parcourir mes notes de voyage plutôt que d'aller te soûler à l'auberge comme la plupart des crétins illettrés.

Sache que je me nomme Henry James, que je suis un magicien en formation. J'habitais jusqu'à récemment à Altdorf mais un tragique incident impliquant une erreur de manipulation, une explosion thaumique, mon maître et un canard, m'ont contraint à quitter la capitale au plus vite.

Je décidai alors de diriger mes pas de façon rapide vers un lieu civilisé et très éloigné. Je pris le chemin vers Ubersreik. J'enfilai, bien sûr, une tenue de route discrète à la place des habits de mon ordre, magie et magiciens étant autant appréciés, dans l'empire, qu'un gâteau à la bouse. Après quelques péripéties que je te conterai, peut-être, une fois prochaine, je fis la rencontre de Siegfried Heldenhammer, le patrouilleur rural. Pas vraiment une lumière, l'homme avait la culture d'un champignon des bois. Mais il savait m'écouter et rigoler à mes blagues et la hallebarde qui lui servait de compagne, à moins que ce soit l'inverse, m'avait permis de poursuivre mon voyage sans encombre.

Hademar Raunpach
von Mayenburg
(noble en reconversion)

Je m'installai à Ubersriek me demandant comment orienter ma prometteuse carrière  et continuai à fréquenter la hallebarde et son porteur. Je fis ainsi quelques peu connaissance autour d'un verre avec ses nouveaux amis. Stephan, un gars ayant une considération très approximative pour la propriété et le contenu des poches d'autrui. Harmut, un chasseur de vieux lapins malades au vu de sa défroque. Et Hademar Raunpach von Mayenburg, un noble déchu ayant abandonné la fierté de ses ancêtres pour finalement devenir soldat du Guet Municipal. Cependant, il était cultivé et fournissait visiblement un esprit au groupe de décérébrés qui l'accompagnait.

Mais bon, en début de carrière, il est bon de savoir se mêler aux normaux et apprendre à supporter la bêtise quotidienne des incultes.

---

Roche Noire

Ainsi, me voilà convoqué au Château de Roche Noire, place forte impériale d'Ubersreik par Dame Emanuelle Nacht, Hérault Impérial. Il paraîtrait que le château était précédemment occupé par  la famille Young Freud qui s'est fait proprement dégagé comme des clodos sur un marché par les soldats impériaux.

Siegfried Heldenhammer
(seule iconographie connue
où sa hallebarde ne lui
tient pas la main.)

Je retrouvai dans le Hall Hademar et Siegfried accompagnés d'un ado dont l’œil vitreux reflétait autant d'intelligence qu'un poireau.

Nous croisâmes un sergent d'état, à l'air efféminé, frisettes au vent et larmes aux yeux. Puis un laquais quelconque nous fit entrer dans un cabinet dont la propriétaire avait visiblement tenu à hurler aux visiteurs son importance et son soit-disant bon goût. Bureau richement décoré, grandes baies vitrées, 20 plumes alignées dans 20 encriers de couleurs différentes, de grandes bibliothèques...

Une femme à l'apogée de sa beauté avant la grande dégringolade, en robe de velours vert, nous invita à s'asseoir sur de confortables canapés et commanda à la bonniche du coin quelques collations bienvenues.

Pendant que l'irritant prépubère collé aux basques d' Hademar bâfrait salement  les biscuits apéro, elle en arriva enfin au fait.

Dame Emmanuelle Nacht
Elle nous engageait afin que l'on résolve le meurtre mystérieux du Brigadier Chef, Tylo Veilfrass, dans la Tour Magnus. À cette annonce, Hademar accusa le coup. La messagère impériale poursuivit en indiquant qu'il avait été tué par un projectile ayant traversé une fenêtre puis sa poitrine. Le corps était entreposé au champ de Morr. Elle nous demanda une enquête discrète et neutre politiquement car le Brigadier Chef œuvrait activement pour le rapprochement des peuples. D'ailleurs c'était la raison de notre groupe composé de deux Ubersreikers et de deux Altdorfers, car sa mort risquait de briser la fragile entente entre les deux camps de fanatiques politiques. Nos méthodes d'investigation et d'infiltration de la Tour étaient laissées à notre jugement.

