vendredi 24 juillet 2026

La Brigade Chimérique - La mer d'alors et de demain


Le retour de l’Escadron Étrange en France ne se fait pas dans la liesse et sous les hourras. Ainsi va la vie des surhommes, un jour vous êtes acclamés, le lendemain conspués. Le C.I.D. leur ferme ses portes, l’armée française attend le moindre faux pas pour fondre tel le rétiaire vengeur et les journaux sensationnalistes en profitent pour faire leur choux gras en susurrant que le quatuor devenu trio serait traître à la nation. Le hangar où habitaient Aymeric et Jessica est réquisitionné par l'armée, les obligeant à prendre un logement au cœur de Paris. Son avion est aux prises avec une bataille juridique et administrative dans laquelle les militaires font les tatillons.

C’est dans ce contexte que se déroule tristement, pour les quelques personnes présentes, l’enterrement de Félix Dufaux au cimetière du Père Lachaise dans une atmosphère lourde de chagrin et de ressentiments.

Revient ainsi en mémoire le désert, le fort français, le cœur lourd devant le corps de Félix baignant dans son sang, tous les soldats français décédés et en même temps la joie d’avoir défait les forces mabusiennes et de s’être débarrassé des membres des Longs Couteaux. Jean Arlog leur parle de sa demande d’aide auprès du gouvernement français, son enlèvement, sa détention sous camisole chimique et au radium jusqu’à la venue de l’Escadron Étrange. Il réitère son soutien inconditionnel quant à la lutte contre Druuzo alors que le trio se remémore la mise en garde du voyageur temporel à son encontre : “Le sauveur de l’humanité et sa perte. L’apocalypse oubliée. Le tenir à l’œil.” Jean prend congé, invoque une tornade de sable qu’il chevauche, l’emportant au loin.

Mais à nouveau le présent s’impose à eux et chacun rentre chez lui pour trouver un paquet, le même pour les 3 équipiers. À l’intérieur, un globe de verre représentant la Lune avec à l’intérieur un message gravé. La lumière d’une lampe traversant le globe projette une poésie :

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Je sais les Cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les Ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai rêvé la Nuit rouge aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des Mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes, Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

Le message accompagnant le colis indique sans le moindre doute l’expéditeur. Monsieur Soleil les envoie à nouveau résoudre une énigme.

Qu'à cela ne tienne, les voilà partis. Les uns vers l'Institut du Radium pour s'entretenir avec le voyageur temporel et l'autre vers la Sorbonne pour trouver l'origine du poème.

La vue de la sphère cristalline n'émeut pas le vieillard d'un autre temps qui n'a rien de plus à dire. Si ce n'est un rappel crucial à propos de la balise en forme de ruban de Möbius qu'il leur a confié pour le jour "où le ciel sera rouge et que la pluie noire tombera".En aparté à Aymeric de Saint Sernin, il demandera en murmurant comment va "jay jay" ? Le contact de sa main sur l'épaule d'Aymeric provoquant chez ce dernier un sentiment de malaise indéfinissable.

De son côté Ozie fait des recherches avec la professeure de littérature de la Sorbonne. Le texte est d'Arthur Rimbaud.Il ne reprend que les strophes 1 - 8 - 10 du bateau ivre et comme à son habitude, M. Soleil a mis en exergue certains mots: Cieux - Ressac - Mer - Nuit.

Le trio se retrouve à leur QG du café du Radium, non loin de l'université. Les journaux font leur Une à propos du chantier de l'Atlantropa ainsi que du départ prochain du paquebot Normandie. Ce dernier équipé de moteurs au Radium doit effectuer une traversée jusqu'en Amérique en un temps record. Cet article sur le Normandie évoque à Aymeric le souvenir d'un tableau d'Escher qu'avait conservé feu Félix Dufaux. Ayant gardé l'ensemble des toiles, il va contrôler son intuition. Effectivement, une des étranges peintures de l'artiste montre un paquebot sur des flots déchaînés, sous une pluie battante, surplombé par une mystérieuse silhouette. Sur la proue du navire, en tout petit, le nom Normandie.

