samedi 19 septembre 2026

La Brigade Chimérique - Du rififi à la tour Eiffel


Face à l’adversité, nos héros décident de faire profil bas aussi longtemps que nécessaire en observant longuement les rotations des équipes de surveillance. L’objectif est de faire preuve de diplomatie et de tenter d’amener à leur cause certains surhommes tel que Makolé, la reine Sargassim ou Das Gasman. Albert Roche pense que dans ce groupe certains « leurs en doivent une » et qu’il sera plus aisé de les convaincre.

Aussi, Ruby et Ozzie restent aux alentours de la tour Eiffel pour observer les rotations des gardes alors que Aymeric et Albert s’en vont batifoler de nuit en ville afin de retrouver certains contacts. Ruby leur demande de chercher s’il n’y aurait pas une résistance à l’empereur qui agirait dans l’ombre !

Aymeric et Albert errent dans un Paris quelque peu changé d’un point de vue architectural, laissant apparaître les goûts douteux du despote local. Mais leurs errances s’avèrent infructueuses. L’ancien immeuble de Jessica Jane n’est plus et aucun nom n’évoque la dulcinée d’Aymeric. L’observatoire où œuvrait le professeur Esclangon est maintenant un bâtiment d’habitations, la coupole d’observation a disparue n’étant plus utile. Le repère de nos héros, “la camomille au radium » est toujours là, la façade reconnaissable quoique rafraîchie. Aymeric et Albert décident d’y revenir en journée afin d’y glaner, peut-être, des informations. La fatigue se faisant sentir chez le pourtant courageux romancier, nos compères décident de retourner auprès de leurs compagnons afin de réunir leurs maigres informations et se reposer.

Pendant qu’elle se promène discrètement en observant les alentours, Ruby est légèrement bousculée par un quidam d’aspect anodin qui s’excuse avant de continuer son chemin sans se retourner. Au sol, l’homme semble avoir laissé tomber un papier que Ruby s’empresse de ramasser avant même d’avoir vérifié si ce n’était pas un mouchoir plein et sale. Heureusement pour elle, il s’avère que le papier est un plan très détaillé du premier étage de la tour Eiffel ! Elle en fait part immédiatement à Ozzie et ils étudient le plan tombé fort à propos, tout en continuant d’observer les allées et venues de la garde de la tour Eiffel. Ils constatent qu’au petit matin tous les surhommes (et femmes) quittent le site, le laissant à une garde renforcée de sentinelles.

Après un peu de repos, et jugeant qu’ils ne reverraient pas de surhomme avant la soirée, l’Escadron Étrange retourne vers la camomille au radium en faisant un crochet par l’institut où ils espèrent sans trop y croire, trouver Irène Curie. Leur déception est profonde, aussi profonde que le cratère météoritique qui à détruit l’institut et qui est laissé béant, comme un signal aux éventuels résistants de ce dont est capable Arlog.

Le gérant de la Camomille au radium reconnait nos héros passé un moment de réflexion et invite Aymeric derrière le comptoir où il lui montre des avis de recherches aux noms de nos héros (excepté Ruby) datant de vingt ans, avec des promesses de récompenses colossales pour leur arrestation. Il confirme aussi que la destruction de l’institut du radium est le fait de l’empereur (qu’il appelle « l’autre »).

Le quatuor retourne à sa surveillance du site de la tour Eiffel, et les heures s’allongent tant il ne se passe rien. Ils attendent toujours de voir si les rotations des équipes de surhommes sont toujours les mêmes.

Enfin, à 16 heures, surgit Donar qui dépose Makolé, la reine Sargassim et Das Gasman. Le système de rotation des équipes semble rodé et toujours le même. Ruby, fine observatrice, aperçoit alors un être brumeux apparaître, parler à l’oreille du Viking puis disparaître de nouveau. Les membres de l’Escadron Étrange en déduisent qu’il doit s’agir de Mr Rien. La menace invisible est donc bel et bien sur le site. L’Escadron Étrange décide, lorsque Donar est reparti, d’interpeller l’un des surhommes. Albert porte son choix sur Makolé et le caillasse discrètement pour attirer son attention, lui faisant signe de faire silence lorsque celui-ci aperçoit l’équipe. Reconnaissant Aymeric, Makolé s’approche du grillage d’enceinte inquiet et est surpris de voir l’Escadron Étrange devant lui. Nos héros expliquent franchement leurs objectifs, sans cacher les conséquences pour les Néo-Parisiens s’ils enlèvent John Lestrange, Aymeric arguant que, tout comme dans le monde des rêves, Makolé peut agir sur ce présent. Il réfléchit et décide d’aider notre équipe. A minuit, au lieu de profiter du Donar express il s’en va à pied, suivi à distance par l’Escadron Étrange. Dans une rue isolée il propose son plan. Il faudra pour cela attendre le lendemain et l’arrivée de son équipe, afin de lui laisser le temps de monter au premier étage de la tour pour couper les systèmes de surveillances qui truffent les couloirs. Ensuite, à l’heure dite, il créera un tumulte afin de leur laisser le temps de sauter le grillage et de se précipiter vers les escaliers menant aux étages.

Encore une longue journée à attendre.

Ruby déleste un passant de ses économies et rentre dans une boulangerie pour acheter du lait et le fameux jambon beurre Parisien afin qu’elle puisse, en compagnie d’Aymeric, reprendre des forces. Son accent British, et ses explications confuses quant à sa présence à Néo Paris ne semblent guère convaincre l’aimable boulangère.

Enfin rassasiée et désireuse de rencontrer Mistinguett, elle guide ses compagnons jusqu’au Moulin Rouge. Son code secret pour rentrer par l’entrée des artistes semble obsolète de 20 ans, aussi l’équipe attend l’heure d’ouverture au public pour prendre l’entrée principale.

Malheureusement Mistinguett fait partie des nombreux bannis par l’empereur, et l’équipe de gestion du célèbre lieu semble pressée de complaire aux autorités locales. Ayant le nez creux et de l’expérience Aymeric, Ozzie et Albert quittent rapidement les lieux. Ruby, malgré sa propension à se protéger de tout reste naïvement assise, avant de comprendre qu’il serait plus sage de suivre les pas de ses camarades.

