samedi 10 octobre 2026

La Brigade Chimérique - Dans la nuit personne ne vous entendra brailler


Alors que Ruby se pose sur le toit du premier étage de la tour Eiffel avec un John Lestrange décharné et très affaibli, Ozie songe qu'il est temps de se barrer prestement. Les lumières de la ville s'éteignent en cascade faisant place à une obscurité d'encre qu'aucune lune ou étoile ne vient percer. Il ramasse un Premier Soldat de France bien dégonflé, lui noue les bras autour de son cou, place John Lestrange sur son épaule et saute par dessus le rebord de la plateforme direction l'intérieur du premier étage. Malheureusement, mauvais calcul et il se retrouve suspendu dans le vide par un bras au balcon. Ruby vient se poser sur le même balcon alors qu'à l'intérieur de la salle de contrôle se relèvent 4 gardes encore un peu décontenancés.

Aymeric de Saint Sernin se dirige à tâtons vers l'ascenseur quand soudain un éclair déchire l'obscurité absolue qui les enveloppe préfigurant l'approche de Dönar. Ruby commence le combat contre les 4 adversaires tandis que l'Automate parvient à grimper sur la passerelle. Il abandonne John en sûreté pendant qu'Albert reprenant contenance se dénoue de son cou. Ainsi libéré Ozie attaque au corps à corps les miliciens. C'est la bagarre et les 4 soldats sont rapidement éliminés. Ozie récupère une de leur paire de lunettes ce qui lui permet de percer quelque peu la noirceur impénétrable du partout pendant que ses camarades galèrent pour se déplacer malgré les éclairs qui fusent et se rapprochent.

D'ailleurs La Vérité, de son côté, entame, dans le vide, la descente le long de la structure de la dame de fer et repère la lueur des lunettes de deux gardes qui se dirigent vers le pelouse aux pieds de l'édifice.

À l'étage, on songe à se carapater dare-dare quand un bruit lourd retentit sur le toit. Immédiatement un éclair embrase les rétines et une forme humaine descend en ombre chinoise le long de l'arc électrique. Taillé en armoire normande avec une peau de bête sur le dos, son marteau tendu devant lui, Dönar compte les soumettre silencieusement. La balle que Ruby tire rebondit sur un pectoral semblant d'acier. Quand Albert lui décoche un éclair, un mouvement ultra rapide et le Dieu Nordique indemne semble ne pas avoir bougé. Ozie attaque, espérant ouvrir un chemin de fuite pour ses compagnons. Usant de son redoutable art du combat indien, il blesse la divinité surprise qui réplique immédiatement par un coup de sa masse électrique. L'automate s'en va s'écraser à l'autre bout de la pièce comme un pantin désarticulé, les lueurs habitant ses yeux mécaniques s'éteignant doucement. Alors que tout semble perdu face au surhomme cosmique, celui-ci s'envole. Les valides ramassent leurs camarades incapacités et entament la descente par l'escalier.

Aymeric de son côté parvient au bas de la tour, suit péniblement les deux gardes et passe à l'attaque. Les prenant par surprise, il les foudroie de son pistolet radiant mais, au moment où le dernier tombe, un énorme éclair s'abat non loin. Il perçoit une forme derrière les grilles ceignant l'œuvre d'Eiffel. Elle s'avance, le marteau tendu en avant faisant fi de la grille qui fond à son contact. Un ordre parvient en Allemand et Aymeric se met à genou. Dönar le domine et La Vérité tente une négociation avec le surhumain dont l'intelligence semble résider dans son outil. Mais Le nordique cosmique qui craint visiblement la colère à venir de Jean Arlog assomme violemment le membre de l'Escadron Étrange.

Le reste de la compagnie arrive vers le pied de la tour. Ozie commence à rebooter et Albert demande à Ruby de trouver une cachette pour elle et John Lestrange, pendant que l'androïde et lui vont rejoindre Aymeric et se rendre aux autorités. L'important est que John puisse se requinquer afin ensuite de venir les délivrer des griffes de l'Empereur s'ils ne sont pas arrivés à le faire revenir à la raison.

C'est alors que d'énormes morceaux de construction commencent à s'écraser sur la pelouse et dans Paris. Simultanément la terre commence à trembler et le sol de se déchirer dans la capitale. Le dôme protecteur part en brioche, Jean Arlog pique sa crise et Druuzo attaque. Dönar perturbé par la situation et la colère de l'Empereur s'envole. Ozie et Albert rejoignent La Vérité toujours étendu au sol et finalement Ruby les rejoint avec John.

Les parisiens fuient de toutes parts et nos héros se mêlent à la foule. Durant le trajet, La Vérité reprend conscience et tout ce petit monde se dirige vers une des portes permettant de quitter la cité alors que les séismes redoublent et que des pans entiers de maçonnerie tombent des cieux. Les parisiens sont massés devant la porte qui est à peine entrouverte, faussée sur ses gonds, ne permettant le passage que d'une personne à la fois. Ozie passe la radio à Aymeric lui demandant de contacter le capitaine Mörs et part avec Albert pour aider des quidams tentant d'ouvrir le passage en entier.

Mörs leur donne rendez-vous aux Buttes Chaumont puis La Vérité usant de son rayon libère le passage vers l'extérieur. Les surhommes s'engouffrent avec la foule, Ozie conseillant aux fuyards de rejoindre le Havre.

Aux Buttes le Météor les rejoint et déjà John Lestrange a

récupéré ses moyens. Durant leur voyage, il leur explique que tout ce qui vient du passé doit repartir dans le passé et leur demande surtout d'allumer la balise afin qu'il puisse les repérer. Cet événement ayant déjà eu lieu, nos aventuriers se rendent compte que la gestion des paradoxes temporels est une tâche bien complexe.