Je la questionnai sur la raison de mon humble présence. Elle savait ! Elle avait des infos sur mon départ précipité de la capitale ! Je tentai alors de négocier une accréditation officielle de magicien en lieu et place des 10 pistoles d'or qu'elle promettait pour notre travail.

Wilhem
dit "Machin"

Puis nous quittâmes les lieux et je fis plus ample connaissance avec le trio disparates. Outre la hallebarde et Hademar que je connaissais déjà un peu, le jeune accroché aux basques de ce dernier se nommait Wilhem. Un traîne-savate des rues que le noble au grand cœur avait pris, par pitié, à son service, et pour lequel il nourrissait quelques ambitions,  misant sur une intelligence difficilement visible au premier abord. Et au suivant aussi d'ailleurs. Je décidai spontanément de l'appeler "Machin", ce qui me semblait plus que suffisant.

Sinon, les manquants de l'équipe étaient morts comme des chiasses lors de précédentes aventures semblait-il. Le noble défroqué en avait profité pour aller dépouiller d'une côte de maille son précédent camarade Stephan. Je me demandai alors si j'étais vraiment entouré d'un terreau fertile à mon avancement dans la vie.

Orban Geldrecht
dit "Frisette"

Une inintéressante discussion stratégique de planification des objectifs s'engagea entre Siegfried et Hademar que je fis bien attention de ne pas écouter. Alors qu'ils décidaient finalement de se rendre à la Tour, Frisettes Larmoyantes nous aborda. Il était Sergent et portait le nom peut charismatique d'Orban Geldrecht. Il proposa au Soldat du Guet toute son aide et celle des membres de son club d'amis du défunt.

Il était clair que le Brigadier Chef était très populaire auprès des personnes fragiles en manque de représentation masculine.

À ce moment là, Machin et la hallebarde ont commencé à poser des questions tout en balançant tout un tas d'infos sur notre mission discrète. Quelques coups de coudes plus tard, assénés par un Hademar clairement blasé par ce type de situation, nous nous rendîmes à la Tour Magnus. J'appris chemin faisant qu'elle était dorénavant tenue par des soldats de la ville ayant reniés leur appartenance aux Young Freuds. C'est une grande tour dominant tout Ubershreik, sans porte, et dont on ne peut accéder que par un ascenseur nain.

Capitaine
Andrea Pfeiffer

Du coup, Hademar préféra obtenir une rendez-vous auprès de sa capitaine, Andrea Pfeiffer, pour que nous soyons présentés dans les formes et par courrier à Erwin Blutcher, Commandant de la Tour.

Midi arriva et cédant au désir de Siegfried de visiter du cadavre à la pause repas, Hadémar conduisit notre groupe vers la morgue.

Au temple du Champ de Morr nous fûmes accueilli par le Pére Bürke, probablement ancien brasseur de bières, dans sa bure réglementaire. Présentation faite, d'une voix caverneuse de circonstance, il nous invita dans les profondeurs glaciales de sa bâtisse excessivement parfumée à l'encens et aux produits chimiques d'embaumement pour un petit spectacle mortuaire.

Le décors était soigné, l'ambiance était présente sous cette voûte en pierre, un corps sous un drap noir sur un socle de marbre blanc. Le Père savait y faire dans sa partie. Il avait du être précédemment ambianceur dans son abbaye trappiste et je n'attendais plus qu'un spectacle réalisé avec ses gencives ou alliant sa bite et un bâton.

Tylo and Bürke
(représentation exclusive
au Champ de Morr)

Allongé Tylo avait plus l'air mort que vivant et de fait il était bien mort. Un trou lui transperçant la poitrine de part en part.