La journée s’étire, le groupe épuisé par l’inaction se chamaille presque pour des bouteilles de lait consignées et l’achat de nouveaux sandwiches. Albert décide de faire les courses pour Ruby et Aymeric qui tergiversent à coup d’excuses pathétiques.

Enfin ! A l’heure dite, Makolé, à l’autre bout de la zone appelle ses comparses à l’aide. L’Escadron Étrange saute la clôture, grandement aidé par la force physique d’Ozzie, et monte à l’assaut du premier étage de la tour Eiffel avec autant de discrétion qu’il leur est possible.

Ils se dirigent au centre de l’édifice où se trouve la salle de contrôle. En pénétrant dans la salle, ils aperçoivent deux sentinelles non armées et occupées sur des terminaux. Ruby fait des signes discrets laissant comprendre que quelqu’un armé d’un pistolet devrait avancer discrètement pour assommer une sentinelle. Ozzie indique qu’il se charge de la seconde sentinelle et intime d’un geste Ruby de s’occuper de l’autre. Celle-ci semble quelque peu décontenancée, sans doute pensait elle plutôt que ce serait Aymeric et non elle qui irait au charbon.

Grace à leur discrétion et leur agilité formidable, les deux comparses s’approchent sans bruit de leurs victimes, Ozzie se débarrasse promptement de son adversaire d’un atémi sournois à la tempe, alors que Ruby constate que la crosse d’un pistolet n’est pas aussi efficace qu’elle le pensait. Son adversaire tombe néanmoins à genoux. Ozzie, dans une glissade magistrale suivi d’un coup de pied remontant à la glotte, achève le travail. Il se penche aussitôt sur la console afin de voir comment contrôler le bazar et libérer, là-haut, John Lestrange. Aymeric s’approche à la recherche du fameux gros bouton rouge qui coupe tout, mais il y a plein de gros boutons, et pas tous d’un rouge franc. Il hésite.

Albert, resté en arrière pour surveiller, entend puis voit quatre sentinelles pénétrer dans la pièce. D’un geste il intime l’ordre à ses comparses de se cacher. Tout le monde obtempère mais Albert, maladroit, percute la console, signalant sa présence. Il lui est ordonné de se montrer, aussi obéit-il à l’ordre. Aymeric, prenant l’ordre pour lui se montre aussi, créant la confusion dans l’esprit des sentinelles qui ne s’attendaient pas à une réunion aussi importante. Jugeant que le moment n’est pas aux palabres çà part à la filoche et les sentinelles sont promptement vaincues. Ozzie, retourné à la console constate qu’un important flux d’énergie est dirigé vers « le bureau du maître », pièce où ils avaient vu apparaître furtivement l’Astronome, le fameux « ami » de l’Escadron Étrange, lors de leurs surveillances des jours passés.

Alors qu’ils pénètrent dans la pièce, Ils voient une machinerie émettant une puissante lumière bleue, d’où part un conduit qui monte et semble se diriger jusqu’à l’étage où se trouve John Lestrange. Une voix leur intime l’ordre d’entrer. Aymeric, Ozie et Ruby agissent alors bizarrement, abandonnant leur méfiance et s’installant sur les canapés de la pièce. Albert ne semble pas pris de cette passivité subite, mais feint de l'être, prend le temps de refermer la porte derrière lui puis s’assoit à son tour.

S’ensuit un échange avec l’Astronome, curieux de connaître les raisons de leur présence ici. Les héros expliquent sans détour comment ils sont arrivés en ce lieu et en ces temps, lui signalant que c’est un de ses messages cryptiques, en 1937, qui les conduisit ici, en premier lieu. L’Astronome cherche à savoir leurs motivations profondes, semble comprendre leur soif de retourner dans le passé pour défaire Druuzo et sauver TOUTE la planète. Il est moins satisfait des motivations de Ruby qui n’a que seul désir de retrouver son époque. Albert la défend, n’étant que récemment, et peut être temporairement membre de l’Escadron Étrange, et n’ayant pas tout leur vécu et les connaissances de la situation. La Vérité usant de plus de psychologie lui rappelle qu'il s'était quand même adressé à eux en “ami" et que cette réalité pouvait être corrigée grâce à lui.

Alors qu’un tumulte se fait entendre à la porte, l’Astronome, visiblement convaincu montre le tuyau qui sort par le plafond de sa pièce et les presse d’agir.

Ruby se précipite vers le petit balcon extérieur qui s’avère sans issu sauf à grimper sur le toit. Albert prend le même chemin et entend l'homme de verre crier "Gospodine Nitchevo, non" mais trop tard, il perçoit un mouvement brumeux dans son dos et un poinçon est planté à un point charnière de son armure. Albert commence à perdre ses gaz par le trou pratiqué. Néanmoins, le Premier Soldat de France, balance une décharge électrique par-dessus son épaule et le dénommé monsieur Rien, en prend comme aux boules et s’effondre, mal en point. Albert s’occupe ensuite de contenir la fuite mais il se rend compte qu’il lui faudra ses deux mains s’il veut être efficace. Il tente de passer sur la terrasse extérieure, ses contorsions laissant encore échapper du gaz. Ce faisant lui revient en mémoire ce qui lui arriva à Shamballa, et l’agression de Daniela Von Lamp… ce Russe qui fuyait dans les ombres…

Les sentinelles pénètrent dans la pièce et Aymeric, après avoir tiré au raygun sur la machine infernale, décide que ça va péter et balance une grenade dans le tas, laissant certains sur le carreau, en étourdissant d’autres. Les grenades allemandes sont un peu décevantes. Mais des sentinelles ont évité le pire et font usage de leurs lances électriques. Un tir touche malencontreusement Albert qui est immédiatement paralysé. Par chance ses mains sont toujours sur l’accroc de sa combinaison et elles empêchent donc ses gaz de fuir. Ozzie, qui est arrivé sur la passerelle, s’empare du grappin attaché à la ceinture d’Albert et le lance sur le toit, trouvant un point d’accroche. Il grimpe aussitôt prestement avant d’entreprendre de hisser Albert. Dans la pièce, Aymeric joue toujours de la grenade, semant fumée et confusion dans l’espace clos, Ruby tire avec son pistolet.