Arrivé au Havre, il recharge le moteur temporel du vaisseau du capitaine Mörs puis après des adieux empreints d'une virile émotion, il s'envole vers d'autres missions.

Les jours suivant sont rythmés par l’ingénierie des moteurs du Normandie pour les coupler au moteur du Météor afin de le ramener à son époque avec tous ses passagers. Cette tâche est menée par Ozie et Jean Hasard, l'ingénieur en chef du navire et spécialiste de sa machinerie au Radium. La Vérité et le Premier Soldat de France s'occupent de rassembler tous les passagers et l'équipage descendus à Terre. Ils somment également Ruby de leur remettre le dernier sbire encore en liberté de son gang de voleurs.

L'aigrefine s'exécute en traînant les pieds, en évitant le plus possible de s'impliquer et d'être repérée. Le bandit est arrêté et coffré en cellule mais Ruby disparaît ce qui n’accroît pas la confiance des membres de l'Escadron.

Finalement, tout est prêt. Le capitaine Mörs débute le compte à rebours, appuie sur le gros bouton rouge enclenchant ses chrono-moteurs et c'est le retour vers le passé. Le Météor repart sans ambages, laissant le navire exactement là où il avait disparu avec 5 minutes de décalage. Le record est encore à portée et le capitaine met le cap vers New-York à plein régime.

Aux Amériques, la mission confiée par l'Institut du Radium fait chou blanc et c'est le retour vers le Vieux Continent avec un record homologué après quelques démêlées juridiques.

Arrivés à Paris, les membres de l'Escadron Étrange, que les nouvelles ont précédées, sont accueillis en héros, la vindicte précédente magiquement disparue même si la liesse est entachée par l’inquiétude de la menace imminente de Druuzo.

Une nouvelle fois, il est demandé à Ruby de s'engager auprès de l'équipe mais elle rechigne à quitter la clandestinité et dévoiler ses activités. Aymeric qui se méfie toujours décide de la prendre en photo et son appareil prend feu. C'est vrai que la demoiselle à aussi ce pouvoir-là. Tant pis, il est décidé qu'on l’appellerait en cas de besoin.

Des rapports complets sont faits par nos 3 héros auprès du C.I.D. qui se propose de réparer l'armure d'Albert, ainsi qu'auprès de l'Institut du Radium. Un article expurgé des données les plus angoissantes et propres à semer la panique, est offert à Julien Marenval et aux pages de l'Exelcior ainsi qu'à Jessica Jane, journaliste à l'Humanité.

samedi 19 septembre 2026

La Brigade Chimérique - Du rififi à la tour Eiffel


Face à l’adversité, nos héros décident de faire profil bas aussi longtemps que nécessaire en observant longuement les rotations des équipes de surveillance. L’objectif est de faire preuve de diplomatie et de tenter d’amener à leur cause certains surhommes tel que Makolé, la reine Sargassim ou Das Gasman. Albert Roche pense que dans ce groupe certains « leurs en doivent une » et qu’il sera plus aisé de les convaincre.

Aussi, Ruby et Ozzie restent aux alentours de la tour Eiffel pour observer les rotations des gardes alors que Aymeric et Albert s’en vont batifoler de nuit en ville afin de retrouver certains contacts. Ruby leur demande de chercher s’il n’y aurait pas une résistance à l’empereur qui agirait dans l’ombre !

Aymeric et Albert errent dans un Paris quelque peu changé d’un point de vue architectural, laissant apparaître les goûts douteux du despote local. Mais leurs errances s’avèrent infructueuses. L’ancien immeuble de Jessica Jane n’est plus et aucun nom n’évoque la dulcinée d’Aymeric. L’observatoire où œuvrait le professeur Esclangon est maintenant un bâtiment d’habitations, la coupole d’observation a disparue n’étant plus utile. Le repère de nos héros, “la camomille au radium » est toujours là, la façade reconnaissable quoique rafraîchie. Aymeric et Albert décident d’y revenir en journée afin d’y glaner, peut-être, des informations. La fatigue se faisant sentir chez le pourtant courageux romancier, nos compères décident de retourner auprès de leurs compagnons afin de réunir leurs maigres informations et se reposer.

Pendant qu’elle se promène discrètement en observant les alentours, Ruby est légèrement bousculée par un quidam d’aspect anodin qui s’excuse avant de continuer son chemin sans se retourner. Au sol, l’homme semble avoir laissé tomber un papier que Ruby s’empresse de ramasser avant même d’avoir vérifié si ce n’était pas un mouchoir plein et sale. Heureusement pour elle, il s’avère que le papier est un plan très détaillé du premier étage de la tour Eiffel ! Elle en fait part immédiatement à Ozzie et ils étudient le plan tombé fort à propos, tout en continuant d’observer les allées et venues de la garde de la tour Eiffel. Ils constatent qu’au petit matin tous les surhommes (et femmes) quittent le site, le laissant à une garde renforcée de sentinelles.

Après un peu de repos, et jugeant qu’ils ne reverraient pas de surhomme avant la soirée, l’Escadron Étrange retourne vers la camomille au radium en faisant un crochet par l’institut où ils espèrent sans trop y croire, trouver Irène Curie. Leur déception est profonde, aussi profonde que le cratère météoritique qui à détruit l’institut et qui est laissé béant, comme un signal aux éventuels résistants de ce dont est capable Arlog.