J'étudiais à fond le corps n'ayant aucune confiance aux pauvres connaissances de la faune locale. La perforation était nette, sans bord dentelé, pas de cloques mais pourtant l'intérieur était cautérisé et les organes semblaient avoir été vaporisés par une grande chaleur. L'entièreté du corps portait de petites marques anciennes, souvenirs de combats et autres bagarres.

Je présentais mes observations et conclusions à mes collègues malgré les dénis du la hallebarde qui tenait absolument à une explication plus prosaïque. Il était plus que probable que le projectile était de nature magique sans que je sois en mesure d'identifier clairement le sort.

Le Frère brasseur nous raccompagna après que nous lui ayons donné notre accord pour la mise en terre. Apprenant qu'il y avait des proches du décédé en recueillement dans la Chambre des Pleureurs, Hademar décida de les visiter.

Eske Gleïzer
Verrière

Une femme aux yeux pers s'entretenait avec des soldats Altdorfers. Après quelques instants, l'ancien noble se souvint qu'il s'agissait d'une verrière de la Markplatz du nom de Eske Gleïzer. Il discuta quelques temps avec elle de "ce cher Tylo" et s'engagea envers elle à découvrir l'assassin.

Plus tard, il avoua avoir senti qu'elle cachait quelque chose. Encore une histoire vulgaire de coucheries secrètes très probablement.

Je lui signalais alors avoir entendu des soldats parler entre eux de récupérer les affaires du mort. Renseignements pris, le Brigadier habitait en permanence à l'auberge de La Maison du Pont situé au sortir du pont nain d'Ubersreik.

A ce moment, nous tombâmes à nouveau sur Sergent Frisette qui, pas lourd pour un sous, renouvela sa proposition d'aide, y compris pour entrer dans la Tour Magnus. Et je trouvai pour ma part étrange qu'il anticipa ainsi nos objectifs mais le Soldat du Guet ne sembla y voir nulle malice.

Tylo Vielfrass
(de son vivvant)

Nous allâmes alors à l'auberge qui s'avéra être un endroit très cossu, aux prix élevés, de lagrande hostellerie servant également de relais de diligences et postal. Le propriétaire en était un certain Gunter Aben et il faisait tourner son affaire muni d'une vague épouse équipés de trois enfants et de 9 employés. À la révélation de la raison de notre venue, le patron se montra circonspect, mais apprenant la mort de son client, il fut choqué et sa moitié dégoulina de larmes comme une serpillière sortant du seau. Le respect était profond ou bien le manque à gagner était cruel ?

Hademar le convint de nous ouvrir la chambre de Tylo le refroidi...

 

La suite de mes aventures au prochain épisode lecteur fidèle et de bon goût.

Votre serviteur, Henry James, en tenue de route.

 

samedi 3 avril 2021

Warlock / Warhammer - Vampire en sous-sol

Les aventuriers sont pris au piège dans un taudis de la Spittlefield, centre présumé d’une étrange épidémie qui se répand en ville. Coincés, à l’extérieur par une foule décidée à tout stériliser par le feu, bâtiment comme locataires, et à l’intérieur par la présence d’un vampire responsable de l’épidémie.

Les voilà entre le marteau et l’enclume et les possibilités d’échapper à l’écrabouillement semblent minces.

---


L’équipe fait l’inventaire de ses instruments de combat. Le résultat est bien maigre. Hormis quelques lames en état incertain, quelques gourdin officiels et une hallebarde, rien de vraiment probant contre une créature vampirique. Et surtout pas d’argent, métal réputé fatal à cette engeance.

Malgré tout, avec l’aide de Gino l’ogre, la trappe pour le sous sol est ouverte et Siegfried emprunte l’échelle vers les soubassements.