Albert perd encore du gaz dans l’ascension involontaire qu’il subit, toujours paralysé, il reste impuissant à empêcher sa vie de s’échapper lentement.

Son camarade enfin hissé, Ozzie cherche le kit de réparation d’Albert et s’empresse de colmater la brèche, le sauvant in-extremis tout en ordonnant à Ruby de s’envoler pour aller récupérer John Lestrange. Aymeric reste face à un dernier garde qui voit son attention détournée par l’Astronome lorsque celui-ci l’interpelle. La Vérité en profite pour constater que son tir au raygun n’a pas suffisamment endommagé la machine aux lumières bleues, aussi y jette-il une dernière grenade. Cette fois ci la machine fume, crépite et le flux d’énergie s’arrête.

Ruby, arrivée à hauteur de John Lestrange le trouve enfermé dans une bulle de verre remplie d’un liquide incertain. Le surhomme parait amaigri et très affaibli. Elle sort son pistolet et tire une première fois sur la sphère qui commence à fissurer. Le second tir brise la sphère et John Lestrange commence à chuter. Ruby le rattrape au vol.

Aymeric, débarrassé de toute opposition, quitte la pièce en adressant un « au revoir et merci » à l’Astronome et emprunte les couloirs pour rejoindre l’ascenseur qu’il avait noté sur le plan. A son flanc deux grenades ballottent encore dans sa besace.

Il est grand temps de quitter Néo-Paris !

À suivre
 

Couverture alternative - édition collector

samedi 12 septembre 2026

La Brigade Chimérique - Paris en sous-sol


Le Nyctalope ! Toujours vivant, mais visiblement brisé. Aymeric de St Sernin, La Vérité, n'est pas avare de reproches acerbes mais chez l'ancien protecteur de Paris, le cœur n'y est plus. Il écoute leur objectif, leur fournit des plans et des explications ainsi que des mises en garde. les tunnels sous la capitales sont le repère des Vampyres qui après avoir retrouvé une nouvelle reine en sont les gardes farouches.

Jean Arlog s'est installé dans les locaux du C.I.D. à Montmartre. Il est secondé par l'Astronome, alias M.A. alias M.Soleil, un surhomme en verre, ainsi que par M. Rien (quand il agit, c'est trop tard).

Les informations recueillies, le groupe prend congé du Nyctalope. Ozie lui tient quelques propos d'encouragement, lui assurant que son rôle de protecteur de Paris n'est pas terminé et que, plutôt que l'apitoiement, il a encore un rôle à jouer auprès de la résistance.

Après deux jours de marche retour, ils retrouvent le Météore et le Havre. Mörs et son équipage s'adonnent les jours suivants au radoubement de leur vaisseau spatial. Et puis c'est le départ pour l'écluse n°7 et son poste technique aux abords de Paris.

Arrivés à l'entrée des tunnels, nos héros distinguent une silhouette féminine semblant les attendre. À leur grande surprise, il s'agit de Shani, l'espionne rencontrée à l'exposition universelle bruxelloise, de son vrai nom Ashanti Garuda. Elle leur remet deux missives de son patron, Sun-Ko, le dernier Atlante :

1- Méfiez vous de Jean Arlog. Ne le laissez pas approcher de la Lune lors de la bataille finale.
2- C'est moi qui possède l'Œil de Xorn. N'hésitez pas à venir me le demander, de même que le Vril dont vous avez besoin pour éviter l'Armageddon oublié. Vous aviez raison et je me trompais - j'aurais dû vous écouter lorsque nous étions à Klock-Klock.

De Saint-Sernin conseille à l'indienne de contacter la résistance du Havre, pour avoir plus de force contre le nouvel empereur. Ces propos énervent Albert Roche qui préfère savoir les havrais protégés par la discrétion. Mais La Vérité a décidé que les ennemis de ses ennemis sont ses amis et que changer le futur n'aura pas d'effet sur son passé. Les 3 membres de l'Escadron Étrange accompagnés de Ruby, toujours en période probatoire, s'enfoncent enfin dans les sombres sous-bassements de la capitale, éclairés seulement par leur lampes. Rapidement, ils se sentent observés et suivis. Ruby se met à gigoter son éclairage dans tous les sens, tentant, tout à la fois, de contrôler les murs, le sol et le plafond dans une danse rappelant un derviche alors que ses collègues avancent d'un pas déterminé.

Les couloirs succèdent aux couloirs ponctués par un puits dont le sommet donne sur l'extérieur et son étrange lumière bleutée. Du fond invisible remonte des remugles leur rappelant l'amibe gigantesque dévoreuse de déchets du professeur Ziclon. Ils pénètrent enfin dans les catacombes et leurs morbides décorations. Arrivée dans une grotte dont une coursive fait le tour, dansant toujours la gigue, la lumière de Ruby accroche des formes accrochées au plafond. Des dizaines de petits yeux rouges fixent les aventuriers et les Vampyres déferlent en piquet sur leurs proies. L'endroit ne permet pas la lutte et l'équipe fonce dans le tunnel en face qui sert de goulet d'étranglement à la horde. Une des grenades dont s'est équipé la Vérité règle efficacement la poursuite. Un peu trop efficacement d'ailleurs car le plafond s'écroule sur Aymeric tombé dans sa fuite. Ozie manque d'être enseveli alors qu’il lui porte secours ainsi qu'à leur nouvelle alliée mais finalement il arrive à s'en sortir en  les emmenant avec lui.

La longue marche reprend et ils arrivent dans le métro où les parisiens déambulent tranquillement vacant à leur tâche comme si la vie parisienne se déroulait à son habitude.

