Face à l’adversité, nos héros décident de faire profil bas aussi longtemps que nécessaire en observant longuement les rotations des équipes de surveillance. L’objectif est de faire preuve de diplomatie et de tenter d’amener à leur cause certains surhommes tel que Makolé, la reine Sargassim ou Das Gasman. Albert Roche pense que dans ce groupe certains « leurs en doivent une » et qu’il sera plus aisé de les convaincre.
Aussi, Ruby et Ozzie restent aux alentours de la tour Eiffel pour observer les rotations des gardes alors que Aymeric et Albert s’en vont batifoler de nuit en ville afin de retrouver certains contacts. Ruby leur demande de chercher s’il n’y aurait pas une résistance à l’empereur qui agirait dans l’ombre !
Aymeric et Albert errent dans un Paris quelque peu changé d’un point de vue architectural, laissant apparaître les goûts douteux du despote local. Mais leurs errances s’avèrent infructueuses. L’ancien immeuble de Jessica Jane n’est plus et aucun nom n’évoque la dulcinée d’Aymeric. L’observatoire où œuvrait le professeur Esclangon est maintenant un bâtiment d’habitations, la coupole d’observation a disparue n’étant plus utile. Le repère de nos héros, “la camomille au radium » est toujours là, la façade reconnaissable quoique rafraîchie. Aymeric et Albert décident d’y revenir en journée afin d’y glaner, peut-être, des informations. La fatigue se faisant sentir chez le pourtant courageux romancier, nos compères décident de retourner auprès de leurs compagnons afin de réunir leurs maigres informations et se reposer.
Pendant qu’elle se promène discrètement en observant les alentours, Ruby est légèrement bousculée par un quidam d’aspect anodin qui s’excuse avant de continuer son chemin sans se retourner. Au sol, l’homme semble avoir laissé tomber un papier que Ruby s’empresse de ramasser avant même d’avoir vérifié si ce n’était pas un mouchoir plein et sale. Heureusement pour elle, il s’avère que le papier est un plan très détaillé du premier étage de la tour Eiffel ! Elle en fait part immédiatement à Ozzie et ils étudient le plan tombé fort à propos, tout en continuant d’observer les allées et venues de la garde de la tour Eiffel. Ils constatent qu’au petit matin tous les surhommes (et femmes) quittent le site, le laissant à une garde renforcée de sentinelles.
Après un peu de repos, et jugeant qu’ils ne reverraient pas de surhomme avant la soirée, l’Escadron Étrange retourne vers la camomille au radium en faisant un crochet par l’institut où ils espèrent sans trop y croire, trouver Irène Curie. Leur déception est profonde, aussi profonde que le cratère météoritique qui à détruit l’institut et qui est laissé béant, comme un signal aux éventuels résistants de ce dont est capable Arlog.
Le gérant de la Camomille au radium reconnait nos héros passé un moment de réflexion et invite Aymeric derrière le comptoir où il lui montre des avis de recherches aux noms de nos héros (excepté Ruby) datant de vingt ans, avec des promesses de récompenses colossales pour leur arrestation. Il confirme aussi que la destruction de l’institut du radium est le fait de l’empereur (qu’il appelle « l’autre »).
Le quatuor retourne à sa surveillance du site de la tour Eiffel, et les heures s’allongent tant il ne se passe rien. Ils attendent toujours de voir si les rotations des équipes de surhommes sont toujours les mêmes.
Enfin, à 16 heures, surgit Donar qui dépose Makolé, la reine Sargassim et Das Gasman. Le système de rotation des équipes semble rodé et toujours le même. Ruby, fine observatrice, aperçoit alors un être brumeux apparaître, parler à l’oreille du Viking puis disparaître de nouveau. Les membres de l’Escadron Étrange en déduisent qu’il doit s’agir de Mr Rien. La menace invisible est donc bel et bien sur le site. L’Escadron Étrange décide, lorsque Donar est reparti, d’interpeller l’un des surhommes. Albert porte son choix sur Makolé et le caillasse discrètement pour attirer son attention, lui faisant signe de faire silence lorsque celui-ci aperçoit l’équipe. Reconnaissant Aymeric, Makolé s’approche du grillage d’enceinte inquiet et est surpris de voir l’Escadron Étrange devant lui. Nos héros expliquent franchement leurs objectifs, sans cacher les conséquences pour les Néo-Parisiens s’ils enlèvent John Lestrange, Aymeric arguant que, tout comme dans le monde des rêves, Makolé peut agir sur ce présent. Il réfléchit et décide d’aider notre équipe. A minuit, au lieu de profiter du Donar express il s’en va à pied, suivi à distance par l’Escadron Étrange. Dans une rue isolée il propose son plan. Il faudra pour cela attendre le lendemain et l’arrivée de son équipe, afin de lui laisser le temps de monter au premier étage de la tour pour couper les systèmes de surveillances qui truffent les couloirs. Ensuite, à l’heure dite, il créera un tumulte afin de leur laisser le temps de sauter le grillage et de se précipiter vers les escaliers menant aux étages.