Les voilà sur une piste. Il faut embarquer, mais renseignements pris auprès de Julien Marenval, les places sont toutes réservées à des V.I.P. triées sur le volet et hors de question d'embarquer des surhommes. En effet la Compagnie Générale Transatlantique désire faire homologuer son record de vitesse et cela invalide la présence d'êtres issus de la superscience.

Mais il en faut plus pour arrêter la détermination d'Albert Roche et de ses camarades. Des appels sont lancés, des rencontres sont faites et au final des solutions sont trouvées. Le Pr Esclangon et sa secrétaire acceptent de laisser leur place au Premier Soldat de France et à François de Vaucanson à la condition qu'ils testent un nouveau dispositif de son invention. Grâce à Jessica Jane, Aymeric prendra la place de Georges Fennech, un journaliste de l'Humanité chargé du reportage de la traversée. Il consent à la substitution n'étant que très peu à l'aise sur les océans.

6 jours pour se préparer, se raser la moustache et surtout pour remplacer le casque d'Albert Roche par la dernière invention de l'astronome. Un globe au Radium permettant de projeter une image tridimensionnelle de la tête d'Eclangon. Un caisson hyperbare afin que la vapeur humaine ne soit dispersée et quelques ajustements sont nécessaires. Ainsi équipé, à part une légère lueur verte, Albert a retrouvé figure humaine même si ce n'est pas la sienne. Ozie, quant à lui, use de son pouvoir de métamorphose des visages pour copier celui de la secrétaire du professeur.

Les voilà le jour de l'embarquement, et il y a du beau monde. Mme Lebrun, la femme du président, l'écrivaine Colette, l'actrice Valentine Tessier et deux chanteurs Pills et Tabet attirent les regards et les objectifs des reporters de presse. Un Maharajah et ses 4 gardes du corps indiens retardent quelque peu leur montée à bord qui se passe sans problème.

On visite, Aymeric/Georges sociabilise, Albert/Esclangon organise prochainement une visite de la salle des machines. Mais au crépuscule le ciel devient manifestement rouge. Sur une intuition, Ozie va se poster à la proue. Sur le trajet du bateau, une déchirure dans l’éther se rapproche inexorablement. Au delà, un ciel écarlate et une pluie noire. Il saisit le Ruban de Möbius qu’il transporte dans son sac et l’active. Mais déjà le navire s’engouffre dans la déchirure.

De l’autre côté, ce n’est pas de la pluie, mais de monstrueux cocons qui tombent du ciel par myriade dans l'océan autour du navire. En sortent immédiatement des insectoïdes humanoïdes recouvrant la mer de leur multitude et tentant déjà de grimper le long de la coque. Mais la vitesse et les parois lisses les en empêchent pour l’instant.

Ozie se précipite alors vers la passerelle où Albert l’a devancé. Ce dernier tente de convaincre le jeune capitaine de sa vraie identité de Premier Soldat de France. On lui intime l'ordre de quitter les lieux et le voilà en train de se défroquer à la hâte sur le pont afin de révéler son état de surhomme gazeux et d'avoir l'oreille du commandant. Il lui demande de surtout ne pas couper les moteurs et d'avancer bon train quand deux bangs métalliques font vibrer la carcasse du navire. Deux cocons sont tombés sur le pont supérieur. Albert et Aymeric vont contenir l'abordage tandis que l'automate arrive sur la passerelle. Tombant son déguisement devant un capitaine qui commence à douter du sérieux de ce voyage, il explique aux auditeurs incrédules le portail dimensionnel par lequel ils sont passés, proposant de faire demi-tour afin de le reprendre pour sortir de cette dimension. Les officiers de navigation indiquent que la nouvelle position des étoiles est cohérente avec un bond dans le temps équivalent à 1 mois. Ces derniers commencent à faire le point et des calculs d'itinéraire guidés par Ozie afin de rejoindre le passage temporel.

C'est la merde à bord ! Alors qu'Albert et Aymeric affrontent les deux envahisseurs de 2 mètre 50, le paquebot entame son virage et ce faisant ralentit. Les deux surhommes, tout en esquivant les crachats hautement acides des êtres venus d'ailleurs, se rendent compte que la perte de vitesse permet à la foultitude chitineuse encore à l'eau, de grimper le long des parois.