Le gérant de la Camomille au radium reconnait nos héros passé un moment de réflexion et invite Aymeric derrière le comptoir où il lui montre des avis de recherches aux noms de nos héros (excepté Ruby) datant de vingt ans, avec des promesses de récompenses colossales pour leur arrestation. Il confirme aussi que la destruction de l’institut du radium est le fait de l’empereur (qu’il appelle « l’autre »).

Le quatuor retourne à sa surveillance du site de la tour Eiffel, et les heures s’allongent tant il ne se passe rien. Ils attendent toujours de voir si les rotations des équipes de surhommes sont toujours les mêmes.

Enfin, à 16 heures, surgit Donar qui dépose Makolé, la reine Sargassim et Das Gasman. Le système de rotation des équipes semble rodé et toujours le même. Ruby, fine observatrice, aperçoit alors un être brumeux apparaître, parler à l’oreille du Viking puis disparaître de nouveau. Les membres de l’Escadron Étrange en déduisent qu’il doit s’agir de Mr Rien. La menace invisible est donc bel et bien sur le site. L’Escadron Étrange décide, lorsque Donar est reparti, d’interpeller l’un des surhommes. Albert porte son choix sur Makolé et le caillasse discrètement pour attirer son attention, lui faisant signe de faire silence lorsque celui-ci aperçoit l’équipe. Reconnaissant Aymeric, Makolé s’approche du grillage d’enceinte inquiet et est surpris de voir l’Escadron Étrange devant lui. Nos héros expliquent franchement leurs objectifs, sans cacher les conséquences pour les Néo-Parisiens s’ils enlèvent John Lestrange, Aymeric arguant que, tout comme dans le monde des rêves, Makolé peut agir sur ce présent. Il réfléchit et décide d’aider notre équipe. A minuit, au lieu de profiter du Donar express il s’en va à pied, suivi à distance par l’Escadron Étrange. Dans une rue isolée il propose son plan. Il faudra pour cela attendre le lendemain et l’arrivée de son équipe, afin de lui laisser le temps de monter au premier étage de la tour pour couper les systèmes de surveillances qui truffent les couloirs. Ensuite, à l’heure dite, il créera un tumulte afin de leur laisser le temps de sauter le grillage et de se précipiter vers les escaliers menant aux étages.

Encore une longue journée à attendre.

Ruby déleste un passant de ses économies et rentre dans une boulangerie pour acheter du lait et le fameux jambon beurre Parisien afin qu’elle puisse, en compagnie d’Aymeric, reprendre des forces. Son accent British, et ses explications confuses quant à sa présence à Néo Paris ne semblent guère convaincre l’aimable boulangère.

Enfin rassasiée et désireuse de rencontrer Mistinguett, elle guide ses compagnons jusqu’au Moulin Rouge. Son code secret pour rentrer par l’entrée des artistes semble obsolète de 20 ans, aussi l’équipe attend l’heure d’ouverture au public pour prendre l’entrée principale.

Malheureusement Mistinguett fait partie des nombreux bannis par l’empereur, et l’équipe de gestion du célèbre lieu semble pressée de complaire aux autorités locales. Ayant le nez creux et de l’expérience Aymeric, Ozzie et Albert quittent rapidement les lieux. Ruby, malgré sa propension à se protéger de tout reste naïvement assise, avant de comprendre qu’il serait plus sage de suivre les pas de ses camarades.

La journée s’étire, le groupe épuisé par l’inaction se chamaille presque pour des bouteilles de lait consignées et l’achat de nouveaux sandwiches. Albert décide de faire les courses pour Ruby et Aymeric qui tergiversent à coup d’excuses pathétiques.

Enfin ! A l’heure dite, Makolé, à l’autre bout de la zone appelle ses comparses à l’aide. L’Escadron Étrange saute la clôture, grandement aidé par la force physique d’Ozzie, et monte à l’assaut du premier étage de la tour Eiffel avec autant de discrétion qu’il leur est possible.

Ils se dirigent au centre de l’édifice où se trouve la salle de contrôle. En pénétrant dans la salle, ils aperçoivent deux sentinelles non armées et occupées sur des terminaux. Ruby fait des signes discrets laissant comprendre que quelqu’un armé d’un pistolet devrait avancer discrètement pour assommer une sentinelle. Ozzie indique qu’il se charge de la seconde sentinelle et intime d’un geste Ruby de s’occuper de l’autre. Celle-ci semble quelque peu décontenancée, sans doute pensait elle plutôt que ce serait Aymeric et non elle qui irait au charbon.

Grace à leur discrétion et leur agilité formidable, les deux comparses s’approchent sans bruit de leurs victimes, Ozzie se débarrasse promptement de son adversaire d’un atémi sournois à la tempe, alors que Ruby constate que la crosse d’un pistolet n’est pas aussi efficace qu’elle le pensait. Son adversaire tombe néanmoins à genoux. Ozzie, dans une glissade magistrale suivi d’un coup de pied remontant à la glotte, achève le travail. Il se penche aussitôt sur la console afin de voir comment contrôler le bazar et libérer, là-haut, John Lestrange. Aymeric s’approche à la recherche du fameux gros bouton rouge qui coupe tout, mais il y a plein de gros boutons, et pas tous d’un rouge franc. Il hésite.