Mais surprise, au pied de l’échelle, à la lueur des torches improvisées, le patrouilleur rural aperçoit un corps, affaissé, dissimulé par un tissu. Il s’approche prudemment pour découvrir un Harmut en plein sommeil. Il remarque que son cou est couvert de tâches violacées.

Le chasseur de prime sort alors de sa torpeur pour raconter qu’au sortir des pissotières, pendant la beuverie de la Lune Rouge, il a vu ses compagnons partir en compagnie d’un nain. Il les a suivis jusqu’à ce qu’il soit attaqué par derrière. Quelqu’un l’a étranglé et il a perdu connaissance. À y regarder de plus près, il semble avoir également des morsures dans le cou.

Autour d'eux, c’est un chantier de vieilles parois à demi écroulées, de

murs décatis. Siegfried relève une piste. Hademar, avec un leadership naturel, amène le groupe dans cette direction. Bientôt ils arrivent dans une pièce au sol régulièrement parsemé de pièges à rat. Des gros. Avec des dents. Le quatuor songe à faire demi-tour lorsque le patrouilleur aperçoit un éclat argenté à l’autre bout de la pièce. Il tente la traversée avec délicatesse mais, dès les premiers pas, déclenche un piège qui en active 7 autres. Les claquements des mâchoires métalliques retentissent dans l’antre du silence. Tant pis pour la discrétion, Siegfried s’ouvre un passage à la hallebarde, non sans mal car l’arme est bien grande par rapport à l’exiguïté de l’endroit.

Arrivé de l’autre côté, il découvre une valisette contenant la panoplie complète de couverts en argent pour 8 personnes. Après quelques interrogations sur la faisabilité de souder sur place des fourchettes au bout d’une hallebarde, chacun s’équipe d’un couteau à bout pointu.

La chasse reprend jusqu’à une paroi où seul le chambranle d’une porte disparue souligne de façon inquiétante les ténèbres sur lequel il donne accès.

Siegfried entend un bruit et prévient ses compagnons. Tout le monde hésite. Harmut et Siegfried commencent à élaborer des stratégies. Stephan en a marre et s’avance dans la pièce suivante torche haut levée.

Il distingue une femme tenant un miroir, assise à une table dressée de couverts en faux argent. Son cerveau enregistre en arrière plan qu’elle ne se reflète pas sur le miroir alors qu’elle se retourne pour découvrir une face ravagée ! Les mots vampire, goule et zombie surgissent dans son esprit alors que la morte vivante, d’abord semblant apeurée, lui saute dessus comme une furie. Un coup de griffes lui entaille les chairs alors qu’il arrive à garder contenance face à l’horreur. Il recule dans la pièce où attendent ses camarades.

Hademar tente d’attaquer la créature déchaînée mais se prend un douloureux retour de bâton. Les vampires ça fait mal ! Car ils n’en doutent plus, ils ont bien trouvé le but de leur quête… et commencent à regretter de s’être embarqués dans cette galère.

Stephan tente à son tour de la suriner au couteau en argent, mais elle s’avère trop agile dans ses mouvements félins. Elle réplique. Deux doigts s’envolent et une torche s’écrase au sol. Le Hors-la-loi tombe en comprimant sa main gauche.

Harmut l’attaque dans le dos, mais elle l’évite.

Hademar la menace de sa torche. Elle bondit en arrière vers le mur le plus éloigné et commence à y grimper telle une araignée tout en ne quittant pas des yeux les aventuriers. Harmut et Siegfried lui lancent un couteau en argent alors qu’elle disparaît dans les ténèbres.

Siegfried et Stephan ont repéré le blason qu’elle porte sur les lambeaux de sa tenue mais ne sont pas d’accord. Alors que Stephan a vu un cerf majestueux, son compère soutien mordicus qu’il s’agit d’une belette voire une hermine.

La pièce est occupée dans un coin par un matelas maculé de sang, quelques bougies non utilisées et le miroir tombé à terre.