Aymeric fonce alors vers la passerelle, laissant seul, derrière lui, un Albert interloqué. Ce dernier se réfugie dans une coursive dont il referme la porte étanche. Aymeric arrive sur la passerelle et avisant la manette des gaz la pousse à fond sous les cris du capitaine qui se dit que c'est vraiment n'importe quoi.

Sous les jets acides, le mécanisme de fermeture de la porte se ramollit petit à petit alors que dans le ventre du navire retentissent de plus en plus les bruits de panique des passagers. Sachant Albert seul, Ozie quitte le poste de commandement, sa tâche terminée, afin de venir en aide à son ami.

Soudain, face à la verrière de la passerelle se détache du ciel pourpre une silhouette humaine flottant dans les airs. Ses yeux rougeoient et deux raies en sortent venant trancher des insectoïdes montés sur le pont. Le surhomme fait alors signe de le suivre indiquant vouloir les mener vers le portail dimensionnel.

À suivre.


samedi 18 juillet 2026

La Brigade Chimérique - Le Premier Surhomme


Prenant le large et la tangente par rapport à la place forte française, les membres de l’Escadron Étrange se réfugient au fond d’une petite déclivité du terrain à quelques centaines de mètres de leur objectif. Ils y établissent leur camp et un poste d’observation tenu par le Premier Soldat de France. 2 séismes mineurs, comme des tressautements terrestres se font ressentir à quelques heures d’intervalle.

Sur les tours de guet du mur d’enceinte, 9 mitrailleuses accompagnées de leur projecteur, chacun étant manié par 2 militaires. Une seule porte d’entrée en métal gardée par 2 soldats pendant qu’une patrouille de 4 surveillent les alentours du bâtiment. Des ouvriers berbères sortent de l’endroit en même temps qu’un camion. L’engin file sur le sentier s’éloignant du fortin alors que les hommes se dirigent vers un côté de la muraille où est posé un échafaudage. Ils commencent à réparer une lézarde sur le mur.

Entrer et sortir de là vivant sans heurter les militaires ne va pas être une mince affaire pour notre quatuor, fut-il surhumain.

Au crépuscule, les aventuriers de l’étrange décident d’aller inspecter le géant de gravats surplombé de son globe terrestre. Après une heure de marche, les voici sous la statue de 4 mètres de haut flottant à quelques mètres du sol. Ici, la gravité semble moindre et des cailloux flottent librement. Ozie saute sur le colosse et entame l’escalade du monument. Il constate tant pour la statue que pour le globe sur lequel il grimpe également qu’ils sont effectivement constitués de pièces de maçonnerie disjointes et qu’à l’intérieur, il n’y a que du vide. De son côté, Félix tente une lecture d’esprit sur la construction mais quelque chose se passe mal et il pourrit sur place, sa peau prenant un vilain aspect et dégageant une odeur rappelant le cadavre. Il semble être aussi surpris que ses camarades. Son séjour à Shamballa l’a chamboulé visiblement.

Ils repartent donc, pas plus avancés, et convaincus que seul l’intérieur du fortin leur apportera les réponses nécessaires. Chemin faisant, ils élaborent plusieurs stratégies. Arrêter le camion à son retour afin de s’en servir comme cheval de Troie. Franchir le mur grâce à l’échafaudage et au grappin d’Albert Roche. Utiliser les dons d’Aménosis II pour se camoufler dans une tempête de sable. Mais le camion est déjà de retour et les dépasse au loin sur la piste et revenus au camp, rien ne va plus, les ouvriers démontent l’échafaudage. Le seul point positif, la porte du fort est ouverte. Il faut agir vite, Aménosis II invoque la tempête et une petite tornade de sable vient tournoyer à l’entrée du fort, occultant la vue des tourelles d’entrée. Ozie, Aymeric et Félix se précipitent tandis qu’Albert reste figé sur place. Inconscient de cette mystérieuse sidération, Ozie et Aymeric passent dans le voile de sable et pénètrent dans la place. Mais malheureusement Félix n’est pas assez rapide et se fait faucher par une rafale de mitrailleuse qui le cloue au sol, au milieu de la sente devant le fort.