L'Escadron Étrange et son intérimaire sortent enfin à l'air libre et se dirigent immédiatement vers la tour Eiffel le plus discrètement possible. Le monument parisien est enclos par des grillages et faisant le tour, l'équipe remarque entre les 4 pieds de la tour, un local carré d'où partent d'énormes câbles qui montent vers le sommet. Ils remarquent surtout, interloqués, 4 surhommes coordonnant les vigiles montant la garde dans l'enceinte. Un grand noir qui n'est autre que Makolé, le surhomme qui les aida lors de l'épisode avec Eischer. Une femme portant un bocal sur la tête en qui ils reconnaissent Sargassim, la reine de Bojador et Das Gasman, le parfum vivant et sosie d'Albert Roche. Ces derniers font le tour des gardes et en accueillent certains qui sortent de l'ascenseur caché dans un pilier du monument. Nos héros sont tentés de les approcher, espérant une coopération de leur part mais restent dans l'expectative car au premier étage de la tour, les rayons produits par John Lestrange accrochent une forme humaine miroitante. L'Astronome sans nul doute. Alors qu'ils tergiversent une forme traverse le ciel dans un bang supersonique et un surhomme nordique habillé à la mode paléolithique et faisant tournoyer un marteau se pose avec 3 autres personnes qu'il cornaquait. Donar, Loreleï (qui n'est toujours pas morte), Carnaki et une femme inconnue viennent prendre la relève de la Tour Eiffel au grand désarroi des aventuriers.

À suivre

samedi 22 août 2026

La Brigade Chimérique - Futur antérieur


Ressortant du poste de pilotage, Ozie croise le Maharaja de Kapourtala qui, d’une voix toute féminine, s’enquiert de la situation et propose quelques aides. L’androïde lui brosse un très rapide bilan de la situation et file, sans plus d’attention, à la recherche de son compagnon, le Premier Soldat de France. Fort heureusement, peu de soldats de Druuzo sont tombés sur le bateau et il a tôt fait de mettre à terre l’insectoïde qui s’acharnait sur une porte de coursive. Derrière il retrouve Albert Roche. Ce dernier, ayant retrouvé un membre martial de l’Escadron Étrange, est déterminé à nettoyer le bateau de la vermine d’outre-espace. Le Maharaja, caché dans les ombres, leur emboîte discrètement le pas.

Aux commandes, Aymeric entend le message du sur-homme volant tout de jaune et bleu vêtu. Celui-ci leur demande de les suivre jusqu’au prochain portail qui les conduira dans un futur où le monde a sombré. Là il leur faudra le délivrer afin qu’il les reconduise dans leur temporalité. Aymeric, endossant son rôle de la Vérité au sein de l’Escadron, secoue l’équipage et le capitaine sidérés et leur demande de pousser les machines à la poursuite de l’éclair jaune et bleu qui, luttant contre des soldats druuziens lui tombant dessus, les mène vers le prochain passage spatio-temporel.

Albert et Ozie ne trouvant plus d’autres adversaires, ils décident d’aller inspecter l’intérieur du navire. Pendant ce temps le Maharaja rejoint ses 4 sbires et leur ordonne de fouiller les cabines vides à la recherche de quelques butins à défaut d'avoir trouvé ce qui les intéresse. À l’intérieur du navire, Albert et Ozie arrivent au salon pour y découvrir la masse des convives et des hommes d’équipage effrayés, attendant des instructions. La femme du président de la République Française est là, saine et sauve. Laissant Albert à la protection de tous ces humains, Ozie s’en va à la poursuite de Marin le marin parti après avoir entendu un cri de femme dans les entrailles du navire. Il découvre le marin au-dessus d’une femme étendue au sol, la main ensanglantée, balbutiant des propos décousus. Il bande sa main et l’automate reconstitue les propos de la dame. Alors qu’elle avait décidé de regagner sa cabine elle surprend un homme à l’intérieur de celle-ci. Il la bouscule et ferme la lourde porte sur sa main lui sectionnant les doigts. Ils la reconduisent au salon.

Albert s’ennuie dans le rôle de garde chiourme. Il décide d’aller lui aussi explorer le navire. Il découvre dans un couloir un des sbires enlacé dans la mort avec une créature extra-terrestre. Il électrocute la bestiole afin de ne prendre aucun risque . Plus loin, il découvre le corps sans vie de l’actrice Valentine Tessier, un couteau enfoncé dans la gorge.

Le bateau traverse à nouveau un portail. Le ciel couleur de sang laisse place à une nuit d’encre où nulle étoile ne luit. Aymeric fait un point sur le ciel. Effectivement, les astres nocturnes ont disparu.

L’équipe se retrouve. Le bateau erre dans une brume épaisse ne sachant sa position exacte. Soudain, une lumière point à l’horizon. Prudemment, le paquebot fait route vers elle. Il ne fait bientôt plus aucun doute qu’il s’agit d’un phare, indiquant le chemin de sa lumière verte ! Le phare au radium du Havre ! Voilà le vaisseau qui rentre au bercail mais sous d’autres cieux et un autre temps. Sur le pont Aymeric entend du bruit et quand il interpelle la personne, une jeune femme sort de sa cachette et lui demande de rejoindre le groupe de l'Escadron. Le héros, méfiant enjoint l'étrangère à regagner sa cabine.

Le Normandie accoste aux abords d’une ville réduite en ruine. Pourtant des hommes sortent de quelques bâtiments, lampe à la main et leur font signe. Soudain deux soldats insectes déboulent et les humains se mettent à l’abri dans une attitude toute militaire. Sur le pont, l’Escadron Étrange qui assiste à la scène, entre dans l’action. Aymeric use de son Radium gun, Albert lance des éclairs tel un dieu nordique réincarné et Ozie saute sur le quai 20 m plus bas sans attendre la passerelle. Les deux monstres étant décédés, l’automate accoste les indigènes.

Ces derniers se présentent comme la Dernière Résistance. Les autres membres de l'Escadron rejoignent Ozie pendant qu'en toute discrétion, la Maharaja s'entoure d'une boule de feu illuminant les environs, fait le tour du navire et va se poser derrière des bâtiments de la ville.

Après quelques échanges, les résistants acceptent de conduire nos trois héros à leur chef. Alors qu'ils déambulent le long des ruelles et des ruines du Havre, les aventuriers de l'Étrange apprennent qu'ils sont à présent en 1957. Le groupe de soldats locaux les font passer derrière un mur en trompe l’œil alors que la sournoise ombre qui les suit à distance depuis son atterrissage se retrouve gros jean comme devant dans la rue soudain déserte.