Albert, resté en arrière pour surveiller, entend puis voit quatre sentinelles pénétrer dans la pièce. D’un geste il intime l’ordre à ses comparses de se cacher. Tout le monde obtempère mais Albert, maladroit, percute la console, signalant sa présence. Il lui est ordonné de se montrer, aussi obéit-il à l’ordre. Aymeric, prenant l’ordre pour lui se montre aussi, créant la confusion dans l’esprit des sentinelles qui ne s’attendaient pas à une réunion aussi importante. Jugeant que le moment n’est pas aux palabres çà part à la filoche et les sentinelles sont promptement vaincues. Ozzie, retourné à la console constate qu’un important flux d’énergie est dirigé vers « le bureau du maître », pièce où ils avaient vu apparaître furtivement l’Astronome, le fameux « ami » de l’Escadron Étrange, lors de leurs surveillances des jours passés.

Alors qu’ils pénètrent dans la pièce, Ils voient une machinerie émettant une puissante lumière bleue, d’où part un conduit qui monte et semble se diriger jusqu’à l’étage où se trouve John Lestrange. Une voix leur intime l’ordre d’entrer. Aymeric, Ozie et Ruby agissent alors bizarrement, abandonnant leur méfiance et s’installant sur les canapés de la pièce. Albert ne semble pas pris de cette passivité subite, mais feint de l'être, prend le temps de refermer la porte derrière lui puis s’assoit à son tour.

S’ensuit un échange avec l’Astronome, curieux de connaître les raisons de leur présence ici. Les héros expliquent sans détour comment ils sont arrivés en ce lieu et en ces temps, lui signalant que c’est un de ses messages cryptiques, en 1937, qui les conduisit ici, en premier lieu. L’Astronome cherche à savoir leurs motivations profondes, semble comprendre leur soif de retourner dans le passé pour défaire Druuzo et sauver TOUTE la planète. Il est moins satisfait des motivations de Ruby qui n’a que seul désir de retrouver son époque. Albert la défend, n’étant que récemment, et peut être temporairement membre de l’Escadron Étrange, et n’ayant pas tout leur vécu et les connaissances de la situation. La Vérité usant de plus de psychologie lui rappelle qu'il s'était quand même adressé à eux en “ami" et que cette réalité pouvait être corrigée grâce à lui.

Alors qu’un tumulte se fait entendre à la porte, l’Astronome, visiblement convaincu montre le tuyau qui sort par le plafond de sa pièce et les presse d’agir.

Ruby se précipite vers le petit balcon extérieur qui s’avère sans issu sauf à grimper sur le toit. Albert prend le même chemin et entend l'homme de verre crier "Gospodine Nitchevo, non" mais trop tard, il perçoit un mouvement brumeux dans son dos et un poinçon est planté à un point charnière de son armure. Albert commence à perdre ses gaz par le trou pratiqué. Néanmoins, le Premier Soldat de France, balance une décharge électrique par-dessus son épaule et le dénommé monsieur Rien, en prend comme aux boules et s’effondre, mal en point. Albert s’occupe ensuite de contenir la fuite mais il se rend compte qu’il lui faudra ses deux mains s’il veut être efficace. Il tente de passer sur la terrasse extérieure, ses contorsions laissant encore échapper du gaz. Ce faisant lui revient en mémoire ce qui lui arriva à Shamballa, et l’agression de Daniela Von Lamp… ce Russe qui fuyait dans les ombres…

Les sentinelles pénètrent dans la pièce et Aymeric, après avoir tiré au raygun sur la machine infernale, décide que ça va péter et balance une grenade dans le tas, laissant certains sur le carreau, en étourdissant d’autres. Les grenades allemandes sont un peu décevantes. Mais des sentinelles ont évité le pire et font usage de leurs lances électriques. Un tir touche malencontreusement Albert qui est immédiatement paralysé. Par chance ses mains sont toujours sur l’accroc de sa combinaison et elles empêchent donc ses gaz de fuir. Ozzie, qui est arrivé sur la passerelle, s’empare du grappin attaché à la ceinture d’Albert et le lance sur le toit, trouvant un point d’accroche. Il grimpe aussitôt prestement avant d’entreprendre de hisser Albert. Dans la pièce, Aymeric joue toujours de la grenade, semant fumée et confusion dans l’espace clos, Ruby tire avec son pistolet.

Albert perd encore du gaz dans l’ascension involontaire qu’il subit, toujours paralysé, il reste impuissant à empêcher sa vie de s’échapper lentement.

Son camarade enfin hissé, Ozzie cherche le kit de réparation d’Albert et s’empresse de colmater la brèche, le sauvant in-extremis tout en ordonnant à Ruby de s’envoler pour aller récupérer John Lestrange. Aymeric reste face à un dernier garde qui voit son attention détournée par l’Astronome lorsque celui-ci l’interpelle. La Vérité en profite pour constater que son tir au raygun n’a pas suffisamment endommagé la machine aux lumières bleues, aussi y jette-il une dernière grenade. Cette fois ci la machine fume, crépite et le flux d’énergie s’arrête.

Ruby, arrivée à hauteur de John Lestrange le trouve enfermé dans une bulle de verre remplie d’un liquide incertain. Le surhomme parait amaigri et très affaibli. Elle sort son pistolet et tire une première fois sur la sphère qui commence à fissurer. Le second tir brise la sphère et John Lestrange commence à chuter. Ruby le rattrape au vol.

Aymeric, débarrassé de toute opposition, quitte la pièce en adressant un « au revoir et merci » à l’Astronome et emprunte les couloirs pour rejoindre l’ascenseur qu’il avait noté sur le plan. A son flanc deux grenades ballottent encore dans sa besace.

Il est grand temps de quitter Néo-Paris !