Déboulant dans la cour intérieure de la base, Ozie avise deux soldats, au milieu, sous le mat portant drapeau français. Il leur fonce dessus alors qu’Aymeric se faufile jusqu’à une porte, pénétrant dans le couloir courant tout autour de la place forte. Nos héros sont toujours décidés à  n'occire aucun soldat français.

Albert Roche se réveille à nouveau dans son corps après avoir été mitraillé dans celui de Félix. Pas le temps de s’appesantir sur cet échange de corps, le Premier Soldat de France s’élance à la poursuite de ses camarades alors que le corps pourrissant de Félix git toujours sur le sable.

Alors qu’Ozie envoie ses deux adversaires au pays des songes, Albert arrive et emboîte les pas d’Aymeric qu’il a aperçu pénétrer dans le fort. Ils avisent un plan des lieux et remarquent au delà du garage une salle de climatisation au dimension exagérée. L’alarme est donnée. Ils avancent jusqu’au garage et Albert perçoit, dans la cour, un détachement sortant d’une porte prêt à tirer sur Ozie. Il les électrise. Ces derniers se replient comprenant qu’ils ont affaire à un surhomme. Pendant ce temps Aymeric contemple médusé une bouche d’aération de taille démesurée. Il ouvre la grille grâce à son radium gun et s’engage dans l’énorme conduit.

Dans le même temps, l’automate s’échappe de la cour en entrant à l’intérieur du fort pour se retrouver devant une porte marquée “Zone X”. Intrigué, il dégonde la porte, entre dans une salle entièrement vide et prend le temps de remettre la porte d’acier de force en place. Puis il emprunte le plan incliné descendant qui se présente à lui.

Dans son conduit, Aymeric est dans l’expectative. Ce tunnel plongeant vers le bas ne lui dit rien qui vaille. Il préfère rebrousser chemin.

Albert Roche se dirige vers l’armurerie afin d’emprunter un peu d’équipement.

Un peu plus loin, Aymeric arrive devant la deuxième porte de la Zone X. Utilisant son arme comme clef, il pénètre à son tour dans la pièce vide et descend.

En bas, Ozie débouche sur un couloir où s’ouvrent deux énormes bouches d’aération. Au fond, il entraperçoit une porte d’acier rapiécée mais sa vue est masquée pas une espèce de vapeur verdâtre. Tout à coup sa vision s’éclaire juste pour voir derrière cette curieuse vibration de l’air 4 soldats autour d’une mitrailleuse. Celle-ci entre en action, Ozie se prend deux bastos et se met à couvert.

Pendant qu’Albert fait provision de grenades, Aymeric rejoint Ozie qui lui explique la situation. L’aventurier-journaliste prend son temps pour viser à travers le voile verdâtre et le trait de son arme vient faire fondre le mécanisme de la mitrailleuse. Ozie fonce alors sur les 4 militaires et à eux deux ont tôt fait de les envoyer dans les bras de Morphée. Ils se tournent alors vers la porte en patchwork de métal.

À l’étage, Albert se frite avec les agents de l’état. Ces derniers utilisant de façon sournoise un bureau comme bouclier mettent le Premier Soldat de France en difficulté. Se vautrant sur le meuble en tentant de le franchir, il semble à leur merci mais il en faut plus pour l’abattre et il prend rapidement le dessus, repoussant la soldatesque clairement impressionnée.

À la cave, derrière la porte métallique dûment forcée, Ozie et Aymeric découvrent une grotte naturelle au bout d’une rampe menant à un laboratoire. 4 humains habillés de tenues de protection complètes les attendent les bras déjà levés au dessus de leur tête. Sur un siège, attaché, un homme contenu dans une camisole visiblement au radium du fait de son rayonnement verdâtre, les salue. Des questions sont posés et les scientifiques apeurés restent quasiment muets se dédouanant pour le traitement de leur patient derrière les ordres donnés par la nation française. Le détenu par contre se présente comme Jean Arlog, le surhomme le plus puissant du monde. Le géant de pierre et le globe dans le désert étant une sorte de signature. Mais avant que les autres mystères de cette aventure puissent être éclairés, des détonations retentissent à l’étage et Jean Arlog, semblant concentré sur le plafond, leur demande de le délivrer  s’ils comptent survivre. Aymeric s’exécute. L’homme paraît très sûr de lui ou imbu de sa personne mais peu vindicatif, ignorant totalement ses geôliers.