Les surhommes rencontrent le capitaine Mörs. Un surhomme allemand qui avec son vaisseau le Météore et son équipage furent pris dans une tempête chronale lors de son exploration du cosmos. Il nous conte alors l’Armageddon oublié. Cette tornade spatiale l'envoya juste après l'attaque de Druuzo et la prise de pouvoir de Jean Arlog devenu Empereur autoproclamé après avoir empêché l'invasion en englobant la Terre derrière un bouclier constitué des restes de la Lune. Il protège également Paris derrière un dôme et a capturé John Lestrange pour s'en servir d'éternel Soleil et de source d'énergie. Enfin, il a marqué tous les surhommes au Radium afin de contrôler leurs allées et venues. Mörs leur fait visiter les sous-sol de son QG où repose son vaisseau toujours utilisable mais mal en point et manquant d'énergie pour un voyage à travers l'espace et le temps.

Pendant ce temps, l'espionne arrive à trouver et passer le trompe l'œil mais se fait capturer par les troupes vigilantes des résistants. Après un interrogatoire où elle demande la confiance du capitaine et de l'Escadron Étrange. Très dubitatif au vu de ses agissements sournois et de son activité de voleuse avec sa bande sur le Normandie, elle finit par révéler que derrière son surnom de Ruby, se cache Lara Flinboyle et qu'elle est recherchée par de nombreux ennemis du fait de son hobby malhonnête. La Vérité qui reconnaît la sournoise du bateau, décidé de ne pas lui faire confiance mais nécessité faisant loi, ils décident de la joindre au groupe au vu de ses capacités et des circonstances.

Pénétrer dans Néo-Paris s'avère être une tâche ardue malgré le fait que les aventuriers ne peuvent être repérés par Jean Arlog puisqu'ils ne sont pas marqués au Radium. Mörs leur conseille avant toute expédition vers la capitale, de rencontrer l'Ermite qui dispose de plans permettant de rentrer dans la cité par les sous-sols non protégés par le dôme.

Une fois équipés, ils s'envolent à bord du météore qui après avoir survolé une campagne désolée et éternellement nocturne, les dépose à l'entrée d'une vallée envahie de fluide supernoir. Après deux jours de marche, guidé par les bras droits et gauche de Mörs, Terreur et Massacre (?), ils arrivent à une clairière où gît un stratogyre long courrier à l'état de carcasse.

En sort alors, un homme fatigué dont les épaules semblent ployer sous le poids de la fatalité et de la culpabilité : Le Nyctalope !

À suivre

vendredi 24 juillet 2026

La Brigade Chimérique - La mer d'alors et de demain


Le retour de l’Escadron Étrange en France ne se fait pas dans la liesse et sous les hourras. Ainsi va la vie des surhommes, un jour vous êtes acclamés, le lendemain conspués. Le C.I.D. leur ferme ses portes, l’armée française attend le moindre faux pas pour fondre tel le rétiaire vengeur et les journaux sensationnalistes en profitent pour faire leur choux gras en susurrant que le quatuor devenu trio serait traître à la nation. Le hangar où habitaient Aymeric et Jessica est réquisitionné par l'armée, les obligeant à prendre un logement au cœur de Paris. Son avion est aux prises avec une bataille juridique et administrative dans laquelle les militaires font les tatillons.

C’est dans ce contexte que se déroule tristement, pour les quelques personnes présentes, l’enterrement de Félix Dufaux au cimetière du Père Lachaise dans une atmosphère lourde de chagrin et de ressentiments.

Revient ainsi en mémoire le désert, le fort français, le cœur lourd devant le corps de Félix baignant dans son sang, tous les soldats français décédés et en même temps la joie d’avoir défait les forces mabusiennes et de s’être débarrassé des membres des Longs Couteaux. Jean Arlog leur parle de sa demande d’aide auprès du gouvernement français, son enlèvement, sa détention sous camisole chimique et au radium jusqu’à la venue de l’Escadron Étrange. Il réitère son soutien inconditionnel quant à la lutte contre Druuzo alors que le trio se remémore la mise en garde du voyageur temporel à son encontre : “Le sauveur de l’humanité et sa perte. L’apocalypse oubliée. Le tenir à l’œil.” Jean prend congé, invoque une tornade de sable qu’il chevauche, l’emportant au loin.

Mais à nouveau le présent s’impose à eux et chacun rentre chez lui pour trouver un paquet, le même pour les 3 équipiers. À l’intérieur, un globe de verre représentant la Lune avec à l’intérieur un message gravé. La lumière d’une lampe traversant le globe projette une poésie :

“Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Je sais les Cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les Ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai rêvé la Nuit rouge aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des Mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes, Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !”

Le message accompagnant le colis indique sans le moindre doute l’expéditeur. Monsieur Soleil les envoie à nouveau résoudre une énigme.

Qu'à cela ne tienne, les voilà partis. Les uns vers l'Institut du Radium pour s'entretenir avec le voyageur temporel et l'autre vers la Sorbonne pour trouver l'origine du poème.

La vue de la sphère cristalline n'émeut pas le vieillard d'un autre temps qui n'a rien de plus à dire. Si ce n'est un rappel crucial à propos de la balise en forme de ruban de Möbius qu'il leur a confié pour le jour "où le ciel sera rouge et que la pluie noire tombera".En aparté à Aymeric de Saint Sernin, il demandera en murmurant comment va "jay jay" ? Le contact de sa main sur l'épaule d'Aymeric provoquant chez ce dernier un sentiment de malaise indéfinissable.

De son côté Ozie fait des recherches avec la professeure de littérature de la Sorbonne. Le texte est d'Arthur Rimbaud.Il ne reprend que les strophes 1 - 8 - 10 du bateau ivre et comme à son habitude, M. Soleil a mis en exergue certains mots: Cieux - Ressac - Mer - Nuit.