À suivre
 

Couverture alternative - édition collector

samedi 12 septembre 2026

La Brigade Chimérique - Paris en sous-sol


Le Nyctalope ! Toujours vivant, mais visiblement brisé. Aymeric de St Sernin, La Vérité, n'est pas avare de reproches acerbes mais chez l'ancien protecteur de Paris, le cœur n'y est plus. Il écoute leur objectif, leur fournit des plans et des explications ainsi que des mises en garde. les tunnels sous la capitales sont le repère des Vampyres qui après avoir retrouvé une nouvelle reine en sont les gardes farouches.

Jean Arlog s'est installé dans les locaux du C.I.D. à Montmartre. Il est secondé par l'Astronome, alias M.A. alias M.Soleil, un surhomme en verre, ainsi que par M. Rien (quand il agit, c'est trop tard).

Les informations recueillies, le groupe prend congé du Nyctalope. Ozie lui tient quelques propos d'encouragement, lui assurant que son rôle de protecteur de Paris n'est pas terminé et que, plutôt que l'apitoiement, il a encore un rôle à jouer auprès de la résistance.

Après deux jours de marche retour, ils retrouvent le Météore et le Havre. Mörs et son équipage s'adonnent les jours suivants au radoubement de leur vaisseau spatial. Et puis c'est le départ pour l'écluse n°7 et son poste technique aux abords de Paris.

Arrivés à l'entrée des tunnels, nos héros distinguent une silhouette féminine semblant les attendre. À leur grande surprise, il s'agit de Shani, l'espionne rencontrée à l'exposition universelle bruxelloise, de son vrai nom Ashanti Garuda. Elle leur remet deux missives de son patron, Sun-Ko, le dernier Atlante :

1- Méfiez vous de Jean Arlog. Ne le laissez pas approcher de la Lune lors de la bataille finale.
2- C'est moi qui possède l'Œil de Xorn. N'hésitez pas à venir me le demander, de même que le Vril dont vous avez besoin pour éviter l'Armageddon oublié. Vous aviez raison et je me trompais - j'aurais dû vous écouter lorsque nous étions à Klock-Klock.

De Saint-Sernin conseille à l'indienne de contacter la résistance du Havre, pour avoir plus de force contre le nouvel empereur. Ces propos énervent Albert Roche qui préfère savoir les havrais protégés par la discrétion. Mais La Vérité a décidé que les ennemis de ses ennemis sont ses amis et que changer le futur n'aura pas d'effet sur son passé. Les 3 membres de l'Escadron Étrange accompagnés de Ruby, toujours en période probatoire, s'enfoncent enfin dans les sombres sous-bassements de la capitale, éclairés seulement par leur lampes. Rapidement, ils se sentent observés et suivis. Ruby se met à gigoter son éclairage dans tous les sens, tentant, tout à la fois, de contrôler les murs, le sol et le plafond dans une danse rappelant un derviche alors que ses collègues avancent d'un pas déterminé.

Les couloirs succèdent aux couloirs ponctués par un puits dont le sommet donne sur l'extérieur et son étrange lumière bleutée. Du fond invisible remonte des remugles leur rappelant l'amibe gigantesque dévoreuse de déchets du professeur Ziclon. Ils pénètrent enfin dans les catacombes et leurs morbides décorations. Arrivée dans une grotte dont une coursive fait le tour, dansant toujours la gigue, la lumière de Ruby accroche des formes accrochées au plafond. Des dizaines de petits yeux rouges fixent les aventuriers et les Vampyres déferlent en piquet sur leurs proies. L'endroit ne permet pas la lutte et l'équipe fonce dans le tunnel en face qui sert de goulet d'étranglement à la horde. Une des grenades dont s'est équipé la Vérité règle efficacement la poursuite. Un peu trop efficacement d'ailleurs car le plafond s'écroule sur Aymeric tombé dans sa fuite. Ozie manque d'être enseveli alors qu’il lui porte secours ainsi qu'à leur nouvelle alliée mais finalement il arrive à s'en sortir en  les emmenant avec lui.

La longue marche reprend et ils arrivent dans le métro où les parisiens déambulent tranquillement vacant à leur tâche comme si la vie parisienne se déroulait à son habitude.

L'Escadron Étrange et son intérimaire sortent enfin à l'air libre et se dirigent immédiatement vers la tour Eiffel le plus discrètement possible. Le monument parisien est enclos par des grillages et faisant le tour, l'équipe remarque entre les 4 pieds de la tour, un local carré d'où partent d'énormes câbles qui montent vers le sommet. Ils remarquent surtout, interloqués, 4 surhommes coordonnant les vigiles montant la garde dans l'enceinte. Un grand noir qui n'est autre que Makolé, le surhomme qui les aida lors de l'épisode avec Eischer. Une femme portant un bocal sur la tête en qui ils reconnaissent Sargassim, la reine de Bojador et Das Gasman, le parfum vivant et sosie d'Albert Roche. Ces derniers font le tour des gardes et en accueillent certains qui sortent de l'ascenseur caché dans un pilier du monument. Nos héros sont tentés de les approcher, espérant une coopération de leur part mais restent dans l'expectative car au premier étage de la tour, les rayons produits par John Lestrange accrochent une forme humaine miroitante. L'Astronome sans nul doute. Alors qu'ils tergiversent une forme traverse le ciel dans un bang supersonique et un surhomme nordique habillé à la mode paléolithique et faisant tournoyer un marteau se pose avec 3 autres personnes qu'il cornaquait. Donar, Loreleï (qui n'est toujours pas morte), Carnaki et une femme inconnue viennent prendre la relève de la Tour Eiffel au grand désarroi des aventuriers.

