samedi 4 juillet 2026

La Brigade Chimérique - Un taxi pour Beni Ounif


Dans la soute du Zeppelin, c'est l'attente. Coincés entre les deux caisses qu'ils doivent convoyer pour les Habits Noirs, les membres de l'Escadron Étrange (plus Jessica Jane) patientent le temps du voyage au-dessus de la Méditerranée, puis sur l'aéroport d'Alger. La nuit venue, Félix et Aymeric partent en éclaireurs afin de repérer la camionnette sensée les attendre. Mais à peine sortis du ventre de l'aérostat, ils sont à deux doigts de se faire repérer par une patrouille militaire stationnant sur le tarmac. Appliquant la méthode du "pas bouger", ils passent entre les mailles du filet et trouvent le véhicule garé derrière les grillages de sécurité ceinturant l'aérodrome.

Albert Roche et Ozie s'occupent alors de décharger les deux lourdes caisses alors que Félix, cédant sa place à son double égyptien, les fait s'envoler par dessus les grilles pour les déposer précautionneusement à côté du fourgon. Puis l'équipe, tant bien que mal, franchit la barrière métallique.

Maintenant, il s'agit de contacter des alliés pouvant les guider, voire les épauler dans leur périple jusqu'à Oran où doivent être livrées les deux caisses.

Ils décident de laisser dans la cambrousse environnante les deux membres les plus voyants de l'équipe pendant que Félix, Aymeric et sa fiancée se rendent au souk d'Alger afin de contacter Faissal Cassa, membre de l'Étoile Nord-Africaine.

Félix finit par dénicher ce jeune vendeur de rue et organise une rencontre mais Aymeric ne veut pas lâcher son véhicule se disant probablement que même si la civilisation avait été amenée à nos colonies, il n'était pas sûr de retrouver ses quatre pneus.

Finalement Faissal parvient à les mener à Marouan Bouyanfif où Jessica, dans un élan de sincérité, et sûrement éprise de vérité, raconte toute l'aventure à leur contact. Le Berbère accepte de les aider et ses connaissances du terrain et des réseaux sur place leur donnent espoir de livrer les caisses, et d'atteindre Beni Ounif, leur destination finale. Marouan ne peut pas grand chose pour leur voyage jusqu'à Oran, par contre, une fois sur place, il promet de leur fournir cartes et matériel pour rejoindre le petit village à la frontière Algéro-Marocaine.

Le trio rejoint alors les caisses et leurs gardiens. Tout le monde remonte dans l'engin et les voilà partis pour Oran. Ozie au volant, ils contournent Alger mais finissent par rencontrer une patrouille de l'armée française qui contrôle les véhicules quittant la ville. Un militaire s'approche dans sa quête des papiers du quatuor plus une, et se mange une portière ouverte avec force par Ozie. Pendant que le soldat malchanceux s'envole pour aller s'écraser quelques mètres plus loin, Le Premier Soldat de France électrise un de ses camarades qui tentait de s'emparer de son arme. Albert et Aymeric décident d'immobiliser le camion, l'un en l'électrocutant, l'autre en transperçant le capot de son rayon. Quant aux deux passagers qui assistent à la scène, ils voient médusés leurs armes s'envoler sous les pouvoirs d'Aménosis II. Ils prennent alors leurs jambes à leur cou.

Le premier est facilement rejoint par Ozie qui le neutralise avec une claque de forain. L'autre est poursuivi par Aymeric qui manque son placage. Heureusement, le pharaon réincarné veille et ouvre une fondrière sous les pas du militaire qui chute ainsi qu'un Saint Sernin surpris. Le surhomme sort victorieux du pugilat et du fond du trou.

Les soldats français sont ficelés. L'eau et l'essence changent de véhicule et l'équipée reprend le chemin vers Oran.

Arrivé sur les pourtours de la ville, l'Escadron Étrange (et sa pièce rapportée) s'arrête devant la maison d'un chevrier et demande son chemin. Le vieil homme leur propose de louer son gamin afin qu'il les conduise à l'adresse où les caisses doivent être livrées. Pour plus de discrétion, Ozie et Albert passent à l'arrière et Félix prend le volant.

Mais aux abords la ville, le camion se retrouve dans une file de charrettes bloquées par un poste de contrôle de l'armée française visiblement sur les dents. Sentant qu'on les recherche, Félix tente de quitter la file pour trouver un autre accès à la ville mais l'invective soldatesque retentit aussitôt.

"Amenosis, fout le sbeul !" conseille Ozie de l'arrière du camion. Félix caresse son scarabée et cède sa place à son alter ego. Par sa puissance mentale il broie une charrette à la stupéfaction de tous et plus encore enchaîne par un drift avec son véhicule pour parcourir les ruelles de la ville à tombeau ouvert sous la direction d'un fils de chevrier et de ses acolytes totalement médusés.

Les voici à destination. Une petite boutique de marchand. Ils montrent patte blanche, déposent les caisses et le camion par trop reconnaissable, payent le jeune paysan ravi et partent pour leur rendez-vous avec Marouan Bouyanfif.

Ils repèrent le bar indiqué par le membre de l'Étoile Nord-Africaine et attendent l'heure propice après quoi Félix, Aymeric et Jessica vont au rendez-vous alors qu'Albert et Ozie restent dans l'ombre.

Marouan a déjà tout préparé. Une planque pour la nuit pour tout le groupe, des vivres, des cartes et des chameaux pour quatre jours dans le désert jusqu'à Beni Ounif.

Le lendemain Aymeric fait ses adieux à sa douce, ce dernier voyage étant bien trop hasardeux et dangereux pour Jessica.

Les voilà partis. Et hormis une halte dans un village où les attend un compatriote de Marouan qui leur offre un abri pour le repos et un repas cuisiné, le voyage se passe sans surprise.

Quatre jours plus tard les voilà en vue de Beni Ounif ou plutôt de ce qu'il n'en reste pas. Car le village a disparu au profit d'un géant de 4 mètres se trouvant exactement sous une sphère de rotation inverse à celle de notre globe terrestre. Ces deux incongruités sont entièrement constituées des débris flottants et disjoints du village disparu.

Peu enclin pour le moment à s'approcher de cet avatar d'Atlas portant le globe, ils contournent le lieu et repèrent au loin un sorte de bunker se détachant de l'horizon. S'y dirigeant avec prudence ils ne manquent pas de remarquer les tours, les miradors et les mitrailleuses qui émaillent le fortin. Ils se détournent alors, l'air de rien et prennent le large le temps de voir venir et de constituer un plan d'attaque.

À suivre