Encore une longue journée à attendre.
Ruby déleste un passant de ses économies et rentre dans une boulangerie pour acheter du lait et le fameux jambon beurre Parisien afin qu’elle puisse, en compagnie d’Aymeric, reprendre des forces. Son accent British, et ses explications confuses quant à sa présence à Néo Paris ne semblent guère convaincre l’aimable boulangère.
Enfin rassasiée et désireuse de rencontrer Mistinguett, elle guide ses compagnons jusqu’au Moulin Rouge. Son code secret pour rentrer par l’entrée des artistes semble obsolète de 20 ans, aussi l’équipe attend l’heure d’ouverture au public pour prendre l’entrée principale.
Malheureusement Mistinguett fait partie des nombreux bannis par l’empereur, et l’équipe de gestion du célèbre lieu semble pressée de complaire aux autorités locales. Ayant le nez creux et de l’expérience Aymeric, Ozzie et Albert quittent rapidement les lieux. Ruby, malgré sa propension à se protéger de tout reste naïvement assise, avant de comprendre qu’il serait plus sage de suivre les pas de ses camarades.
La journée s’étire, le groupe épuisé par l’inaction se chamaille presque pour des bouteilles de lait consignées et l’achat de nouveaux sandwiches. Albert décide de faire les courses pour Ruby et Aymeric qui tergiversent à coup d’excuses pathétiques.
Enfin ! A l’heure dite, Makolé, à l’autre bout de la zone appelle ses comparses à l’aide. L’Escadron Étrange saute la clôture, grandement aidé par la force physique d’Ozzie, et monte à l’assaut du premier étage de la tour Eiffel avec autant de discrétion qu’il leur est possible.
Ils se dirigent au centre de l’édifice où se trouve la salle de contrôle. En pénétrant dans la salle, ils aperçoivent deux sentinelles non armées et occupées sur des terminaux. Ruby fait des signes discrets laissant comprendre que quelqu’un armé d’un pistolet devrait avancer discrètement pour assommer une sentinelle. Ozzie indique qu’il se charge de la seconde sentinelle et intime d’un geste Ruby de s’occuper de l’autre. Celle-ci semble quelque peu décontenancée, sans doute pensait elle plutôt que ce serait Aymeric et non elle qui irait au charbon.
Grace à leur discrétion et leur agilité formidable, les deux comparses s’approchent sans bruit de leurs victimes, Ozzie se débarrasse promptement de son adversaire d’un atémi sournois à la tempe, alors que Ruby constate que la crosse d’un pistolet n’est pas aussi efficace qu’elle le pensait. Son adversaire tombe néanmoins à genoux. Ozzie, dans une glissade magistrale suivi d’un coup de pied remontant à la glotte, achève le travail. Il se penche aussitôt sur la console afin de voir comment contrôler le bazar et libérer, là-haut, John Lestrange. Aymeric s’approche à la recherche du fameux gros bouton rouge qui coupe tout, mais il y a plein de gros boutons, et pas tous d’un rouge franc. Il hésite.
Albert, resté en arrière pour surveiller, entend puis voit quatre sentinelles pénétrer dans la pièce. D’un geste il intime l’ordre à ses comparses de se cacher. Tout le monde obtempère mais Albert, maladroit, percute la console, signalant sa présence. Il lui est ordonné de se montrer, aussi obéit-il à l’ordre. Aymeric, prenant l’ordre pour lui se montre aussi, créant la confusion dans l’esprit des sentinelles qui ne s’attendaient pas à une réunion aussi importante. Jugeant que le moment n’est pas aux palabres çà part à la filoche et les sentinelles sont promptement vaincues. Ozzie, retourné à la console constate qu’un important flux d’énergie est dirigé vers « le bureau du maître », pièce où ils avaient vu apparaître furtivement l’Astronome, le fameux « ami » de l’Escadron Étrange, lors de leurs surveillances des jours passés.
Alors qu’ils pénètrent dans la pièce, Ils voient une machinerie émettant une puissante lumière bleue, d’où part un conduit qui monte et semble se diriger jusqu’à l’étage où se trouve John Lestrange. Une voix leur intime l’ordre d’entrer. Aymeric, Ozie et Ruby agissent alors bizarrement, abandonnant leur méfiance et s’installant sur les canapés de la pièce. Albert ne semble pas pris de cette passivité subite, mais feint de l'être, prend le temps de refermer la porte derrière lui puis s’assoit à son tour.