Le hors-la-loi finit de bander sa blessure puis le groupe repart, vigilant, à la recherche d’une sortie qui les ferait échapper au blocus et à cet antre de mort.

Ils arrivent dans une pièce contenant une boîte. Elle contient un petit miroir, un peigne et deux fioles aux liquides inconnus.

Dans un coin, un cadavre violacé en décomposition avancée rappelle durement à Harmut l’impermanence de l’existence. Ça lui en fout un coup !

Alors qu’ils parcourent les sous-sols, le plancher cède sous les pas de Siegfried et il se retrouve jusqu’aux épaules dans une fosse à merde !

C’est le moment que choisit la suceuse de sang pour leur tomber dessus une nouvelle fois. C’est bien un cerf majestueux sur le blason symbole de la famille Bruner. La même qui les a fait incorporer le guet de force !

Hademar la braque de sa torche. Elle bondit alors sur le pauvre Stephan et lui ouvre la carotide d’un adroit coup de griffes. Il s’effondre dans un gargouillis étonné et pathétique. Siegfried en appelle à Sigmar et attaque la créature avec sa hallebarde mais le dieu devait être occupé ailleurs et il manque son coup. Hademar oppose le miroir trouvé précédemment face à la vampire, lui renvoyant son monstrueux reflet, lui rappelant ce qu’elle est devenue.

Elle recule et semble déstabilisée. Siegfried en profite pour placer une nouvelle attaque qui touche cette fois. Mais, assez stoïque, la morte-vivante continue à tendre le bras vers le miroir telle une enfant vers un objet fétiche alors que déjà ses blessures se referment. Hademar lui donne ce qu’elle désire. Elle y reste agrippée et comme prise de torpeur.

Siegfried la met en joue de son arme, confondant sous la pression son hallebarde avec une arquebuse. Harmut la pointe de sa torche et profitant de la sidération de la bête, Hademar charge sur son dos un Stephan qui aussitôt finit de se vider de son sang comme une outre percée.

La vampire s’efface dans les ombres alors que le trio et son cadavre se carapate et retourne au pas de course vers l’entrée du taudis. D’autant plus que la maladie progresse dangereusement chez Harmut et sa santé décline à toute vitesse.

Alors que Siegfried les ramène vers la trappe, un bruit de bois fracassé se fait entendre. Ils arrivent pour constater que l’échelle a été détruite mais derrière eux les inquiétants bruits qui se rapprochent les poussent à monter à la sauvage.

Harmut repère l’ennemie alors que Siegfried, juché sur les épaules d’ Hademar, atteint le bord de la trappe. Elle fond sur le chasseur de primes et lui arrache la moitié de la mâchoire ! Mais il résiste à la douleur et parvient à enflammer la créature avec sa torche. Elle hurle et s’enfuit.

Siegfried finit de grimper et, avec l’aide de sa hallebarde multi-usage, aide les autres à le rejoindre le plus rapidement possible pendant que la vampiresse fait du barouf dans les parages.

Le corps de Stephan aura trouvé une sépulture digne de son existence. Dans les bas-fonds et la face dans la boue.

Alors que leur avenir s’éclaire un peu, Harmut fait une crise cardiaque ! La malédiction vampirique aura eu finalement le dernier mot avec le chasseur de prime.

Siegfried demande à Gino de bloquer la trappe. Puis il s’éloigne en traînant un Harmut qui finit de décéder comme une vieille serpillière.

À défaut d’avoir grandi ensemble, les deux frères rendirent l’âme pas loin l’un de l’autre, morts aussi indifférent à leur fraternité et misérablement qu’ils vécurent.

Les deux survivants décident d’interpeller l’extérieur. Ils se rendent chez le locataire, cagouincier de profession et s’approchent prudemment de la fenêtre. La gentille population qui cerne l’endroit n’attendant qu’une cible pour s’entraîner aux tirs à l’arbalète.