De Saint Sernin file à l’étage, Ozie récupère des notes de scientifiques et accompagne Jean qui monte un peu péniblement la rampe vers la liberté et les ennuis.

À l’extérieur, le fort est attaqué par le ciel. Deux zeppelins noirs déversent dans la cour, au bout de filins, des crânes mabusiens ainsi que les membres des Longs Couteaux. Les soldats français se font décimer. La Lorelei et l’homme à la tentacule nasale accompagnent les crânes tandis que Pharaonx s’enfonce et disparaît dans le sol.

Albert Roche qui avait commencé à riposter à la grenade croise la route de Hein Class, l’homme à la tentacule lui sortant du nez, qui lui intime mentalement de poser son sac et que toute cette situation est bien dérisoire. Le Premier Soldat de France devient du coup un spectateur non concerné par le massacre de ses compatriotes.

Aymeric arrive pour assister au débarquement aérien suivi de près par Jean Arlog dont l’énergie semble revenir en lui à toute vitesse, Ozie à ses côtés. Le surhomme attire l’attention sur les zeppelins. Aymeric tente de les abattre au radium gun mais ils sont blindés.

Ozie se dirige vers l’armurerie et dépasse un homme sans uniforme ni allemand, ni français. Présumant un membre des Longs Couteaux il lui envoie une mandale. L’homme se trouve être Hein Class qui lui intime l’ordre de l’ignorer. Ozie continue alors son chemin et croise un Albert bras ballants. Surpris par son inactivité, il l’invective tout en s’équipant d’une mitrailleuse et les rubans de cartouches qui vont bien. À ce moment le visage de Pharaonx apparaît sur une partie métallique du couloir. La porte de l’armurerie se tord et enferme l’automate à la grande surprise d’icelui. Albert sortit de sa torpeur s’empare d’une grenade pour le libérer mais déjà Ozie a arraché porte et chambranle. Albert se débarrasse de son explosif sur des hordes teutoniques.

Aymeric rencontre un groupe d’une quinzaine de mort-vivants teutons. L’aventurier tombe sous leur feu nourri.

Jean Arlog tend la main vers les deux zeppelins qui tournoyaient de concert au-dessus du fort alors qu’Ozie mitraille la Lorelei restée dans la cours et qui s’écroule sans avoir jamais pu faire montre d’un quelconque pouvoir. En retour il se prend un tir du sniper des Longs Couteaux qui depuis quelques temps déjà massacre à distance tout en restant planqué sur les toits.

Ozie se met à l’abri juste au moment où Jean Arlog les met en garde. Sous l’effet de son immense pouvoir, les deux engins volants se sont inexorablement rapprochés et se percutent dans un immense bruit de taules froissées et s’écrasent sur le fortin.

Au côté d’Albert, Ozie entend des grognements dans le couloir. Umink, l’ours bidouble approche en tenaille. Mitrailleuse au bras, Ozie attend l’un des plantigrades pendant qu’à l’opposé, Albert jette deux grenades au jugé derrière le  coin d’où il est proche. Une explosion suivit d’un gémissement guttural. Pharaonx apparaît non loin d’Ozie et tord son arme. Albert passant le coin du couloir découvre un ours partiellement brûlé alors que l’autre moitié de la paire fonce sur Ozie qui lâchant son arme l’attend de pied ferme. Albert, bien vénère, électrise son adversaire avant que ce dernier puisse se ressaisir. Jean Arlog apparaît au bout de la coursive. L’ours tombe et se transforme en humain. Ozie crie à Jean “Pharaonx” en lui désignant le pharaon de métal, alors que le deuxième ours lui saute dessus… et s’évanouit en fumée. Jean Arlog tend la main, Pharaonx hurle, se tord, se distord et éclate en milliers d’aiguilles de métal.