À suivre

samedi 22 août 2026

La Brigade Chimérique - Futur antérieur


Ressortant du poste de pilotage, Ozie croise le Maharaja de Kapourtala qui, d’une voix toute féminine, s’enquiert de la situation et propose quelques aides. L’androïde lui brosse un très rapide bilan de la situation et file, sans plus d’attention, à la recherche de son compagnon, le Premier Soldat de France. Fort heureusement, peu de soldats de Druuzo sont tombés sur le bateau et il a tôt fait de mettre à terre l’insectoïde qui s’acharnait sur une porte de coursive. Derrière il retrouve Albert Roche. Ce dernier, ayant retrouvé un membre martial de l’Escadron Étrange, est déterminé à nettoyer le bateau de la vermine d’outre-espace. Le Maharaja, caché dans les ombres, leur emboîte discrètement le pas.

Aux commandes, Aymeric entend le message du sur-homme volant tout de jaune et bleu vêtu. Celui-ci leur demande de les suivre jusqu’au prochain portail qui les conduira dans un futur où le monde a sombré. Là il leur faudra le délivrer afin qu’il les reconduise dans leur temporalité. Aymeric, endossant son rôle de la Vérité au sein de l’Escadron, secoue l’équipage et le capitaine sidérés et leur demande de pousser les machines à la poursuite de l’éclair jaune et bleu qui, luttant contre des soldats druuziens lui tombant dessus, les mène vers le prochain passage spatio-temporel.

Albert et Ozie ne trouvant plus d’autres adversaires, ils décident d’aller inspecter l’intérieur du navire. Pendant ce temps le Maharaja rejoint ses 4 sbires et leur ordonne de fouiller les cabines vides à la recherche de quelques butins à défaut d'avoir trouvé ce qui les intéresse. À l’intérieur du navire, Albert et Ozie arrivent au salon pour y découvrir la masse des convives et des hommes d’équipage effrayés, attendant des instructions. La femme du président de la République Française est là, saine et sauve. Laissant Albert à la protection de tous ces humains, Ozie s’en va à la poursuite de Marin le marin parti après avoir entendu un cri de femme dans les entrailles du navire. Il découvre le marin au-dessus d’une femme étendue au sol, la main ensanglantée, balbutiant des propos décousus. Il bande sa main et l’automate reconstitue les propos de la dame. Alors qu’elle avait décidé de regagner sa cabine elle surprend un homme à l’intérieur de celle-ci. Il la bouscule et ferme la lourde porte sur sa main lui sectionnant les doigts. Ils la reconduisent au salon.

Albert s’ennuie dans le rôle de garde chiourme. Il décide d’aller lui aussi explorer le navire. Il découvre dans un couloir un des sbires enlacé dans la mort avec une créature extra-terrestre. Il électrocute la bestiole afin de ne prendre aucun risque . Plus loin, il découvre le corps sans vie de l’actrice Valentine Tessier, un couteau enfoncé dans la gorge.

Le bateau traverse à nouveau un portail. Le ciel couleur de sang laisse place à une nuit d’encre où nulle étoile ne luit. Aymeric fait un point sur le ciel. Effectivement, les astres nocturnes ont disparu.

L’équipe se retrouve. Le bateau erre dans une brume épaisse ne sachant sa position exacte. Soudain, une lumière point à l’horizon. Prudemment, le paquebot fait route vers elle. Il ne fait bientôt plus aucun doute qu’il s’agit d’un phare, indiquant le chemin de sa lumière verte ! Le phare au radium du Havre ! Voilà le vaisseau qui rentre au bercail mais sous d’autres cieux et un autre temps. Sur le pont Aymeric entend du bruit et quand il interpelle la personne, une jeune femme sort de sa cachette et lui demande de rejoindre le groupe de l'Escadron. Le héros, méfiant enjoint l'étrangère à regagner sa cabine.

Le Normandie accoste aux abords d’une ville réduite en ruine. Pourtant des hommes sortent de quelques bâtiments, lampe à la main et leur font signe. Soudain deux soldats insectes déboulent et les humains se mettent à l’abri dans une attitude toute militaire. Sur le pont, l’Escadron Étrange qui assiste à la scène, entre dans l’action. Aymeric use de son Radium gun, Albert lance des éclairs tel un dieu nordique réincarné et Ozie saute sur le quai 20 m plus bas sans attendre la passerelle. Les deux monstres étant décédés, l’automate accoste les indigènes.

Ces derniers se présentent comme la Dernière Résistance. Les autres membres de l'Escadron rejoignent Ozie pendant qu'en toute discrétion, la Maharaja s'entoure d'une boule de feu illuminant les environs, fait le tour du navire et va se poser derrière des bâtiments de la ville.

Après quelques échanges, les résistants acceptent de conduire nos trois héros à leur chef. Alors qu'ils déambulent le long des ruelles et des ruines du Havre, les aventuriers de l'Étrange apprennent qu'ils sont à présent en 1957. Le groupe de soldats locaux les font passer derrière un mur en trompe l’œil alors que la sournoise ombre qui les suit à distance depuis son atterrissage se retrouve gros jean comme devant dans la rue soudain déserte.

Les surhommes rencontrent le capitaine Mörs. Un surhomme allemand qui avec son vaisseau le Météore et son équipage furent pris dans une tempête chronale lors de son exploration du cosmos. Il nous conte alors l’Armageddon oublié. Cette tornade spatiale l'envoya juste après l'attaque de Druuzo et la prise de pouvoir de Jean Arlog devenu Empereur autoproclamé après avoir empêché l'invasion en englobant la Terre derrière un bouclier constitué des restes de la Lune. Il protège également Paris derrière un dôme et a capturé John Lestrange pour s'en servir d'éternel Soleil et de source d'énergie. Enfin, il a marqué tous les surhommes au Radium afin de contrôler leurs allées et venues. Mörs leur fait visiter les sous-sol de son QG où repose son vaisseau toujours utilisable mais mal en point et manquant d'énergie pour un voyage à travers l'espace et le temps.