Le trio se retrouve à leur QG du café du Radium, non loin de l'université. Les journaux font leur Une à propos du chantier de l'Atlantropa ainsi que du départ prochain du paquebot Normandie. Ce dernier équipé de moteurs au Radium doit effectuer une traversée jusqu'en Amérique en un temps record. Cet article sur le Normandie évoque à Aymeric le souvenir d'un tableau d'Escher qu'avait conservé feu Félix Dufaux. Ayant gardé l'ensemble des toiles, il va contrôler son intuition. Effectivement, une des étranges peintures de l'artiste montre un paquebot sur des flots déchaînés, sous une pluie battante, surplombé par une mystérieuse silhouette. Sur la proue du navire, en tout petit, le nom Normandie.

Les voilà sur une piste. Il faut embarquer, mais renseignements pris auprès de Julien Marenval, les places sont toutes réservées à des V.I.P. triées sur le volet et hors de question d'embarquer des surhommes. En effet la Compagnie Générale Transatlantique désire faire homologuer son record de vitesse et cela invalide la présence d'êtres issus de la superscience.

Mais il en faut plus pour arrêter la détermination d'Albert Roche et de ses camarades. Des appels sont lancés, des rencontres sont faites et au final des solutions sont trouvées. Le Pr Esclangon et sa secrétaire acceptent de laisser leur place au Premier Soldat de France et à François de Vaucanson à la condition qu'ils testent un nouveau dispositif de son invention. Grâce à Jessica Jane, Aymeric prendra la place de Georges Fennech, un journaliste de l'Humanité chargé du reportage de la traversée. Il consent à la substitution n'étant que très peu à l'aise sur les océans.

6 jours pour se préparer, se raser la moustache et surtout pour remplacer le casque d'Albert Roche par la dernière invention de l'astronome. Un globe au Radium permettant de projeter une image tridimensionnelle de la tête d'Eclangon. Un caisson hyperbare afin que la vapeur humaine ne soit dispersée et quelques ajustements sont nécessaires. Ainsi équipé, à part une légère lueur verte, Albert a retrouvé figure humaine même si ce n'est pas la sienne. Ozie, quant à lui, use de son pouvoir de métamorphose des visages pour copier celui de la secrétaire du professeur.

Les voilà le jour de l'embarquement, et il y a du beau monde. Mme Lebrun, la femme du président, l'écrivaine Colette, l'actrice Valentine Tessier et deux chanteurs Pills et Tabet attirent les regards et les objectifs des reporters de presse. Un Maharajah et ses 4 gardes du corps indiens retardent quelque peu leur montée à bord qui se passe sans problème.

On visite, Aymeric/Georges sociabilise, Albert/Esclangon organise prochainement une visite de la salle des machines. Mais au crépuscule le ciel devient manifestement rouge. Sur une intuition, Ozie va se poster à la proue. Sur le trajet du bateau, une déchirure dans l’éther se rapproche inexorablement. Au delà, un ciel écarlate et une pluie noire. Il saisit le Ruban de Möbius qu’il transporte dans son sac et l’active. Mais déjà le navire s’engouffre dans la déchirure.

De l’autre côté, ce n’est pas de la pluie, mais de monstrueux cocons qui tombent du ciel par myriade dans l'océan autour du navire. En sortent immédiatement des insectoïdes humanoïdes recouvrant la mer de leur multitude et tentant déjà de grimper le long de la coque. Mais la vitesse et les parois lisses les en empêchent pour l’instant.

Ozie se précipite alors vers la passerelle où Albert l’a devancé. Ce dernier tente de convaincre le jeune capitaine de sa vraie identité de Premier Soldat de France. On lui intime l'ordre de quitter les lieux et le voilà en train de se défroquer à la hâte sur le pont afin de révéler son état de surhomme gazeux et d'avoir l'oreille du commandant. Il lui demande de surtout ne pas couper les moteurs et d'avancer bon train quand deux bangs métalliques font vibrer la carcasse du navire. Deux cocons sont tombés sur le pont supérieur. Albert et Aymeric vont contenir l'abordage tandis que l'automate arrive sur la passerelle. Tombant son déguisement devant un capitaine qui commence à douter du sérieux de ce voyage, il explique aux auditeurs incrédules le portail dimensionnel par lequel ils sont passés, proposant de faire demi-tour afin de le reprendre pour sortir de cette dimension. Les officiers de navigation indiquent que la nouvelle position des étoiles est cohérente avec un bond dans le temps équivalent à 1 mois. Ces derniers commencent à faire le point et des calculs d'itinéraire guidés par Ozie afin de rejoindre le passage temporel.

C'est la merde à bord ! Alors qu'Albert et Aymeric affrontent les deux envahisseurs de 2 mètre 50, le paquebot entame son virage et ce faisant ralentit. Les deux surhommes, tout en esquivant les crachats hautement acides des êtres venus d'ailleurs, se rendent compte que la perte de vitesse permet à la foultitude chitineuse encore à l'eau, de grimper le long des parois.

Aymeric fonce alors vers la passerelle, laissant seul, derrière lui, un Albert interloqué. Ce dernier se réfugie dans une coursive dont il referme la porte étanche. Aymeric arrive sur la passerelle et avisant la manette des gaz la pousse à fond sous les cris du capitaine qui se dit que c'est vraiment n'importe quoi.

Sous les jets acides, le mécanisme de fermeture de la porte se ramollit petit à petit alors que dans le ventre du navire retentissent de plus en plus les bruits de panique des passagers. Sachant Albert seul, Ozie quitte le poste de commandement, sa tâche terminée, afin de venir en aide à son ami.

Soudain, face à la verrière de la passerelle se détache du ciel pourpre une silhouette humaine flottant dans les airs. Ses yeux rougeoient et deux raies en sortent venant trancher des insectoïdes montés sur le pont. Le surhomme fait alors signe de le suivre indiquant vouloir les mener vers le portail dimensionnel.

À suivre.


samedi 18 juillet 2026

La Brigade Chimérique - Le Premier Surhomme


Prenant le large et la tangente par rapport à la place forte française, les membres de l’Escadron Étrange se réfugient au fond d’une petite déclivité du terrain à quelques centaines de mètres de leur objectif. Ils y établissent leur camp et un poste d’observation tenu par le Premier Soldat de France. 2 séismes mineurs, comme des tressautements terrestres se font ressentir à quelques heures d’intervalle.

