Alors que Ruby se pose sur le toit du premier étage de la tour Eiffel avec un John Lestrange décharné et très affaibli, Ozie songe qu'il est temps de se barrer prestement. Les lumières de la ville s'éteignent en cascade faisant place à une obscurité d'encre qu'aucune lune ou étoile ne vient percer. Il ramasse un Premier Soldat de France bien dégonflé, lui noue les bras autour de son cou, place John Lestrange sur son épaule et saute par dessus le rebord de la plateforme direction l'intérieur du premier étage. Malheureusement, mauvais calcul et il se retrouve suspendu dans le vide par un bras au balcon. Ruby vient se poser sur le même balcon alors qu'à l'intérieur de la salle de contrôle se relèvent 4 gardes encore un peu décontenancés.
Aymeric de Saint Sernin se dirige à tâtons vers l'ascenseur quand soudain un éclair déchire l'obscurité absolue qui les enveloppe préfigurant l'approche de Dönar. Ruby commence le combat contre les 4 adversaires tandis que l'Automate parvient à grimper sur la passerelle. Il abandonne John en sûreté pendant qu'Albert reprenant contenance se dénoue de son cou. Ainsi libéré Ozie attaque au corps à corps les miliciens. C'est la bagarre et les 4 soldats sont rapidement éliminés. Ozie récupère une de leur paire de lunettes ce qui lui permet de percer quelque peu la noirceur impénétrable du partout pendant que ses camarades galèrent pour se déplacer malgré les éclairs qui fusent et se rapprochent.
D'ailleurs La Vérité, de son côté, entame, dans le vide, la descente le long de la structure de la dame de fer et repère la lueur des lunettes de deux gardes qui se dirigent vers le pelouse aux pieds de l'édifice.
À l'étage, on songe à se carapater dare-dare quand un bruit lourd retentit sur le toit. Immédiatement un éclair embrase les rétines et une forme humaine descend en ombre chinoise le long de l'arc électrique. Taillé en armoire normande avec une peau de bête sur le dos, son marteau tendu devant lui, Dönar compte les soumettre silencieusement. La balle que Ruby tire rebondit sur un pectoral semblant d'acier. Quand Albert lui décoche un éclair, un mouvement ultra rapide et le Dieu Nordique indemne semble ne pas avoir bougé. Ozie attaque, espérant ouvrir un chemin de fuite pour ses compagnons. Usant de son redoutable art du combat indien, il blesse la divinité surprise qui réplique immédiatement par un coup de sa masse électrique. L'automate s'en va s'écraser à l'autre bout de la pièce comme un pantin désarticulé, les lueurs habitant ses yeux mécaniques s'éteignant doucement. Alors que tout semble perdu face au surhomme cosmique, celui-ci s'envole. Les valides ramassent leurs camarades incapacités et entament la descente par l'escalier.
Aymeric de son côté parvient au bas de la tour, suit péniblement les deux gardes et passe à l'attaque. Les prenant par surprise, il les foudroie de son pistolet radiant mais, au moment où le dernier tombe, un énorme éclair s'abat non loin. Il perçoit une forme derrière les grilles ceignant l'œuvre d'Eiffel. Elle s'avance, le marteau tendu en avant faisant fi de la grille qui fond à son contact. Un ordre parvient en Allemand et Aymeric se met à genou. Dönar le domine et La Vérité tente une négociation avec le surhumain dont l'intelligence semble résider dans son outil. Mais Le nordique cosmique qui craint visiblement la colère à venir de Jean Arlog assomme violemment le membre de l'Escadron Étrange.
Le reste de la compagnie arrive vers le pied de la tour. Ozie commence à rebooter et Albert demande à Ruby de trouver une cachette pour elle et John Lestrange, pendant que l'androïde et lui vont rejoindre Aymeric et se rendre aux autorités. L'important est que John puisse se requinquer afin ensuite de venir les délivrer des griffes de l'Empereur s'ils ne sont pas arrivés à le faire revenir à la raison.
C'est alors que d'énormes morceaux de construction commencent à s'écraser sur la pelouse et dans Paris. Simultanément la terre commence à trembler et le sol de se déchirer dans la capitale. Le dôme protecteur part en brioche, Jean Arlog pique sa crise et Druuzo attaque. Dönar perturbé par la situation et la colère de l'Empereur s'envole. Ozie et Albert rejoignent La Vérité toujours étendu au sol et finalement Ruby les rejoint avec John.