Hademar harangue la foule avec de potentielles informations et voies de guérison quant à « l’épidémie ». Une prêtresse de Shalia, la tête auréolée d’un cercle de lumière, s’avance et commence à discuter. Elle demande des preuves et Hademar lui lance le carnet de la doctoresse Giliani. 30 minutes s’écoulent et la voilà qui revient sans son auréole. Elle prend les choses en mains immédiatement. Les cordons sanitaires sont levés, la population renvoyée chez elle. Elle confirme qu’il n’y a pas de contagion et que la maladie est le seul fait de la vampire.

Un répurgateur est requis.

Hademar va rassurer Annika puis va voir Gino qui a installé son bureau sur la trappe. Il dit avoir entendu plusieurs coups venus d’en dessous mais qu’ils se sont arrêtés.

Les forces de l’ordre font évacuer l’immeuble improbable et seul Eluharas l’elfe, en armure de combat, un sabre de cristal à la main, refuse de partir.

Le répurgateur investit les lieux. Il aura raison du monstre assez rapidement et sans trop de difficulté selon ses dires.

 

Siegfried et Hademar prennent du repos et le lendemain décident de se retrouver autour d’un verre à la mémoire des copains morts comme des cons.

Hademar confirme sa volonté de devenir soldat et de rejoindre le guet municipal tandis que Siegfried hésite encore sur la route à suivre...

samedi 20 mars 2021

Warlock / Warhammer - Piège de triste ale

Nos aventuriers ont fini par se débarrasser de leurs travaux forcés au sein du guet municipal de la ville d'Ubersreik.

La liberté ! Reprendre le cours de leur vie, après cette parenthèse forcée et peu rémunératrice.

Pour fêter ça, Stéphan invite ses camarades à la taverne de la Lune Rouge afin de les régaler avec la tournée gratuite négociée avec le patron...

---

 

... Stephan, Hademar et Siegfried se réveillent dans une pièce sordide. Paupières collées, yeux craquelés, casquette en plomb sur le crâne avec tambours tribaux en fond musical.

Que s'est-il passé ? Que font-ils là ? Où est Harmut ? Petit à petit, les souvenirs filtrent à travers leur mal de tête.

À la Lune Rouge, la première tournée s'est bien passée. Puis l'aubergiste enjoué a remis ça au plus grand plaisir des anciens agents du guet. Et puis les tournées se sont enchaînées, politesse aidant, entre nos 4 compères. Et puis... Un nain aux yeux blancs qui traînait à une table non loin, leur en a offert une. Harmut s'en est allé pisser à ce moment là... et puis plus rien.

Les consciences se réveillent et finissent par se rendre compte que le martellement incessant  est probablement dû à des coups de marteau donnés sur des planches en bois, non loin de là. Une voix provenant de la pièce à côté demande à sortir... ?

Hademar se met à démonter la table branlante trônant au centre de ce que l'on pourrait qualifier de squat pour punks à chien afin de confectionner quelques gourdins de fortune. Siegfrieg va inspecter les volets clos à la fenêtre et Stéphan va voir à la porte.

Cette dernière ouvre sur une montée d'escalier et un ogre de belle dimension qui bouche plus

où moins le hall. Stephan le salue, la douleur lui martelant le crâne, au rythme des coups de marteau, le laissant insensible à l'incongruité de la scène. Les coups cessent et l'ogre, du nom de Gino, lui explique gentiment, dans un vocable hésitant, qu'ils se trouvent actuellement dans un taudis du quartier de Spittlefield, le plus pauvre de la ville. Que deux nains, locataires en ces lieux les ont amenés ici. Que les agents du guets viennent de condamner l'endroit en clouant des planches sur portes et fenêtres pour des raisons d'urgences sanitaires. Une grave épidémie sévirait sur Ubersreik et l'endroit en serait l'origine ? Personne n'est plus autorisé à quitter les lieux ! Puis il prend congé et retourne dans son bureau.

Siegfried constate que les volets ont été effectivement cloués. Hademar distribue des pieds de table à caractère dissuasif.