Pendant ce temps, l'espionne arrive à trouver et passer le trompe l'œil mais se fait capturer par les troupes vigilantes des résistants. Après un interrogatoire où elle demande la confiance du capitaine et de l'Escadron Étrange. Très dubitatif au vu de ses agissements sournois et de son activité de voleuse avec sa bande sur le Normandie, elle finit par révéler que derrière son surnom de Ruby, se cache Lara Flinboyle et qu'elle est recherchée par de nombreux ennemis du fait de son hobby malhonnête. La Vérité qui reconnaît la sournoise du bateau, décidé de ne pas lui faire confiance mais nécessité faisant loi, ils décident de la joindre au groupe au vu de ses capacités et des circonstances.

Pénétrer dans Néo-Paris s'avère être une tâche ardue malgré le fait que les aventuriers ne peuvent être repérés par Jean Arlog puisqu'ils ne sont pas marqués au Radium. Mörs leur conseille avant toute expédition vers la capitale, de rencontrer l'Ermite qui dispose de plans permettant de rentrer dans la cité par les sous-sols non protégés par le dôme.

Une fois équipés, ils s'envolent à bord du météore qui après avoir survolé une campagne désolée et éternellement nocturne, les dépose à l'entrée d'une vallée envahie de fluide supernoir. Après deux jours de marche, guidé par les bras droits et gauche de Mörs, Terreur et Massacre (?), ils arrivent à une clairière où gît un stratogyre long courrier à l'état de carcasse.

En sort alors, un homme fatigué dont les épaules semblent ployer sous le poids de la fatalité et de la culpabilité : Le Nyctalope !

À suivre

vendredi 24 juillet 2026

La Brigade Chimérique - La mer d'alors et de demain


Le retour de l’Escadron Étrange en France ne se fait pas dans la liesse et sous les hourras. Ainsi va la vie des surhommes, un jour vous êtes acclamés, le lendemain conspués. Le C.I.D. leur ferme ses portes, l’armée française attend le moindre faux pas pour fondre tel le rétiaire vengeur et les journaux sensationnalistes en profitent pour faire leur choux gras en susurrant que le quatuor devenu trio serait traître à la nation. Le hangar où habitaient Aymeric et Jessica est réquisitionné par l'armée, les obligeant à prendre un logement au cœur de Paris. Son avion est aux prises avec une bataille juridique et administrative dans laquelle les militaires font les tatillons.

C’est dans ce contexte que se déroule tristement, pour les quelques personnes présentes, l’enterrement de Félix Dufaux au cimetière du Père Lachaise dans une atmosphère lourde de chagrin et de ressentiments.

Revient ainsi en mémoire le désert, le fort français, le cœur lourd devant le corps de Félix baignant dans son sang, tous les soldats français décédés et en même temps la joie d’avoir défait les forces mabusiennes et de s’être débarrassé des membres des Longs Couteaux. Jean Arlog leur parle de sa demande d’aide auprès du gouvernement français, son enlèvement, sa détention sous camisole chimique et au radium jusqu’à la venue de l’Escadron Étrange. Il réitère son soutien inconditionnel quant à la lutte contre Druuzo alors que le trio se remémore la mise en garde du voyageur temporel à son encontre : “Le sauveur de l’humanité et sa perte. L’apocalypse oubliée. Le tenir à l’œil.” Jean prend congé, invoque une tornade de sable qu’il chevauche, l’emportant au loin.

Mais à nouveau le présent s’impose à eux et chacun rentre chez lui pour trouver un paquet, le même pour les 3 équipiers. À l’intérieur, un globe de verre représentant la Lune avec à l’intérieur un message gravé. La lumière d’une lampe traversant le globe projette une poésie :

“Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Je sais les Cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les Ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai rêvé la Nuit rouge aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des Mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes, Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !”

Le message accompagnant le colis indique sans le moindre doute l’expéditeur. Monsieur Soleil les envoie à nouveau résoudre une énigme.

Qu'à cela ne tienne, les voilà partis. Les uns vers l'Institut du Radium pour s'entretenir avec le voyageur temporel et l'autre vers la Sorbonne pour trouver l'origine du poème.

La vue de la sphère cristalline n'émeut pas le vieillard d'un autre temps qui n'a rien de plus à dire. Si ce n'est un rappel crucial à propos de la balise en forme de ruban de Möbius qu'il leur a confié pour le jour "où le ciel sera rouge et que la pluie noire tombera".En aparté à Aymeric de Saint Sernin, il demandera en murmurant comment va "jay jay" ? Le contact de sa main sur l'épaule d'Aymeric provoquant chez ce dernier un sentiment de malaise indéfinissable.

De son côté Ozie fait des recherches avec la professeure de littérature de la Sorbonne. Le texte est d'Arthur Rimbaud.Il ne reprend que les strophes 1 - 8 - 10 du bateau ivre et comme à son habitude, M. Soleil a mis en exergue certains mots: Cieux - Ressac - Mer - Nuit.