Les parisiens fuient de toutes parts et nos héros se mêlent à la foule. Durant le trajet, La Vérité reprend conscience et tout ce petit monde se dirige vers une des portes permettant de quitter la cité alors que les séismes redoublent et que des pans entiers de maçonnerie tombent des cieux. Les parisiens sont massés devant la porte qui est à peine entrouverte, faussée sur ses gonds, ne permettant le passage que d'une personne à la fois. Ozie passe la radio à Aymeric lui demandant de contacter le capitaine Mörs et part avec Albert pour aider des quidams tentant d'ouvrir le passage en entier.
Mörs leur donne rendez-vous aux Buttes Chaumont puis La Vérité usant de son rayon libère le passage vers l'extérieur. Les surhommes s'engouffrent avec la foule, Ozie conseillant aux fuyards de rejoindre le Havre.
Aux Buttes le Météor les rejoint et déjà John Lestrange a
récupéré ses moyens. Durant leur voyage, il leur explique que tout ce qui vient du passé doit repartir dans le passé et leur demande surtout d'allumer la balise afin qu'il puisse les repérer. Cet événement ayant déjà eu lieu, nos aventuriers se rendent compte que la gestion des paradoxes temporels est une tâche bien complexe.Arrivé au Havre, il recharge le moteur temporel du vaisseau du capitaine Mörs puis après des adieux empreints d'une virile émotion, il s'envole vers d'autres missions.
Les jours suivant sont rythmés par l’ingénierie des moteurs du Normandie pour les coupler au moteur du Météor afin de le ramener à son époque avec tous ses passagers. Cette tâche est menée par Ozie et Jean Hasard, l'ingénieur en chef du navire et spécialiste de sa machinerie au Radium. La Vérité et le Premier Soldat de France s'occupent de rassembler tous les passagers et l'équipage descendus à Terre. Ils somment également Ruby de leur remettre le dernier sbire encore en liberté de son gang de voleurs.
L'aigrefine s'exécute en traînant les pieds, en évitant le plus possible de s'impliquer et d'être repérée. Le bandit est arrêté et coffré en cellule mais Ruby disparaît ce qui n’accroît pas la confiance des membres de l'Escadron.
Finalement, tout est prêt. Le capitaine Mörs débute le compte à rebours, appuie sur le gros bouton rouge enclenchant ses chrono-moteurs et c'est le retour vers le passé. Le Météor repart sans ambages, laissant le navire exactement là où il avait disparu avec 5 minutes de décalage. Le record est encore à portée et le capitaine met le cap vers New-York à plein régime.
Aux Amériques, la mission confiée par l'Institut du Radium fait chou blanc et c'est le retour vers le Vieux Continent avec un record homologué après quelques démêlées juridiques.
Arrivés à Paris, les membres de l'Escadron Étrange, que les nouvelles ont précédées, sont accueillis en héros, la vindicte précédente magiquement disparue même si la liesse est entachée par l’inquiétude de la menace imminente de Druuzo.
Une nouvelle fois, il est demandé à Ruby de s'engager auprès de l'équipe mais elle rechigne à quitter la clandestinité et dévoiler ses activités. Aymeric qui se méfie toujours décide de la prendre en photo et son appareil prend feu. C'est vrai que la demoiselle à aussi ce pouvoir-là. Tant pis, il est décidé qu'on l’appellerait en cas de besoin.
Des rapports complets sont faits par nos 3 héros auprès du C.I.D. qui se propose de réparer l'armure d'Albert, ainsi qu'auprès de l'Institut du Radium. Un article expurgé des données les plus angoissantes et propres à semer la panique, est offert à Julien Marenval et aux pages de l'Exelcior ainsi qu'à Jessica Jane, journaliste à l'Humanité.
Septembre 1936 - 1 mois plus tard
Le professeur Charpentier de la Sorbonne contacte l'Escadron Étrange à propos d'une missive qu'il a reçu les concernant. François de Vaucanson se rend donc à l'université où il a plaisir à retrouver l'éminent scientifique touche-à-tout qui lui remet le pli cacheté. Il se rend ensuite au café "La camomille au Radium" proche de l'université et servant de "QG" aux explorateurs de l'étrange.
La lettre adressée par un certain Fabio Marucci est assez laconique. L'inconnu propose de leur livrer des "nouvelles d'un vieil ami Allemand" et de le rejoindre à l'Hôtel des Deux Chats.