S’ensuit un échange avec l’Astronome, curieux de connaître les raisons de leur présence ici. Les héros expliquent sans détour comment ils sont arrivés en ce lieu et en ces temps, lui signalant que c’est un de ses messages cryptiques, en 1937, qui les conduisit ici, en premier lieu. L’Astronome cherche à savoir leurs motivations profondes, semble comprendre leur soif de retourner dans le passé pour défaire Druuzo et sauver TOUTE la planète. Il est moins satisfait des motivations de Ruby qui n’a que seul désir de retrouver son époque. Albert la défend, n’étant que récemment, et peut être temporairement membre de l’Escadron Étrange, et n’ayant pas tout leur vécu et les connaissances de la situation. La Vérité usant de plus de psychologie lui rappelle qu'il s'était quand même adressé à eux en “ami" et que cette réalité pouvait être corrigée grâce à lui.
Alors qu’un tumulte se fait entendre à la porte, l’Astronome, visiblement convaincu montre le tuyau qui sort par le plafond de sa pièce et les presse d’agir.
Ruby se précipite vers le petit balcon extérieur qui s’avère sans issu sauf à grimper sur le toit. Albert prend le même chemin et entend l'homme de verre crier "Gospodine Nitchevo, non" mais trop tard, il perçoit un mouvement brumeux dans son dos et un poinçon est planté à un point charnière de son armure. Albert commence à perdre ses gaz par le trou pratiqué. Néanmoins, le Premier Soldat de France, balance une décharge électrique par-dessus son épaule et le dénommé monsieur Rien, en prend comme aux boules et s’effondre, mal en point. Albert s’occupe ensuite de contenir la fuite mais il se rend compte qu’il lui faudra ses deux mains s’il veut être efficace. Il tente de passer sur la terrasse extérieure, ses contorsions laissant encore échapper du gaz. Ce faisant lui revient en mémoire ce qui lui arriva à Shamballa, et l’agression de Daniela Von Lamp… ce Russe qui fuyait dans les ombres…
Les sentinelles pénètrent dans la pièce et Aymeric, après avoir tiré au raygun sur la machine infernale, décide que ça va péter et balance une grenade dans le tas, laissant certains sur le carreau, en étourdissant d’autres. Les grenades allemandes sont un peu décevantes. Mais des sentinelles ont évité le pire et font usage de leurs lances électriques. Un tir touche malencontreusement Albert qui est immédiatement paralysé. Par chance ses mains sont toujours sur l’accroc de sa combinaison et elles empêchent donc ses gaz de fuir. Ozzie, qui est arrivé sur la passerelle, s’empare du grappin attaché à la ceinture d’Albert et le lance sur le toit, trouvant un point d’accroche. Il grimpe aussitôt prestement avant d’entreprendre de hisser Albert. Dans la pièce, Aymeric joue toujours de la grenade, semant fumée et confusion dans l’espace clos, Ruby tire avec son pistolet.
Albert perd encore du gaz dans l’ascension involontaire qu’il subit, toujours paralysé, il reste impuissant à empêcher sa vie de s’échapper lentement.
Son camarade enfin hissé, Ozzie cherche le kit de réparation d’Albert et s’empresse de colmater la brèche, le sauvant in-extremis tout en ordonnant à Ruby de s’envoler pour aller récupérer John Lestrange. Aymeric reste face à un dernier garde qui voit son attention détournée par l’Astronome lorsque celui-ci l’interpelle. La Vérité en profite pour constater que son tir au raygun n’a pas suffisamment endommagé la machine aux lumières bleues, aussi y jette-il une dernière grenade. Cette fois ci la machine fume, crépite et le flux d’énergie s’arrête.
Ruby, arrivée à hauteur de John Lestrange le trouve enfermé dans une bulle de verre remplie d’un liquide incertain. Le surhomme parait amaigri et très affaibli. Elle sort son pistolet et tire une première fois sur la sphère qui commence à fissurer. Le second tir brise la sphère et John Lestrange commence à chuter. Ruby le rattrape au vol.
Aymeric, débarrassé de toute opposition, quitte la pièce en adressant un « au revoir et merci » à l’Astronome et emprunte les couloirs pour rejoindre l’ascenseur qu’il avait noté sur le plan. A son flanc deux grenades ballottent encore dans sa besace.
Il est grand temps de quitter Néo-Paris !
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