Ils se demandent si l’épidémie sus-citée ne serait pas de celle qu’ils avaient constaté chez Mme Pedvogel.

Le trio emprunte l’escalier pour se rendre au premier étage. Hademar frappe à la première porte et ils font la rencontre d’une odeur de merde persistante ayant pris l’apparence d’un gueux. Ce dernier était attablé avec sa famille de loqueteux crades. Intimidé par le port altier du noble, il explique que les agents du guet ont commencé à clouer les issues des maisons il y a une heure, en précisant bien que les habitants sont responsables de l’épidémie qui sévit et qu'ils sont invités à crever en fermant bien leur mouille.

Il précise à l’équipe de ne pas trop s’approcher de la fenêtre. En effet, alors que Stephan observe pour trouver une issue de fuite, ses compères et lui se rendent compte que l’ensemble de l’improbable taudis est encerclé d’honnêtes et respectables habitants de la ville, armés d’arbalètes, en position tout autour sur les toits et allumant quiconque reste trop longtemps à vue. Sans parler de ceux armés de torche, dans la rue, devant le bâtiment dont l’envie de tout cramer semble palpable même à cette distance.

 

Bref, l’amicale population d’ Ubersreik a trouvé un bouc émissaire et compte bien le sacrifier par simple principe de précaution sans se soucier que trois innocents sont accidentellement enfermés indûment avec la faune des favelas locaux.

Le locataire au parfum d’étron précise d’ailleurs qu’une docte médecin s’est établie dans le taudis afin d’étudier au plus près la maladie. Une certaine Alexandra Giliani. Elle serait à l’étage au-dessus d’après ses dires. Il indique également que les deux frères nains, Srulen et Sreluc, vivent plus haut dans l’immeuble.

Le trio quitte les effluves à forme humaine. Hademar et Siegfried redescendent pour s’entretenir avec Gino au sujet de la disparition de leur équipement et de la présence potentielle d’égouts accessibles depuis cette bâtisse. Dans le même temps, Stephan continue à monter les étages à la recherche de la doctoresse.

Le bâtiment à un plan de construction absurde et labyrinthique, typique des lieux construit à la vas-y-comme-je-te-pousse ! Stephan débarque dans une chambre où une femme allongée sur sa paillasse respire comme la dernière des asthmatiques. Des marques sombres transparaissent au niveau de son cou. Stephan dit prudemment « au revoir », va voir ailleurs et justement y retrouve ses deux collègues qui remontent du rez-de-chaussée. L’ogre n’a pas leur matos et il n’y a pas d’égout. C’est le dégoût !

Nos explorateurs d’architectures hasardeuses décident de progresser vers le haut et parviennent devant Mme Annika Passerine, visiblement une forte femme, responsable de l'orphelinat local. Elle leur apprend que la gisante à la respiration sifflante est la médecin qu’ils cherchent. Elle a reçu la visite de Mme Pedvogel quelques jours auparavant !

Inquiète, Annika veut se rendre au chevet de la doctoresse. Hademar décide de l’accompagner

par curiosité et pour éviter qu’elle se contamine bêtement. Quand ils reviennent auprès de Stephan et Siegfried restés en poste devant la porte de l’appartement servant d’orphelinat, le noble leur confirme que la femme est mourante et que ses affaires ont été fouillées et que son carnet de notes a disparu. Annika soupçonne Trinity, un gamin de 3 ans, véritable Jo l’Anguille, qui se faufile dans les murs et cloisons du bâtiment grâce à sa petite taille, son agilité hors du commun ; et une certaine malignité qui éveille l’intérêt de Stephan. La garde chiourme veut bien nous aider à retrouver le garnement voleur de carnets contre des médicaments que détiendraient les deux nains kidnappeurs. Ça tombe bien, les aventuriers sont impatients de les rencontrer.