Arrivés dans le hall de l'hôtel, le personnel d'accueil leur communique la chambre de Marucci et un commentaire sur 4 autres personnes à l'allure remarquable qui les ont précédés. Aussitôt La Vérité se précipite tandis que ses deux camarades empruntent l'escalier d'un pas régulier mais déterminé.
Arrivé au logement du sieur Marucci, l'aventurier au casque colonial entend des éclats de voix, il pénètre brusquement dans la chambre pour surprendre 4 larrons en train de passer à tabac l'italien tuméfié attaché sur une chaise. "Escadron ! " crie-t-il pour sommer ses amis de rappliquer ventre à terre. Le gorille et ses 3 macaques se retournent et immédiatement le mastard fonce sur notre héroïque champion qui promptement lui transperce le genou de son rayon. L'épais s'écroule à ses pieds tandis que ses fluets complices s'égaillent dans la pièce. L'armoire à glace au genou en moins songe à en découdre malgré tout et La Vérité lui tire dans le bide ce qui le ramène à la raison et paradoxalement à l'inconscience.
Déboule alors Ozie qui avait accéléré le pas à l'appel de son compatriote. Prenant d'un coup d'œil mesure de la situation, il traverse la pièce vers une fenêtre ouverte car c'est par là que s'enfuient habituellement les gredins. Effectivement, marchant en équilibre sur le rebord extérieur du deuxième étage, un bandit tente de s'échapper.
Albert, appliquant plus de nonchalance, parvient au lieu de drame. Avec Aymeric, ils débusquent un malfrat caché sous le lit et en électrocute un autre dans une pièce adjacente.
Pendant ce temps, Ozie poursuit sur le parapet le fuyard. Arrivé à l'angle du bâtiment, ce dernier, en descendant au niveau inférieur fait s'enfuir une volée de pigeons. Ozie choit et se rattrape tout juste d'un bras - ça devient une habitude. Cependant il se réceptionne en équilibre parfait sur le parapet au dessous, rattrape l'adversaire, le chope au collet et saute les 3 derniers mètres, dans la rue, sous les hurlements du malhonnête.
Dans la chambre, Albert et Aymeric recueillent les murmures de Fabio entre deux bulles de sang. Il désigne une mallette à côté de son lit. Au même moment, alors qu'Ozie met pieds dans la ruelle, un coup de feu retentit et le cerveau de feu M. Marcucci finit sur l'armure toute neuve du Premier Soldat de France. À peine le temps d'apercevoir sur le toit de l'immeuble d'en face un tireur d'élite déguisé en trappeur étasunien et les deux surhommes plongent au sol - y en a bien marre des trous dans la liquette.
Dans la rue, Ozie voit la fenêtre de l'hôtel voler en éclat, détermine approximativement de quel toit le coup est parti, assomme son contrevenant et se précipite vers l'immeuble du sniper. Mais en vain, il ne trouvera que quelques étuis - que le profane nomme douille - et qui n'intéresseront que peu ses camarades lorsqu'il les retrouve dans l'escalier de l'hôtel.
Mais, pour l'instant, de l'autre côté, Aymeric a tiré les rideaux pour cacher la vue au tireur et les deux camarades effectuent une retraite stratégique et défensive contre les trous dans la paillasse. Ozie, un peu décontenancé face à cette attitude monte à l'étage pour récupérer le balaise inconscient abandonné lors du repli de ses amis. Malheureusement, celui qui s’avérera le chef de la bande a effectué lui aussi une retraite salutaire laissant seulement une traînée de sang jusqu'à des empreintes de pneus dans la ruelle. Les deux sbires encore vivants ne seront que peu utiles. Leur chef, dit le Buffle est un membre des bouchers de la Vilette.
La mallette par contre contient des documents plus intéressants. Confiés à Ozie, toujours friand de papiers divers, il y découvre toute une enquête journalistique menée par Fabio Marcucci et Lucas Vespérino sur le projet Atlantropa et son concepteur, Herman Sorguel. les deux enquêteurs s'interrogent sur le financier jusque là resté dans l'ombre.
Mais plus édifiant est la photo prise sur le chantier où apparaît en arrière plan Yan Mayen, le voleur du troisième Œil de Xorn et agent de Sun-Ko le dernier Atlante, lors du tristement célèbre épisode du Dirigeable Noir.
Du futur jusqu'au présent, tout converge vers Sun-Ko et la traque du dernier artefact nécessaire pour repousser la menace de Druuzo la planète vivante.
Peut-être que nos héros devront finalement faire appel à la jeune cambrioleuse pour infiltrer le gang des bouchers.
À suivre




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