Le trio se retrouve à leur QG du café du Radium, non loin de l'université. Les journaux font leur Une à propos du chantier de l'Atlantropa ainsi que du départ prochain du paquebot Normandie. Ce dernier équipé de moteurs au Radium doit effectuer une traversée jusqu'en Amérique en un temps record. Cet article sur le Normandie évoque à Aymeric le souvenir d'un tableau d'Escher qu'avait conservé feu Félix Dufaux. Ayant gardé l'ensemble des toiles, il va contrôler son intuition. Effectivement, une des étranges peintures de l'artiste montre un paquebot sur des flots déchaînés, sous une pluie battante, surplombé par une mystérieuse silhouette. Sur la proue du navire, en tout petit, le nom Normandie.

Les voilà sur une piste. Il faut embarquer, mais renseignements pris auprès de Julien Marenval, les places sont toutes réservées à des V.I.P. triées sur le volet et hors de question d'embarquer des surhommes. En effet la Compagnie Générale Transatlantique désire faire homologuer son record de vitesse et cela invalide la présence d'êtres issus de la superscience.

Mais il en faut plus pour arrêter la détermination d'Albert Roche et de ses camarades. Des appels sont lancés, des rencontres sont faites et au final des solutions sont trouvées. Le Pr Esclangon et sa secrétaire acceptent de laisser leur place au Premier Soldat de France et à François de Vaucanson à la condition qu'ils testent un nouveau dispositif de son invention. Grâce à Jessica Jane, Aymeric prendra la place de Georges Fennech, un journaliste de l'Humanité chargé du reportage de la traversée. Il consent à la substitution n'étant que très peu à l'aise sur les océans.

6 jours pour se préparer, se raser la moustache et surtout pour remplacer le casque d'Albert Roche par la dernière invention de l'astronome. Un globe au Radium permettant de projeter une image tridimensionnelle de la tête d'Eclangon. Un caisson hyperbare afin que la vapeur humaine ne soit dispersée et quelques ajustements sont nécessaires. Ainsi équipé, à part une légère lueur verte, Albert a retrouvé figure humaine même si ce n'est pas la sienne. Ozie, quant à lui, use de son pouvoir de métamorphose des visages pour copier celui de la secrétaire du professeur.

Les voilà le jour de l'embarquement, et il y a du beau monde. Mme Lebrun, la femme du président, l'écrivaine Colette, l'actrice Valentine Tessier et deux chanteurs Pills et Tabet attirent les regards et les objectifs des reporters de presse. Un Maharajah et ses 4 gardes du corps indiens retardent quelque peu leur montée à bord qui se passe sans problème.

On visite, Aymeric/Georges sociabilise, Albert/Esclangon organise prochainement une visite de la salle des machines. Mais au crépuscule le ciel devient manifestement rouge. Sur une intuition, Ozie va se poster à la proue. Sur le trajet du bateau, une déchirure dans l’éther se rapproche inexorablement. Au delà, un ciel écarlate et une pluie noire. Il saisit le Ruban de Möbius qu’il transporte dans son sac et l’active. Mais déjà le navire s’engouffre dans la déchirure.

De l’autre côté, ce n’est pas de la pluie, mais de monstrueux cocons qui tombent du ciel par myriade dans l'océan autour du navire. En sortent immédiatement des insectoïdes humanoïdes recouvrant la mer de leur multitude et tentant déjà de grimper le long de la coque. Mais la vitesse et les parois lisses les en empêchent pour l’instant.

Ozie se précipite alors vers la passerelle où Albert l’a devancé. Ce dernier tente de convaincre le jeune capitaine de sa vraie identité de Premier Soldat de France. On lui intime l'ordre de quitter les lieux et le voilà en train de se défroquer à la hâte sur le pont afin de révéler son état de surhomme gazeux et d'avoir l'oreille du commandant. Il lui demande de surtout ne pas couper les moteurs et d'avancer bon train quand deux bangs métalliques font vibrer la carcasse du navire. Deux cocons sont tombés sur le pont supérieur. Albert et Aymeric vont contenir l'abordage tandis que l'automate arrive sur la passerelle. Tombant son déguisement devant un capitaine qui commence à douter du sérieux de ce voyage, il explique aux auditeurs incrédules le portail dimensionnel par lequel ils sont passés, proposant de faire demi-tour afin de le reprendre pour sortir de cette dimension. Les officiers de navigation indiquent que la nouvelle position des étoiles est cohérente avec un bond dans le temps équivalent à 1 mois. Ces derniers commencent à faire le point et des calculs d'itinéraire guidés par Ozie afin de rejoindre le passage temporel.

C'est la merde à bord ! Alors qu'Albert et Aymeric affrontent les deux envahisseurs de 2 mètre 50, le paquebot entame son virage et ce faisant ralentit. Les deux surhommes, tout en esquivant les crachats hautement acides des êtres venus d'ailleurs, se rendent compte que la perte de vitesse permet à la foultitude chitineuse encore à l'eau, de grimper le long des parois.

Aymeric fonce alors vers la passerelle, laissant seul, derrière lui, un Albert interloqué. Ce dernier se réfugie dans une coursive dont il referme la porte étanche. Aymeric arrive sur la passerelle et avisant la manette des gaz la pousse à fond sous les cris du capitaine qui se dit que c'est vraiment n'importe quoi.

Sous les jets acides, le mécanisme de fermeture de la porte se ramollit petit à petit alors que dans le ventre du navire retentissent de plus en plus les bruits de panique des passagers. Sachant Albert seul, Ozie quitte le poste de commandement, sa tâche terminée, afin de venir en aide à son ami.

Soudain, face à la verrière de la passerelle se détache du ciel pourpre une silhouette humaine flottant dans les airs. Ses yeux rougeoient et deux raies en sortent venant trancher des insectoïdes montés sur le pont. Le surhomme fait alors signe de le suivre indiquant vouloir les mener vers le portail dimensionnel.

À suivre.