Sur les tours de guet du mur d’enceinte, 9 mitrailleuses accompagnées de leur projecteur, chacun étant manié par 2 militaires. Une seule porte d’entrée en métal gardée par 2 soldats pendant qu’une patrouille de 4 surveillent les alentours du bâtiment. Des ouvriers berbères sortent de l’endroit en même temps qu’un camion. L’engin file sur le sentier s’éloignant du fortin alors que les hommes se dirigent vers un côté de la muraille où est posé un échafaudage. Ils commencent à réparer une lézarde sur le mur.

Entrer et sortir de là vivant sans heurter les militaires ne va pas être une mince affaire pour notre quatuor, fut-il surhumain.

Au crépuscule, les aventuriers de l’étrange décident d’aller inspecter le géant de gravats surplombé de son globe terrestre. Après une heure de marche, les voici sous la statue de 4 mètres de haut flottant à quelques mètres du sol. Ici, la gravité semble moindre et des cailloux flottent librement. Ozie saute sur le colosse et entame l’escalade du monument. Il constate tant pour la statue que pour le globe sur lequel il grimpe également qu’ils sont effectivement constitués de pièces de maçonnerie disjointes et qu’à l’intérieur, il n’y a que du vide. De son côté, Félix tente une lecture d’esprit sur la construction mais quelque chose se passe mal et il pourrit sur place, sa peau prenant un vilain aspect et dégageant une odeur rappelant le cadavre. Il semble être aussi surpris que ses camarades. Son séjour à Shamballa l’a chamboulé visiblement.

Ils repartent donc, pas plus avancés, et convaincus que seul l’intérieur du fortin leur apportera les réponses nécessaires. Chemin faisant, ils élaborent plusieurs stratégies. Arrêter le camion à son retour afin de s’en servir comme cheval de Troie. Franchir le mur grâce à l’échafaudage et au grappin d’Albert Roche. Utiliser les dons d’Aménosis II pour se camoufler dans une tempête de sable. Mais le camion est déjà de retour et les dépasse au loin sur la piste et revenus au camp, rien ne va plus, les ouvriers démontent l’échafaudage. Le seul point positif, la porte du fort est ouverte. Il faut agir vite, Aménosis II invoque la tempête et une petite tornade de sable vient tournoyer à l’entrée du fort, occultant la vue des tourelles d’entrée. Ozie, Aymeric et Félix se précipitent tandis qu’Albert reste figé sur place. Inconscient de cette mystérieuse sidération, Ozie et Aymeric passent dans le voile de sable et pénètrent dans la place. Mais malheureusement Félix n’est pas assez rapide et se fait faucher par une rafale de mitrailleuse qui le cloue au sol, au milieu de la sente devant le fort.

Déboulant dans la cour intérieure de la base, Ozie avise deux soldats, au milieu, sous le mat portant drapeau français. Il leur fonce dessus alors qu’Aymeric se faufile jusqu’à une porte, pénétrant dans le couloir courant tout autour de la place forte. Nos héros sont toujours décidés à  n'occire aucun soldat français.

Albert Roche se réveille à nouveau dans son corps après avoir été mitraillé dans celui de Félix. Pas le temps de s’appesantir sur cet échange de corps, le Premier Soldat de France s’élance à la poursuite de ses camarades alors que le corps pourrissant de Félix git toujours sur le sable.

Alors qu’Ozie envoie ses deux adversaires au pays des songes, Albert arrive et emboîte les pas d’Aymeric qu’il a aperçu pénétrer dans le fort. Ils avisent un plan des lieux et remarquent au delà du garage une salle de climatisation au dimension exagérée. L’alarme est donnée. Ils avancent jusqu’au garage et Albert perçoit, dans la cour, un détachement sortant d’une porte prêt à tirer sur Ozie. Il les électrise. Ces derniers se replient comprenant qu’ils ont affaire à un surhomme. Pendant ce temps Aymeric contemple médusé une bouche d’aération de taille démesurée. Il ouvre la grille grâce à son radium gun et s’engage dans l’énorme conduit.

Dans le même temps, l’automate s’échappe de la cour en entrant à l’intérieur du fort pour se retrouver devant une porte marquée “Zone X”. Intrigué, il dégonde la porte, entre dans une salle entièrement vide et prend le temps de remettre la porte d’acier de force en place. Puis il emprunte le plan incliné descendant qui se présente à lui.

Dans son conduit, Aymeric est dans l’expectative. Ce tunnel plongeant vers le bas ne lui dit rien qui vaille. Il préfère rebrousser chemin.

Albert Roche se dirige vers l’armurerie afin d’emprunter un peu d’équipement.

Un peu plus loin, Aymeric arrive devant la deuxième porte de la Zone X. Utilisant son arme comme clef, il pénètre à son tour dans la pièce vide et descend.

En bas, Ozie débouche sur un couloir où s’ouvrent deux énormes bouches d’aération. Au fond, il entraperçoit une porte d’acier rapiécée mais sa vue est masquée pas une espèce de vapeur verdâtre. Tout à coup sa vision s’éclaire juste pour voir derrière cette curieuse vibration de l’air 4 soldats autour d’une mitrailleuse. Celle-ci entre en action, Ozie se prend deux bastos et se met à couvert.

Pendant qu’Albert fait provision de grenades, Aymeric rejoint Ozie qui lui explique la situation. L’aventurier-journaliste prend son temps pour viser à travers le voile verdâtre et le trait de son arme vient faire fondre le mécanisme de la mitrailleuse. Ozie fonce alors sur les 4 militaires et à eux deux ont tôt fait de les envoyer dans les bras de Morphée. Ils se tournent alors vers la porte en patchwork de métal.

À l’étage, Albert se frite avec les agents de l’état. Ces derniers utilisant de façon sournoise un bureau comme bouclier mettent le Premier Soldat de France en difficulté. Se vautrant sur le meuble en tentant de le franchir, il semble à leur merci mais il en faut plus pour l’abattre et il prend rapidement le dessus, repoussant la soldatesque clairement impressionnée.

