Prenant le large et la tangente par rapport à la place forte française, les membres de l’Escadron Étrange se réfugient au fond d’une petite déclivité du terrain à quelques centaines de mètres de leur objectif. Ils y établissent leur camp et un poste d’observation tenu par le Premier Soldat de France. 2 séismes mineurs, comme des tressautements terrestres se font ressentir à quelques heures d’intervalle.
Sur les tours de guet du mur d’enceinte, 9 mitrailleuses accompagnées de leur projecteur, chacun étant manié par 2 militaires. Une seule porte d’entrée en métal gardée par 2 soldats pendant qu’une patrouille de 4 surveillent les alentours du bâtiment. Des ouvriers berbères sortent de l’endroit en même temps qu’un camion. L’engin file sur le sentier s’éloignant du fortin alors que les hommes se dirigent vers un côté de la muraille où est posé un échafaudage. Ils commencent à réparer une lézarde sur le mur.
Entrer et sortir de là vivant sans heurter les militaires ne va pas être une mince affaire pour notre quatuor, fut-il surhumain.
Au crépuscule, les aventuriers de l’étrange décident d’aller inspecter le géant de gravats surplombé de son globe terrestre. Après une heure de marche, les voici sous la statue de 4 mètres de haut flottant à quelques mètres du sol. Ici, la gravité semble moindre et des cailloux flottent librement. Ozie saute sur le colosse et entame l’escalade du monument. Il constate tant pour la statue que pour le globe sur lequel il grimpe également qu’ils sont effectivement constitués de pièces de maçonnerie disjointes et qu’à l’intérieur, il n’y a que du vide. De son côté, Félix tente une lecture d’esprit sur la construction mais quelque chose se passe mal et il pourrit sur place, sa peau prenant un vilain aspect et dégageant une odeur rappelant le cadavre. Il semble être aussi surpris que ses camarades. Son séjour à Shamballa l’a chamboulé visiblement.
Ils repartent donc, pas plus avancés, et convaincus que seul l’intérieur du fortin leur apportera les réponses nécessaires. Chemin faisant, ils élaborent plusieurs stratégies. Arrêter le camion à son retour afin de s’en servir comme cheval de Troie. Franchir le mur grâce à l’échafaudage et au grappin d’Albert Roche. Utiliser les dons d’Aménosis II pour se camoufler dans une tempête de sable. Mais le camion est déjà de retour et les dépasse au loin sur la piste et revenus au camp, rien ne va plus, les ouvriers démontent l’échafaudage. Le seul point positif, la porte du fort est ouverte. Il faut agir vite, Aménosis II invoque la tempête et une petite tornade de sable vient tournoyer à l’entrée du fort, occultant la vue des tourelles d’entrée. Ozie, Aymeric et Félix se précipitent tandis qu’Albert reste figé sur place. Inconscient de cette mystérieuse sidération, Ozie et Aymeric passent dans le voile de sable et pénètrent dans la place. Mais malheureusement Félix n’est pas assez rapide et se fait faucher par une rafale de mitrailleuse qui le cloue au sol, au milieu de la sente devant le fort.
Déboulant dans la cour intérieure de la base, Ozie avise deux soldats, au milieu, sous le mat portant drapeau français. Il leur fonce dessus alors qu’Aymeric se faufile jusqu’à une porte, pénétrant dans le couloir courant tout autour de la place forte. Nos héros sont toujours décidés à n'occire aucun soldat français.
Albert Roche se réveille à nouveau dans son corps après avoir été mitraillé dans celui de Félix. Pas le temps de s’appesantir sur cet échange de corps, le Premier Soldat de France s’élance à la poursuite de ses camarades alors que le corps pourrissant de Félix git toujours sur le sable.
Alors qu’Ozie envoie ses deux adversaires au pays des songes, Albert arrive et emboîte les pas d’Aymeric qu’il a aperçu pénétrer dans le fort. Ils avisent un plan des lieux et remarquent au delà du garage une salle de climatisation au dimension exagérée. L’alarme est donnée. Ils avancent jusqu’au garage et Albert perçoit, dans la cour, un détachement sortant d’une porte prêt à tirer sur Ozie. Il les électrise. Ces derniers se replient comprenant qu’ils ont affaire à un surhomme. Pendant ce temps Aymeric contemple médusé une bouche d’aération de taille démesurée. Il ouvre la grille grâce à son radium gun et s’engage dans l’énorme conduit.