Ils continuent donc de grimper les étages jusqu’à se retrouver devant une porte en métal aux lourdes ferrures. Un dialogue s’engage entre Hademar et le représentant du peuple demi-portion. Tout d’abord au travers de la porte, puis entre le noble et le Sreluc avec un tromblon en mains. Ce dernier est inquiet pour son frère qui a disparu depuis hier soir. Il soupçonne un elfe, Eluharath, d’avoir enlevé Srulen, ainsi que d'être responsable de la plupart des maux de la Terre. Il est clair pour nos héros qu'ils sont face à un stéréotype. Il soupçonne également nos aventuriers d’être à la solde des nains d’ Ubersreik qui, semble-t-il, ont un contentieux avec les deux frères. Il refuse de donner les médicaments avant d’avoir retrouver son frangin et nie toute implication dans la mésaventures de nos 3 héros. Stephan brûle de faire manger son tromblon à ce petit saligaud court-sur-pattes.

Alors qu’ils s’apprêtaient à poursuivre vers les étages supérieurs, Hademar décide d’une fouille méthodique et visite l’appartement d’en face. Ce dernier est un capharnaüm contenant leur matériel et un nain soul comme une barrique et endormi sur une vague paillasse sale. Siegfried se précipite sur sa hallebarde comme si c’était son aimée depuis trop longtemps disparue. Hademar se précipite sur le nain, un pied de table en main. Stephan prépare mentalement tout un tas de désagréments physiques des fois que ses deux camarades se fassent moins regardant.

Le nain réveillé manu militari les insulte, puis avoue sous la menace qu’il s’agissait bien de sa part d’un larcin minable d’une bêtise crade, accuse son frère de lui avoir volé les bourses manquantes puis ne se démontant pas les provoque et poursuit ses insultes. Hademar le ligote et ils le conduisent à la porte de son frère. Srulen n’en mène pas large car il semble craindre l’ire de son frangin face à ses frasques nocturnes.

Lorsque Sreluc ouvre à nouveau sa porte pour accueillir son frère, Hademar pousse violemment Srulen dans ses bras. Stephan qui avait les mêmes intentions, enchaîne avec une patate de forain dans le pif du nain à pétoire et Siegfried par un coup de la hampe de sa hallebarde dans le foie. Les deux nains sont à terre. L’un encordé, l’autre la face ensanglantée. Hademar réclame les médicaments et les bourses, exagérant un tantinet sur leur contenu. Sreluc se montre tout d’abord peu volubile mais Stephan, dont les envies de meurtre sur les minorités ethniques atteignent leur paroxysme, lui explique le concept de coopération. Le nabot se dégonfle et révèle la cache de ses larcins au plus grand étonnement de son frère ficelé. Il est maintenant clair pour tout le monde, que les deux frangins s’arnaquent mutuellement.

Finalement, le trio récupère argent et soins et laisse, au grand dam de Stephan, les deux judas miniatures finir seuls leurs explications familiales.

Ils redescendent alors à l’orphelinat où Annika à mis la main sur le petit Trinity et le carnet de la médecin. Malheureusement, les notes sont en langue étrangère. La matrone leur indique d’aller le faire traduire par l’elfe Eluharath, la Némésis des deux professionnels de la nanitude, érudit et aimable.

Dernier étage. Un elfe en peignoir les reçoit avec politesse, délicatesse. Eluharath Ondecrête les convie à un léger apéritif. Cet ancien voyageur, après avoir compulsé le carnet, leurs révèle sa conclusion étonnante : la maladie est le fait d’un vampire sûrement caché dans les sous-sols du bâtiment !

Le groupe dit au revoir au sympathique résident aux oreilles pointus qui est déjà en train de préparer sa valise, et redescend auprès de Gino. L'ogre leur confie que le sous-sol est un vrai dédale digne des pires donjons construit par d’anciens magiciens à l’esprit détraqué et que personne n'ose y descendre depuis fort longtemps.

Ça promet comme balade !