Puis le surhomme fixe le ciel où un troisième dirigeable noir s’enfuit au loin. Il se concentre et l’engin volant explose.

Ozie va au secours d’Aymeric qui s’en sortira grâce à son facteur de régénération puis se rend auprès de Félix. Le sang de ce dernier a nourri le désert et son corps pourrissant n’est plus qu’une coquille sans vie. La malédiction dont il était victime s’en est allée à jamais. Ses dernières aventures resteront dans les mémoires tant elles furent héroïques et empreintes d’actions d’une ampleur rarement atteinte durant son parcours d’aventurier.

Le reste de l’équipe s’entretient avec Jean Arlog au sujet de la menace Druuzo. Il dit effectivement avoir perçu des troubles gravitationnels aux confins du système solaire. Un rapide résumé de la menace lui est fait et il assure de tout son soutien pour protéger la planète et l’humanité.

À suivre

N.B. : Dufaux n’était pas le vrai. En effet, revenu de Shamballa, l’esprit qui habitait le corps de Félix n’était pas Aménosis II mais un sombre esprit retors qui devait saboter la mission de L’Escadron Étrange. N’ayant pas les mêmes pouvoirs que l’original, cet esprit sournois s’il en est, afin que point on ne le soupçonna, enchaîna les actions d’éclats de façon inattendue. Jamais ses amis rien ne soupçonnèrent et hommage solennel lui fut rendu sur sa tombe. Quand à l’âme de Félix/Amenosis II, peut-être réside-t-elle encore en Shamballa ?

samedi 4 juillet 2026

La Brigade Chimérique - Un taxi pour Beni Ounif


Dans la soute du Zeppelin, c'est l'attente. Coincés entre les deux caisses qu'ils doivent convoyer pour les Habits Noirs, les membres de l'Escadron Étrange (plus Jessica Jane) patientent le temps du voyage au-dessus de la Méditerranée, puis sur l'aéroport d'Alger. La nuit venue, Félix et Aymeric partent en éclaireurs afin de repérer la camionnette sensée les attendre. Mais à peine sortis du ventre de l'aérostat, ils sont à deux doigts de se faire repérer par une patrouille militaire stationnant sur le tarmac. Appliquant la méthode du "pas bouger", ils passent entre les mailles du filet et trouvent le véhicule garé derrière les grillages de sécurité ceinturant l'aérodrome.

Albert Roche et Ozie s'occupent alors de décharger les deux lourdes caisses alors que Félix, cédant sa place à son double égyptien, les fait s'envoler par dessus les grilles pour les déposer précautionneusement à côté du fourgon. Puis l'équipe, tant bien que mal, franchit la barrière métallique.

Maintenant, il s'agit de contacter des alliés pouvant les guider, voire les épauler dans leur périple jusqu'à Oran où doivent être livrées les deux caisses.

Ils décident de laisser dans la cambrousse environnante les deux membres les plus voyants de l'équipe pendant que Félix, Aymeric et sa fiancée se rendent au souk d'Alger afin de contacter Faissal Cassa, membre de l'Étoile Nord-Africaine.

Félix finit par dénicher ce jeune vendeur de rue et organise une rencontre mais Aymeric ne veut pas lâcher son véhicule se disant probablement que même si la civilisation avait été amenée à nos colonies, il n'était pas sûr de retrouver ses quatre pneus.

Finalement Faissal parvient à les mener à Marouan Bouyanfif où Jessica, dans un élan de sincérité, et sûrement éprise de vérité, raconte toute l'aventure à leur contact. Le Berbère accepte de les aider et ses connaissances du terrain et des réseaux sur place leur donnent espoir de livrer les caisses, et d'atteindre Beni Ounif, leur destination finale. Marouan ne peut pas grand chose pour leur voyage jusqu'à Oran, par contre, une fois sur place, il promet de leur fournir cartes et matériel pour rejoindre le petit village à la frontière Algéro-Marocaine.