Dans le même temps, l’automate s’échappe de la cour en entrant à l’intérieur du fort pour se retrouver devant une porte marquée “Zone X”. Intrigué, il dégonde la porte, entre dans une salle entièrement vide et prend le temps de remettre la porte d’acier de force en place. Puis il emprunte le plan incliné descendant qui se présente à lui.
Dans son conduit, Aymeric est dans l’expectative. Ce tunnel plongeant vers le bas ne lui dit rien qui vaille. Il préfère rebrousser chemin.
Albert Roche se dirige vers l’armurerie afin d’emprunter un peu d’équipement.
Un peu plus loin, Aymeric arrive devant la deuxième porte de la Zone X. Utilisant son arme comme clef, il pénètre à son tour dans la pièce vide et descend.
En bas, Ozie débouche sur un couloir où s’ouvrent deux énormes bouches d’aération. Au fond, il entraperçoit une porte d’acier rapiécée mais sa vue est masquée pas une espèce de vapeur verdâtre. Tout à coup sa vision s’éclaire juste pour voir derrière cette curieuse vibration de l’air 4 soldats autour d’une mitrailleuse. Celle-ci entre en action, Ozie se prend deux bastos et se met à couvert.
Pendant qu’Albert fait provision de grenades, Aymeric rejoint Ozie qui lui explique la situation. L’aventurier-journaliste prend son temps pour viser à travers le voile verdâtre et le trait de son arme vient faire fondre le mécanisme de la mitrailleuse. Ozie fonce alors sur les 4 militaires et à eux deux ont tôt fait de les envoyer dans les bras de Morphée. Ils se tournent alors vers la porte en patchwork de métal.
À l’étage, Albert se frite avec les agents de l’état. Ces derniers utilisant de façon sournoise un bureau comme bouclier mettent le Premier Soldat de France en difficulté. Se vautrant sur le meuble en tentant de le franchir, il semble à leur merci mais il en faut plus pour l’abattre et il prend rapidement le dessus, repoussant la soldatesque clairement impressionnée.
À la cave, derrière la porte métallique dûment forcée, Ozie et Aymeric découvrent une grotte naturelle au bout d’une rampe menant à un laboratoire. 4 humains habillés de tenues de protection complètes les attendent les bras déjà levés au dessus de leur tête. Sur un siège, attaché, un homme contenu dans une camisole visiblement au radium du fait de son rayonnement verdâtre, les salue. Des questions sont posés et les scientifiques apeurés restent quasiment muets se dédouanant pour le traitement de leur patient derrière les ordres donnés par la nation française. Le détenu par contre se présente comme Jean Arlog, le surhomme le plus puissant du monde. Le géant de pierre et le globe dans le désert étant une sorte de signature. Mais avant que les autres mystères de cette aventure puissent être éclairés, des détonations retentissent à l’étage et Jean Arlog, semblant concentré sur le plafond, leur demande de le délivrer s’ils comptent survivre. Aymeric s’exécute. L’homme paraît très sûr de lui ou imbu de sa personne mais peu vindicatif, ignorant totalement ses geôliers.
De Saint Sernin file à l’étage, Ozie récupère des notes de scientifiques et accompagne Jean qui monte un peu péniblement la rampe vers la liberté et les ennuis.
À l’extérieur, le fort est attaqué par le ciel. Deux zeppelins noirs déversent dans la cour, au bout de filins, des crânes mabusiens ainsi que les membres des Longs Couteaux. Les soldats français se font décimer. La Lorelei et l’homme à la tentacule nasale accompagnent les crânes tandis que Pharaonx s’enfonce et disparaît dans le sol.
Albert Roche qui avait commencé à riposter à la grenade croise la route de Hein Class, l’homme à la tentacule lui sortant du nez, qui lui intime mentalement de poser son sac et que toute cette situation est bien dérisoire. Le Premier Soldat de France devient du coup un spectateur non concerné par le massacre de ses compatriotes.
Aymeric arrive pour assister au débarquement aérien suivi de près par Jean Arlog dont l’énergie semble revenir en lui à toute vitesse, Ozie à ses côtés. Le surhomme attire l’attention sur les zeppelins. Aymeric tente de les abattre au radium gun mais ils sont blindés.