À la cave, derrière la porte métallique dûment forcée, Ozie et Aymeric découvrent une grotte naturelle au bout d’une rampe menant à un laboratoire. 4 humains habillés de tenues de protection complètes les attendent les bras déjà levés au dessus de leur tête. Sur un siège, attaché, un homme contenu dans une camisole visiblement au radium du fait de son rayonnement verdâtre, les salue. Des questions sont posés et les scientifiques apeurés restent quasiment muets se dédouanant pour le traitement de leur patient derrière les ordres donnés par la nation française. Le détenu par contre se présente comme Jean Arlog, le surhomme le plus puissant du monde. Le géant de pierre et le globe dans le désert étant une sorte de signature. Mais avant que les autres mystères de cette aventure puissent être éclairés, des détonations retentissent à l’étage et Jean Arlog, semblant concentré sur le plafond, leur demande de le délivrer  s’ils comptent survivre. Aymeric s’exécute. L’homme paraît très sûr de lui ou imbu de sa personne mais peu vindicatif, ignorant totalement ses geôliers.

De Saint Sernin file à l’étage, Ozie récupère des notes de scientifiques et accompagne Jean qui monte un peu péniblement la rampe vers la liberté et les ennuis.

À l’extérieur, le fort est attaqué par le ciel. Deux zeppelins noirs déversent dans la cour, au bout de filins, des crânes mabusiens ainsi que les membres des Longs Couteaux. Les soldats français se font décimer. La Lorelei et l’homme à la tentacule nasale accompagnent les crânes tandis que Pharaonx s’enfonce et disparaît dans le sol.

Albert Roche qui avait commencé à riposter à la grenade croise la route de Hein Class, l’homme à la tentacule lui sortant du nez, qui lui intime mentalement de poser son sac et que toute cette situation est bien dérisoire. Le Premier Soldat de France devient du coup un spectateur non concerné par le massacre de ses compatriotes.

Aymeric arrive pour assister au débarquement aérien suivi de près par Jean Arlog dont l’énergie semble revenir en lui à toute vitesse, Ozie à ses côtés. Le surhomme attire l’attention sur les zeppelins. Aymeric tente de les abattre au radium gun mais ils sont blindés.

Ozie se dirige vers l’armurerie et dépasse un homme sans uniforme ni allemand, ni français. Présumant un membre des Longs Couteaux il lui envoie une mandale. L’homme se trouve être Hein Class qui lui intime l’ordre de l’ignorer. Ozie continue alors son chemin et croise un Albert bras ballants. Surpris par son inactivité, il l’invective tout en s’équipant d’une mitrailleuse et les rubans de cartouches qui vont bien. À ce moment le visage de Pharaonx apparaît sur une partie métallique du couloir. La porte de l’armurerie se tord et enferme l’automate à la grande surprise d’icelui. Albert sortit de sa torpeur s’empare d’une grenade pour le libérer mais déjà Ozie a arraché porte et chambranle. Albert se débarrasse de son explosif sur des hordes teutoniques.

Aymeric rencontre un groupe d’une quinzaine de mort-vivants teutons. L’aventurier tombe sous leur feu nourri.

Jean Arlog tend la main vers les deux zeppelins qui tournoyaient de concert au-dessus du fort alors qu’Ozie mitraille la Lorelei restée dans la cours et qui s’écroule sans avoir jamais pu faire montre d’un quelconque pouvoir. En retour il se prend un tir du sniper des Longs Couteaux qui depuis quelques temps déjà massacre à distance tout en restant planqué sur les toits.

Ozie se met à l’abri juste au moment où Jean Arlog les met en garde. Sous l’effet de son immense pouvoir, les deux engins volants se sont inexorablement rapprochés et se percutent dans un immense bruit de taules froissées et s’écrasent sur le fortin.

Au côté d’Albert, Ozie entend des grognements dans le couloir. Umink, l’ours bidouble approche en tenaille. Mitrailleuse au bras, Ozie attend l’un des plantigrades pendant qu’à l’opposé, Albert jette deux grenades au jugé derrière le  coin d’où il est proche. Une explosion suivit d’un gémissement guttural. Pharaonx apparaît non loin d’Ozie et tord son arme. Albert passant le coin du couloir découvre un ours partiellement brûlé alors que l’autre moitié de la paire fonce sur Ozie qui lâchant son arme l’attend de pied ferme. Albert, bien vénère, électrise son adversaire avant que ce dernier puisse se ressaisir. Jean Arlog apparaît au bout de la coursive. L’ours tombe et se transforme en humain. Ozie crie à Jean “Pharaonx” en lui désignant le pharaon de métal, alors que le deuxième ours lui saute dessus… et s’évanouit en fumée. Jean Arlog tend la main, Pharaonx hurle, se tord, se distord et éclate en milliers d’aiguilles de métal.

Puis le surhomme fixe le ciel où un troisième dirigeable noir s’enfuit au loin. Il se concentre et l’engin volant explose.

Ozie va au secours d’Aymeric qui s’en sortira grâce à son facteur de régénération puis se rend auprès de Félix. Le sang de ce dernier a nourri le désert et son corps pourrissant n’est plus qu’une coquille sans vie. La malédiction dont il était victime s’en est allée à jamais. Ses dernières aventures resteront dans les mémoires tant elles furent héroïques et empreintes d’actions d’une ampleur rarement atteinte durant son parcours d’aventurier.

Le reste de l’équipe s’entretient avec Jean Arlog au sujet de la menace Druuzo. Il dit effectivement avoir perçu des troubles gravitationnels aux confins du système solaire. Un rapide résumé de la menace lui est fait et il assure de tout son soutien pour protéger la planète et l’humanité.

À suivre

N.B. : Dufaux n’était pas le vrai. En effet, revenu de Shamballa, l’esprit qui habitait le corps de Félix n’était pas Aménosis II mais un sombre esprit retors qui devait saboter la mission de L’Escadron Étrange. N’ayant pas les mêmes pouvoirs que l’original, cet esprit sournois s’il en est, afin que point on ne le soupçonna, enchaîna les actions d’éclats de façon inattendue. Jamais ses amis rien ne soupçonnèrent et hommage solennel lui fut rendu sur sa tombe. Quand à l’âme de Félix/Amenosis II, peut-être réside-t-elle encore en Shamballa ?