Le trio rejoint alors les caisses et leurs gardiens. Tout le monde remonte dans l'engin et les voilà partis pour Oran. Ozie au volant, ils contournent Alger mais finissent par rencontrer une patrouille de l'armée française qui contrôle les véhicules quittant la ville. Un militaire s'approche dans sa quête des papiers du quatuor plus une, et se mange une portière ouverte avec force par Ozie. Pendant que le soldat malchanceux s'envole pour aller s'écraser quelques mètres plus loin, Le Premier Soldat de France électrise un de ses camarades qui tentait de s'emparer de son arme. Albert et Aymeric décident d'immobiliser le camion, l'un en l'électrocutant, l'autre en transperçant le capot de son rayon. Quant aux deux passagers qui assistent à la scène, ils voient médusés leurs armes s'envoler sous les pouvoirs d'Aménosis II. Ils prennent alors leurs jambes à leur cou.

Le premier est facilement rejoint par Ozie qui le neutralise avec une claque de forain. L'autre est poursuivi par Aymeric qui manque son placage. Heureusement, le pharaon réincarné veille et ouvre une fondrière sous les pas du militaire qui chute ainsi qu'un Saint Sernin surpris. Le surhomme sort victorieux du pugilat et du fond du trou.

Les soldats français sont ficelés. L'eau et l'essence changent de véhicule et l'équipée reprend le chemin vers Oran.

Arrivé sur les pourtours de la ville, l'Escadron Étrange (et sa pièce rapportée) s'arrête devant la maison d'un chevrier et demande son chemin. Le vieil homme leur propose de louer son gamin afin qu'il les conduise à l'adresse où les caisses doivent être livrées. Pour plus de discrétion, Ozie et Albert passent à l'arrière et Félix prend le volant.

Mais aux abords la ville, le camion se retrouve dans une file de charrettes bloquées par un poste de contrôle de l'armée française visiblement sur les dents. Sentant qu'on les recherche, Félix tente de quitter la file pour trouver un autre accès à la ville mais l'invective soldatesque retentit aussitôt.

"Amenosis, fout le sbeul !" conseille Ozie de l'arrière du camion. Félix caresse son scarabée et cède sa place à son alter ego. Par sa puissance mentale il broie une charrette à la stupéfaction de tous et plus encore enchaîne par un drift avec son véhicule pour parcourir les ruelles de la ville à tombeau ouvert sous la direction d'un fils de chevrier et de ses acolytes totalement médusés.

Les voici à destination. Une petite boutique de marchand. Ils montrent patte blanche, déposent les caisses et le camion par trop reconnaissable, payent le jeune paysan ravi et partent pour leur rendez-vous avec Marouan Bouyanfif.

Ils repèrent le bar indiqué par le membre de l'Étoile Nord-Africaine et attendent l'heure propice après quoi Félix, Aymeric et Jessica vont au rendez-vous alors qu'Albert et Ozie restent dans l'ombre.

Marouan a déjà tout préparé. Une planque pour la nuit pour tout le groupe, des vivres, des cartes et des chameaux pour quatre jours dans le désert jusqu'à Beni Ounif.

Le lendemain Aymeric fait ses adieux à sa douce, ce dernier voyage étant bien trop hasardeux et dangereux pour Jessica.

Les voilà partis. Et hormis une halte dans un village où les attend un compatriote de Marouan qui leur offre un abri pour le repos et un repas cuisiné, le voyage se passe sans surprise.

Quatre jours plus tard les voilà en vue de Beni Ounif ou plutôt de ce qu'il n'en reste pas. Car le village a disparu au profit d'un géant de 4 mètres se trouvant exactement sous une sphère de rotation inverse à celle de notre globe terrestre. Ces deux incongruités sont entièrement constituées des débris flottants et disjoints du village disparu.

Peu enclin pour le moment à s'approcher de cet avatar d'Atlas portant le globe, ils contournent le lieu et repèrent au loin un sorte de bunker se détachant de l'horizon. S'y dirigeant avec prudence ils ne manquent pas de remarquer les tours, les miradors et les mitrailleuses qui émaillent le fortin. Ils se détournent alors, l'air de rien et prennent le large le temps de voir venir et de constituer un plan d'attaque.

À suivre