Ozie se dirige vers l’armurerie et dépasse un homme sans uniforme ni allemand, ni français. Présumant un membre des Longs Couteaux il lui envoie une mandale. L’homme se trouve être Hein Class qui lui intime l’ordre de l’ignorer. Ozie continue alors son chemin et croise un Albert bras ballants. Surpris par son inactivité, il l’invective tout en s’équipant d’une mitrailleuse et les rubans de cartouches qui vont bien. À ce moment le visage de Pharaonx apparaît sur une partie métallique du couloir. La porte de l’armurerie se tord et enferme l’automate à la grande surprise d’icelui. Albert sortit de sa torpeur s’empare d’une grenade pour le libérer mais déjà Ozie a arraché porte et chambranle. Albert se débarrasse de son explosif sur des hordes teutoniques.
Aymeric rencontre un groupe d’une quinzaine de mort-vivants teutons. L’aventurier tombe sous leur feu nourri.
Jean Arlog tend la main vers les deux zeppelins qui tournoyaient de concert au-dessus du fort alors qu’Ozie mitraille la Lorelei restée dans la cours et qui s’écroule sans avoir jamais pu faire montre d’un quelconque pouvoir. En retour il se prend un tir du sniper des Longs Couteaux qui depuis quelques temps déjà massacre à distance tout en restant planqué sur les toits.
Ozie se met à l’abri juste au moment où Jean Arlog les met en garde. Sous l’effet de son immense pouvoir, les deux engins volants se sont inexorablement rapprochés et se percutent dans un immense bruit de taules froissées et s’écrasent sur le fortin.
Au côté d’Albert, Ozie entend des grognements dans le couloir. Umink, l’ours bidouble approche en tenaille. Mitrailleuse au bras, Ozie attend l’un des plantigrades pendant qu’à l’opposé, Albert jette deux grenades au jugé derrière le coin d’où il est proche. Une explosion suivit d’un gémissement guttural. Pharaonx apparaît non loin d’Ozie et tord son arme. Albert passant le coin du couloir découvre un ours partiellement brûlé alors que l’autre moitié de la paire fonce sur Ozie qui lâchant son arme l’attend de pied ferme. Albert, bien vénère, électrise son adversaire avant que ce dernier puisse se ressaisir. Jean Arlog apparaît au bout de la coursive. L’ours tombe et se transforme en humain. Ozie crie à Jean “Pharaonx” en lui désignant le pharaon de métal, alors que le deuxième ours lui saute dessus… et s’évanouit en fumée. Jean Arlog tend la main, Pharaonx hurle, se tord, se distord et éclate en milliers d’aiguilles de métal.
Puis le surhomme fixe le ciel où un troisième dirigeable noir s’enfuit au loin. Il se concentre et l’engin volant explose.
Ozie va au secours d’Aymeric qui s’en sortira grâce à son facteur de régénération puis se rend auprès de Félix. Le sang de ce dernier a nourri le désert et son corps pourrissant n’est plus qu’une coquille sans vie. La malédiction dont il était victime s’en est allée à jamais. Ses dernières aventures resteront dans les mémoires tant elles furent héroïques et empreintes d’actions d’une ampleur rarement atteinte durant son parcours d’aventurier.
Le reste de l’équipe s’entretient avec Jean Arlog au sujet de la menace Druuzo. Il dit effectivement avoir perçu des troubles gravitationnels aux confins du système solaire. Un rapide résumé de la menace lui est fait et il assure de tout son soutien pour protéger la planète et l’humanité.
À suivre
N.B. : Dufaux n’était pas le vrai. En effet, revenu de Shamballa, l’esprit qui habitait le corps de Félix n’était pas Aménosis II mais un sombre esprit retors qui devait saboter la mission de L’Escadron Étrange. N’ayant pas les mêmes pouvoirs que l’original, cet esprit sournois s’il en est, afin que point on ne le soupçonna, enchaîna les actions d’éclats de façon inattendue. Jamais ses amis rien ne soupçonnèrent et hommage solennel lui fut rendu sur sa tombe. Quand à l’âme de Félix/Amenosis II, peut-être réside-t-elle encore en Shamballa ?

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